Les repères
- 6 DOP Trás-os-Montes, Moura, Norte Alentejano, Alentejo Interior, Ribatejo et Beira Interior : six huiles d'olive vierges sous appellation d'origine protégée, du nord-est montagneux aux plaines de Beja, chacune définie par ses variétés d'olives et ses communes.
- 4 olives Galega, la variété nationale, douce et fruitée ; Cordovil, riche en acides gras monoinsaturés ; Cobrançosa et Verdeal, dans les huiles du nord comme du sud. Le mélange fait le style de chaque région.
- 0,8 g L'acidité maximale, en acide oléique pour 100 g, d'une huile vierge extra ; 2 g pour une vierge ; au-delà, l'huile est « lampante » et doit être raffinée. L'acidité ne se goûte pas : elle mesure la dégradation du fruit, pas le piquant.
- 7 kg Par habitant et par an, la consommation portugaise, doublée depuis 1990 (3,3 kg) ; le pays, qui produisait 90 000 tonnes dans les années 1950 et 35 000 à la fin des années 1980, a battu son record de production en 2021-2022.
- 24 heures Le délai maximal entre la cueillette et le moulin pour une huile de qualité, en caisses rigides et ouvertes, jamais en sacs ; 48 heures et 35 °C au plus dans les cahiers des charges alentejans.
L’olivier, les variétés, le moulin
L’olivier est présent dans presque tout le pays, mais il fait le paysage de quatre régions : le Trás-os-Montes de la Terra Quente, autour de Mirandela, où l’oliveraie date du XVIᵉ siècle ; la Beira Interior, de la Guarda à Castelo Branco ; le Ribatejo, autour de Santarém, centre producteur « depuis les premiers rois » ; et l’Alentejo, de Elvas à Moura et Beja, où se trouvent les oliviers millénaires et, plus récemment, de grandes plantations nouvelles. Les quatre variétés portugaises qui comptent sont la Galega, la plus répandue, douce et fruitée, qui domine les huiles de l’Alentejo et du Ribatejo ; la Cordovil, qui apporte les acides gras monoinsaturés et la structure ; la Cobrançosa, présente du Trás-os-Montes à l’Alentejo ; la Verdeal, de la Terra Quente à Moura. La récolte va de l’automne au début de l’hiver ; l’huile n’est que le jus du fruit, obtenu mécaniquement, et sa qualité dépend d’olives saines, mûres à point, transportées en caisses ouvertes et moulues dans la journée. Les moulins de pierre (galgas) ont laissé la place aux broyeurs à marteaux et à la centrifugation, mais le principe n’a pas changé (la cuisine portugaise, l’Alentejo, Trás-os-Montes).
Les six appellations
| DOP | Olives | Style |
|---|---|---|
| Trás-os-Montes | Verdeal, Madural | vert, amer, piquant |
| Moura | Galega, Cordovil, Verdeal | jaune-vert, fruité |
| Norte Alentejano | Galega 65 % | doux, jaune or |
| Alentejo Interior | Galega 60 %, Cordovil | pomme, figue, doux |
| Ribatejo | Galega, Lentisca | fruité, peu acide |
| Beira Interior | Galega, Cobrançosa | peu acide |
- Trás-os-Montes DOP : l’huile la plus typée du pays selon sa propre fiche, « douce, verte, amère et piquante » à la fois, avec des notes d’amande ; Mirandela (douze moulins dès 1896, médaille d’argent en 1903), Vila Flor, Alfândega da Fé, Macedo de Cavaleiros, Foz Côa. Sur la même terre pousse l’olive de table Negrinha de Freixo DOP, petite, cueillie à la main (Trás-os-Montes, le guide, les vins du Douro).
- Moura DOP : la plus réputée, celle du proverbe « fin comme l’huile de Moura » ; Galega et Verdeal pour le fruit, Cordovil (35 à 40 % au moins) pour la richesse en acides gras monoinsaturés ; Moura, une partie de Serpa et Granja, au bord du lac d’Alqueva, avec des oliviers millénaires (le Baixo Alentejo et Alqueva).
