Le tableau
| Portugal | Espagne | |
|---|---|---|
| Salaire minimum brut 2026 | 920 € × 14 | 1 221 € × 14 |
| Impôt sur le revenu | IRS de 12,5 % à 48 % (dès 86 634 €), + solidarité au-delà de 80 000 € | IRPF État + région : 19 % à 47 % (au-delà de 300 000 €), taux total 45 à 54 % selon la région |
| Régime pour nouveaux arrivants | IFICI : 20 % sur les salaires qualifiés, 10 ans ; RNH fermé ; retraités : rien | Loi Beckham : 24 % jusqu’à 600 000 € de salaire, 6 ans ; retraités : rien |
| Prix médian/moyen du logement (T1 2026) | 2 337 €/m² (INE), 5 292 € à Lisbonne | 2 429 €/m² (Registradores), 5 428 € à Madrid |
| Loyer | 9,46 €/m² médian, 17,22 € à Lisbonne (nouveaux baux, INE) | ≈ 15 €/m² demandé en moyenne (idealista, 2026), plus à Madrid et Barcelone |
| Impôt sur la fortune | Non (AIMI immobilier > 600 000 €) | Oui, régional (exonéré à Madrid et en Andalousie, mais impôt de solidarité national au-delà de 3 M€) |
| Droits de succession | 0 en ligne directe et entre conjoints ; 10 % de droit de timbre pour les autres | Régionaux : quasi nuls à Madrid ou en Andalousie, élevés ailleurs |
| TVA | 23 / 13 / 6 % | 21 / 10 / 4 % |
| Santé publique | SNS gratuit, délais, 1,67 M sans médecin de famille | Système régional, bon niveau, copaiement sur les médicaments |
| Démarches pour un Français | NIF puis certificat d’enregistrement à la mairie (18 €) | NIE puis certificat d’enregistrement (police), inscription municipale (padrón) |
| Langue | Portugais (A2 exigé pour la nationalité à 7 ans) | Espagnol, plus proche du français ; nationalité après 10 ans |
| Distance | 2 h 30 de vol ; 1 500 km de Paris en voiture | Frontière terrestre, TGV Paris–Barcelone en 6 h 30 |
Impôts : ni l’un ni l’autre n’est un paradis
Pour un salarié ou un retraité ordinaire, les deux barèmes sont plus lourds que l’impôt sur le revenu français à revenu égal, avec un quotient conjugal mais sans quotient familial complet. Le Portugal monte plus vite (48 % dès 86 634 € de revenu imposable) ; l’Espagne plafonne à 47 % au niveau national mais les régions ajoutent leur part, jusqu’à 54 % en Catalogne ou à Valence contre 45 % à Madrid. Les régimes de faveur ciblent les actifs qualifiés : l’IFICI portugais (20 % pendant dix ans, professions et employeurs éligibles seulement) et la loi Beckham espagnole (24 % jusqu’à 600 000 €, six ans, pour les salariés transférés et certains indépendants) ; les retraités n’ont plus rien à attendre d’aucun des deux, le RNH ayant disparu en 2024. Le Portugal l’emporte sur le patrimoine : pas d’impôt sur la fortune ni de droits de succession en ligne directe, quand l’Espagne les conserve, avec de fortes différences régionales. Détails : le système fiscal portugais et la retraite au Portugal.
Logement : deux marchés qui flambent
Les moyennes nationales sont proches (2 337 €/m² au Portugal, 2 429 en Espagne au premier trimestre 2026 ; les autres totaux nationaux : le Portugal en chiffres), les capitales aussi (5 292 € à Lisbonne, 5 428 € à Madrid), et les deux pays affichent des hausses à deux chiffres. L’Espagne offre davantage de villes moyennes abordables au bord de la mer (Valence, Alicante, Malaga en font partie mais montent vite) ; le Portugal concentre la pression sur Lisbonne, Porto et l’Algarve, avec un intérieur très bon marché. Point spécifique : depuis mai 2026, un acheteur non résident paie 7,5 % d’IMT au Portugal (fiscalité immobilière) ; l’Espagne taxe la transmission (ITP) de 6 à 11 % selon la région, résident ou non. Les loyers demandés sont plus élevés en Espagne en moyenne (près de 15 €/m² contre 9,46 € au Portugal), mais les grandes villes se valent.
Salaires et emploi
L’Espagne paie mieux : salaire minimum de 1 221 € contre 920 €, salaire moyen supérieur d’environ un tiers, économie quatre fois plus grande et marchés du travail plus profonds (industrie, services, tourisme). Le chômage y reste toutefois le plus élevé de l’Union européenne. Pour un télétravailleur ou un indépendant avec des revenus français, la différence de salaires ne compte pas ; pour qui doit trouver un emploi local, l’Espagne offre plus d’opportunités et une langue plus vite acquise. Le Portugal recrute surtout des francophones dans les centres de contact, la tech et le tourisme : travailler au Portugal.
