Ce qu’il faut savoir avant de s’asseoir
- Le couvert Pain, beurre, olives, parfois fromage ou pâté arrivent sans qu'on les demande et se facturent (1 à 5 €) ; on peut les refuser ou les renvoyer sans gêne.
- 9 à 14 € Le prato do dia (plat du jour) d'une tasca ou d'un restaurant de quartier, souvent avec soupe, boisson et café ; un poisson grillé au poids, 15 à 25 € ; un dîner « gastronomique » à Lisbonne, 60 à 100 €.
- Meia dose La demi-portion existe presque partout et suffit à une personne : les doses sont pour deux.
- 13 h et 20 h 30 Les heures du déjeuner et du dîner ; beaucoup de cuisines ferment entre 15 h et 19 h.
- Pourboire libre Le service est compris ; on arrondit, ou 5 à 10 % pour un bon repas.
Les classiques nationaux
- Bacalhau : la morue salée, dessalée, « aux mille façons » : à Brás (effilochée avec pommes paille et œufs), com natas (gratinée à la crème), à Gomes de Sá (au four, pommes de terre, œufs durs, olives), à lagareiro (rôtie à l’huile d’olive et à l’ail), pastéis de bacalhau (croquettes). Plat de Noël, de dimanche et de tous les jours.
- Caldo verde : soupe de chou galicien émincé, pomme de terre et rondelle de chouriço ; ouvre le repas, surtout au nord.
- Sardinhas assadas : sardines grillées sur la braise, servies sur une tranche de pain, avec poivrons et salade : juin à septembre, et la nuit de la São João et de Santo António.
- Frango de churrasco : poulet grillé à la sauce piri-piri, la rôtisserie de quartier, à emporter le dimanche.
- Cozido à portuguesa : le pot-au-feu de tout : bœuf, porc, poule, chouriço, morcela, farinheira, chou, carottes, navets, riz.
- Arroz de marisco et arroz de pato : riz aux fruits de mer, humide, en cataplana ou en cocotte ; riz de canard gratiné au chouriço.
- Polvo à lagareiro : poulpe rôti à l’huile d’olive avec pommes de terre écrasées ; avec les amêijoas à Bulhão Pato (palourdes à l’ail et à la coriandre), le plat des grandes occasions.
- Bifana et prego : les sandwiches nationaux, porc mariné ou steak dans un pain, au comptoir, 3 à 6 €.
- Feijoada, dobrada (tripes aux haricots), carne de porco à alentejana (porc aux palourdes) : la cuisine de bistrot.
Région par région
| Région | À goûter | Le détail |
|---|---|---|
| Porto et Nord | Francesinha, tripas à moda do Porto, rojões, papas de sarrabulho, vinho verde, caldo verde | La francesinha : pain de mie, steak, saucisse, jambon, fromage fondu, sauce à la bière et à la tomate, frites ; un repas à elle seule |
| Minho et Douro | Bacalhau à Minhota, lampreia (lamproie, en hiver), cabrito assado, arroz de sarrabulho, porto | Le Douro pour les vins, Amarante pour les gâteaux, Guimarães pour le toucinho do céu |
| Beiras et Bairrada | Leitão da Bairrada (cochon de lait rôti), queijo Serra da Estrela (fromage de brebis coulant, DOP, et les autres fromages du pays), cerises du Fundão (les fruits DOP et IGP), chanfana (chèvre au vin), espumante | Le leitão se mange à Mealhada, sur la route Lisbonne–Porto |
| Aveiro et Centre littoral | Ovos moles (jaune d’œuf sucré en hostie, IGP), caldeirada, enguias (anguilles) | Coimbra pour les pastéis de Tentúgal et le arroz doce |
| Lisbonne | Pastel de nata (Belém), sardines en juin, amêijoas à Bulhão Pato, peixinhos da horta (haricots en beignets), ginjinha (liqueur de griotte) | Les cervejarias pour les fruits de mer, les tascas pour le plat du jour |
| Alentejo | Porco preto (porc noir de gland, la charcuterie), açorda (pain, ail, coriandre, œuf poché), migas, sopa de cação (roussette), ensopado de borrego, sericaia, queijo de Serpa, vins rouges | La cuisine la plus « terre » du pays, celle que les Portugais préfèrent |
| Algarve | Cataplana de fruits de mer (la cocotte en cuivre), sardines, carapaus alimados, amêijoas, doces de amêndoa et de figo, medronho (eau-de-vie d’arbouse) | Poisson grillé sur les quais de Olhão, Portimão, Quarteira |
| Madère | Espetada (brochette de bœuf au laurier), bolo do caco (pain de patate douce au beurre d’ail), espada com banana (sabre noir à la banane), poncha, vin de Madère | Le sabre noir ne se pêche presque que là |
| Açores | Cozido das Furnas (cuit dans la terre volcanique), lapas (patelles grillées), queijo São Jorge, ananas, thé de Gorreana | Gorreana, la plus ancienne plantation de thé d’Europe (1883) |
Les desserts, une affaire d’œufs
La pâtisserie portugaise vient des couvents, qui utilisaient les jaunes d’œufs restants (les blancs servaient à amidonner les habits et à clarifier le vin) : pastel de nata (le flan feuilleté, meilleur tiède, saupoudré de cannelle), pão de ló (génoise moelleuse, parfois coulante), toucinho do céu, pudim abade de Priscos (Braga), queijadas (Sintra, Évora), travesseiros de Sintra, ovos moles d’Aveiro, pastéis de Tentúgal, bolo rei de Noël, arroz doce (riz au lait à la cannelle), leite creme. Le détail : gâteaux et pâtisseries portugais.