- Norte Alentejano DOP : Galega à 65 % au moins, huile douce, jaune or, peu acide, légèrement épaisse, sur un vaste territoire de Borba, Estremoz et Vila Viçosa à Elvas, Campo Maior, Castelo de Vide et Marvão ; Elvas et Campo Maior ont aussi leur olive de table DOP, fermentée en saumure (l’Alto Alentejo, les vins de l’Alentejo).
- Alentejo Interior DOP : Galega à 60 %, Cordovil de Serpa et Cobrançosa, arômes d’olive, de pomme et de figue et une sensation sucrée ; Vidigueira, Cuba, Alvito, Portel, Beja, Ferreira do Alentejo (Évora, vivre dans l’intérieur : Beja).
- Ribatejo DOP : Galega et Lentisca, huiles jaune or peu acides, d’Abrantes à Tomar, Santarém et Torres Novas, jusqu’à Alcobaça et Pombal (Santarém et le Ribatejo, les vins du Tejo).
- Beira Interior DOP : deux aires, Beira Alta (Guarda, Pinhel, Meda, Celorico) et Beira Baixa (Fundão, Castelo Branco, Idanha), Galega, Verdeal, Cobrançosa et Cordovil, des oliveraies replantées en 1668 après la guerre de Restauration (vins de la Beira Interior, vivre dans l’intérieur).
Lire l’étiquette, acheter, goûter
Les catégories sont celles de l’Union européenne, rappelées par la Casa do Azeite : virgem extra (acidité libre ≤ 0,8 g d’acide oléique pour 100 g, sans défaut), virgem (≤ 2 g), et « azeite » tout court, mélange d’huile raffinée et de vierge (≤ 1 g), qui n’a plus grand goût ; le lampante ne se vend pas tel quel. L’acidité affichée (0,2, 0,3…) n’est pas un indice de piquant : elle mesure les acides gras libres, donc l’état des olives et du pressage ; une huile à 0,2 peut être douce ou brûlante selon la variété. Cherchez la DOP et la région, l’année de récolte, la variété quand elle est indiquée, et une bouteille sombre ; les grandes marques nationales sont des assemblages, les DOP et les huiles de domaine (lagar, herdade, quinta) sont celles qui ont un caractère. Au marché et dans les coopératives des zones DOP, l’huile de l’année arrive après la récolte d’automne, verte et piquante. À table, l’azeite se verse sur la morue, les pommes de terre écrasées du polvo à lagareiro, les soupes, le pain grillé, et personne ne s’étonne qu’on en mette beaucoup (les fromages du Portugal, le liège, Time Out Market).
Questions fréquentes
Quelle est la meilleure huile d'olive portugaise ?
Il n'y a pas de classement officiel ; les six DOP garantissent l'origine et les variétés. Pour une huile douce et fruitée, Norte Alentejano ou Ribatejo (Galega) ; pour une huile plus verte, amère et piquante, Trás-os-Montes ; Moura, la plus réputée, est entre les deux, fruitée et riche. Le mieux est de goûter l'huile de l'année dans une coopérative de la zone.
Que veut dire l'acidité sur la bouteille ?
La quantité d'acides gras libres, en grammes d'acide oléique pour 100 g : au plus 0,8 pour une vierge extra, 2 pour une vierge. C'est un indicateur de la fraîcheur des olives et du soin du moulin, pas du goût : une huile très peu acide peut être douce ou très piquante selon les variétés et la maturité.
Le Portugal est-il un grand producteur ?
Un producteur moyen à l'échelle du bassin méditerranéen, loin derrière l'Espagne, mais en forte reprise : après être tombée de 90 000 tonnes dans les années 1950 à 35 000 à la fin des années 1980, la production a battu son record historique en 2021-2022, et le pays exporte surtout vers l'Espagne (en vrac) et le Brésil.