Santé, école, vie quotidienne
Les deux systèmes publics sont universels et gratuits pour les résidents ; l’Espagne est mieux dotée en médecins de famille et ses hôpitaux régionaux sont réputés, le Portugal souffre de listes d’attente et pousse vers le privé (la santé au Portugal). Les lycées français existent dans les deux pays (Lisbonne, Porto ; Madrid, Barcelone, Valence, Alicante, Malaga…), plus nombreux en Espagne. Le coût de la vie hors logement est comparable, un peu plus bas au Portugal pour les services et la restauration, un peu plus bas en Espagne pour les courses (le coût de la vie). La sécurité est excellente dans les deux pays ; le Portugal est plus petit, plus calme, plus atlantique, et plus pluvieux au nord.
Démarches et nationalité
Un Français s’installe librement dans les deux pays : au Portugal, NIF puis certificat d’enregistrement à la mairie après trois mois (citoyens de l’UE) ; en Espagne, NIE et certificat d’enregistrement de citoyen de l’Union auprès de la police, plus l’inscription au padrón municipal. La nationalité s’obtient après 7 ans de résidence au Portugal (loi de 2026, portugais A2) contre 10 ans en Espagne (2 ans pour les ressortissants latino-américains ; examens DELE A2 et CCSE), et l’Espagne, qui n’admet la double nationalité qu’avec certains pays, l’accepte pour les Français depuis la convention franco-espagnole de 2021 (en vigueur en 2022) ; le Portugal l’admet pour tous (double nationalité franco-portugaise).
Pour qui, quel pays
- Retraité avec pension privée : fiscalité comparable ; le Portugal gagne sur la succession et la fortune, l’Espagne sur la santé et la proximité en voiture.
- Télétravailleur, indépendant : le Portugal pour les loyers hors Lisbonne et l’IFICI si vous êtes éligible ; l’Espagne pour la loi Beckham si vous êtes salarié transféré et pour les grandes villes.
- Famille cherchant un emploi local : l’Espagne, pour les salaires, la langue et le réseau de lycées français.
- Investisseur immobilier : ni l’un ni l’autre n’est bon marché ; le Portugal impose 7,5 % d’IMT aux non-résidents, l’Espagne des ITP régionaux élevés et un impôt sur la fortune hors Madrid et Andalousie.
- Projet de nationalité : le Portugal (7 ans contre 10, portugais A2).
Questions fréquentes
Le Portugal est-il moins cher que l'Espagne ?
Pour vivre, légèrement ; pour se loger, non à Lisbonne et Porto, oui dans l'intérieur ; pour acheter, les moyennes nationales sont presque identiques en 2026. La vraie différence est le niveau des salaires, un tiers plus bas au Portugal.
Où l'administration est-elle la plus simple ?
Les deux ont leurs lenteurs. Le Portugal digitalise beaucoup (Finanças, Segurança Social Direta) mais l'AIMA et la santé saturent ; l'Espagne impose le rendez-vous (*cita previa*) pour presque tout et des règles différentes selon les régions.
Peut-on cumuler les deux ?
Beaucoup de Français du sud du Portugal ou de l'Alentejo profitent de l'Espagne voisine (Séville à 2 h de l'Algarve, Badajoz à 1 h d'Évora) ; la résidence fiscale, elle, est unique : le pays où vous passez plus de 183 jours ou où est votre foyer.
Sources officielles et références
- BOE — Real Decreto 126/2026 : salario mínimo interprofesional 2026 (1 221 € × 14) — consulté le 18.9.2026
- DGERT — salaire minimum portugais 2026 : 920 € × 14 — consulté le 18.9.2026
- Agencia Tributaria — cuadro de tipos de retención IRPF 2026 (escala estatal 19 % à 47 %) — consulté le 18.9.2026
- Código do IRS, artigo 68.º — barème portugais 2026 (12,5 % à 48 %) — consulté le 18.9.2026
- Colegio de Registradores — Estadística registral, 1er trimestre 2026 (2 429 €/m² en Espagne, Madrid capitale 5 428 €/m²) — consulté le 18.9.2026
- INE (Portugal) — preços da habitação ao nível local, 1.º trimestre de 2026 (2 337 €/m², Lisboa 5 292 €/m²) — consulté le 18.9.2026
- idealista — evolución del precio del alquiler en España (informe mensuel, 2026) — consulté le 18.9.2026