Boire
Le vinho verde (Minho, jeune, léger, un peu perlant), les rouges du Douro, de l’Alentejo et du Dão, les blancs de Bucelas et de la Bairrada, le porto (rubi, tawny, vintage), le moscatel de Setúbal, le madère : le Portugal est un pays de vin bon marché au restaurant (un vinho da casa correct à 8–15 € la bouteille, 3–4 € le verre). La bière (Super Bock au nord, Sagres au sud) se commande en imperial (25 cl) ou caneca (50 cl) ; le café se boit court (bica, café) ou allongé (abatanado), avec du lait le matin (galão, meia de leite). Les routes des vins région par région : les routes des vins.
Où manger
- La tasca : le bistrot de quartier, nappe en papier, ardoise, plat du jour, vin en pichet ; c’est là que l’on mange le mieux pour le prix.
- La cervejaria : brasserie de fruits de mer (Ramiro à Lisbonne est la plus connue, il y en a partout), au poids, à toute heure.
- La marisqueira et le restaurant de poisson : on choisit le poisson à l’étal, on paie au kilo (20 à 60 € selon l’espèce), on partage.
- La churrasqueira : poulet et viandes grillés, sur place ou à emporter.
- Le mercado : les marchés couverts (Time Out à Lisbonne, Bolhão à Porto, Bom Sucesso) ont leurs comptoirs de restauration ; plus cher, plus touristique.
- Les pastelarias : pâtisserie-café, le petit déjeuner et le goûter des Portugais, tostas et sandes à toute heure.
Les usages
On ne commande pas d’entrée en plus du couvert si l’on ne veut pas payer deux fois ; on demande a conta pour l’addition, qui se paie à table ; on partage les petiscos (tapas portugaises) ; on ne demande pas de sauce piquante sauf sur le poulet ; on dit bom apetite et obrigado / obrigada. Les régimes végétariens sont mieux servis dans les grandes villes qu’à la campagne, où la soupe et les légumes de saison restent la solution ; le poisson est partout, la viande de porc dans presque tout. Pour le reste des codes : la culture portugaise et Portugal pratique.
Questions fréquentes
Quel est le plat national du Portugal ?
La morue (bacalhau), sans hésiter : achetée salée et séchée, dessalée 24 à 48 heures, cuisinée à Brás, au four, en croquettes ; le Portugal en est l'un des premiers consommateurs mondiaux alors qu'il ne la pêche presque plus.
Peut-on manger pour pas cher ?
Oui : le prato do dia à 9–14 € avec soupe et boisson, la bifana à 3–5 €, le poulet grillé à emporter pour deux à 10–12 €, le pastel de nata à 1,20–1,50 €. Les prix montent vite dans les quartiers touristiques de Lisbonne et Porto et sur les fronts de mer d'Algarve.
Le piri-piri, c'est fort ?
Le piment piri-piri (venu de l'Afrique lusophone) est servi en huile ou en sauce à part ; on en met soi-même. La cuisine portugaise elle-même n'est pas piquante.
Sources officielles et références
- Turismo de Portugal — Gastronomia e vinhos (plats régionaux, produits DOP/IGP) — consulté le 18.9.2026
- DGADR — Produtos tradicionais portugueses : registres DOP, IGP et ETG (queijo Serra da Estrela DOP, presunto de Barrancos DOP, ovos moles de Aveiro IGP, pastel de Tentúgal IGP…) — consulté le 18.9.2026