Sources officielles et références
- DGADR, Produtos Tradicionais Portugueses — Azeite de Trás-os-Montes DOP : vierge extra et vierge, variétés Verdeal transmontana, Madural, Cobrançosa, Cordovil ; équilibré, fruit frais, parfois amande, doux, vert, amer et piquant ; Mirandela, Vila Flor, Alfândega da Fé, Macedo de Cavaleiros, Foz Côa, Carrazeda de Ansiães et freguesias de Valpaços, Murça, Moncorvo, Mogadouro, Vimioso, Bragança ; oliveraies de Mirandela depuis le XVIᵉ siècle, 12 moulins en 1896, médaille d'argent 1903 — consulté le 18.9.2026
- DGADR — Azeite de Moura DOP : Galega, Verdeal (15-20 % au plus) et Cordovil (35-40 % au moins), jaune-vert, fruité, riche en acides gras monoinsaturés ; Moura, freguesias de Serpa et Granja (Mourão) ; oliviers millénaires, proverbe « tão fino como o azeite de Moura » — consulté le 18.9.2026
- DGADR — Azeites do Norte Alentejano DOP : Galega 65 % au moins, Cobrançosa 10 % au plus, autres 5 % ; acidité basse à très basse, jaune or, doux ; olives moulues dans les 48 heures à 35 °C au plus ; Alandroal, Borba, Estremoz, Redondo, Reguengos, Vila Viçosa, Alter do Chão, Arronches, Avis, Campo Maior, Castelo de Vide, Crato, Elvas, Fronteira, Marvão, Monforte et autres ; production antérieure aux Romains selon la tradition — consulté le 18.9.2026
- DGADR — Azeite do Alentejo Interior DOP : Galega Vulgar 60 %, Cordovil de Serpa et/ou Cobrançosa 40 % au plus ; jaune doré ou vert, fruité doux d'olive, pomme et figue ; Portel, Vidigueira, Cuba, Alvito, Viana do Alentejo, Ferreira do Alentejo, Beja, parties d'Aljustrel, Castro Verde, Mértola, Alcácer do Sal — consulté le 18.9.2026
- DGADR — Azeites do Ribatejo DOP : Galega et Lentisca, acidité basse, jaune or ; 21 communes d'Abrantes à Torres Novas, Santarém, Tomar, Ourém, Alcobaça, Pombal ; Santarém centre producteur depuis les premiers rois — consulté le 18.9.2026
- DGADR — Azeites da Beira Interior DOP (Beira Alta et Beira Baixa) : Galega, Verdeal, Cobrançosa, Cordovil ; Guarda, Pinhel, Figueira de Castelo Rodrigo, Meda, Celorico, Seia, Gouveia, Almeida, Sabugal, Covilhã, Belmonte, Fundão, Penamacor, Idanha-a-Nova, Castelo Branco, Vila Velha de Ródão, Sertã, Vila de Rei, Mação ; oliveraies replantées en 1668 après la guerre de Restauration — consulté le 18.9.2026
- DGADR — Azeitonas de Conserva de Elvas e Campo Maior DOP (variétés Azeiteira, Carrasquenha, Redondil, Conserva, fermentation en saumure à 22 °C de moyenne) et Azeitona de Conserva Negrinha de Freixo DOP (variété Negrinha, cueillie à la main, 251 694 oliviers recensés en 1954 à Freixo de Espada à Cinta) — consulté le 18.9.2026
- Casa do Azeite (association des producteurs et embouteilleurs, 85 % de l'huile de marque) — Estatísticas : 95 % de l'oliveraie mondiale dans le bassin méditerranéen, UE 70 % de la production, Espagne premier producteur ; Portugal passé de 90 000 t dans les années 1950 à 35 000 t en moyenne à la fin des années 1980, puis reprise, record historique en 2021/2022 ; consommation portugaise passée de 3,3 kg par habitant au début des années 1990 à près de 7 kg ; exportations surtout vers l'Espagne (vrac) et le Brésil (environ 20 % de la valeur) — consulté le 18.9.2026
- Casa do Azeite — O azeite, classificação : vierge extra acidité ≤ 0,8 g/100 g, vierge ≤ 2 g, lampante > 2 g (impropre sans raffinage), raffinée ≤ 0,3 g, « azeite » (mélange raffinée + vierge) ≤ 1 g ; l'acidité ne se goûte pas ; variétés portugaises principales Galega, Cordovil, Cobrançosa, Verdeal ; récolte automne-début d'hiver, olives moulues dans les 24 heures — consulté le 18.9.2026