Créer une entreprise au Portugal : formes, étapes, coûts, impôts

Une société portugaise se constitue en une heure au guichet, avec un capital d'un euro par associé, et elle est imposée à 19 % en 2026 ; ce qui prend du temps, ce sont les décisions d'avant (forme, associés, comptable, banque) et les obligations d'après (cotisations, TVA, bénéficiaire effectif).

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Signature d'un contrat

Les repères

  • 1 € Le capital minimum d'une société par quotas (Lda) : une part d'un euro par associé ; la S.A. exige 50 000 € et cinq actionnaires.
  • 360 € Le coût de la constitution au guichet Empresa na Hora, société immatriculée sur place ; 220 € en ligne avec des statuts pré-approuvés (440 € en urgence), 360 € avec des statuts sur mesure.
  • 19 % L'impôt sur les sociétés (IRC) en 2026, 15 % sur les premiers 50 000 € de bénéfice des PME, plus une derrama municipale jusqu'à 1,5 %.
  • 34,75 % Les cotisations sociales sur la rémunération du gérant (23,75 % pour la société, 11 % pour lui), sur une base au moins égale à l'IAS (537,13 €).
  • 30 jours Pour déclarer le bénéficiaire effectif (RCBE) après la création ; 15 jours pour déposer la déclaration de début d'activité aux Finanças avec un comptable certifié.

Quelle forme choisir

FormePour quiCapitalResponsabilitéFiscalité
Trabalhador independente (« recibos verdes »)Une personne, une activité de serviceAucunIllimitéeIRS, régime simplifié
Empresário em nome individual (ENI)Commerce ou artisanat en nom propreAucunIllimitéeIRS
Sociedade unipessoal por quotas (Unipessoal Lda)Un seul associé qui veut une société1 €Limitée aux apportsIRC
Sociedade por quotas (Lda)Deux associés ou plus ; la forme la plus courante1 € par associéLimitée aux apportsIRC
Sociedade anónima (S.A.)Projets à capitaux, levées de fonds50 000 €, 5 actionnairesLimitéeIRC
SucursalUne société française qui ouvre un établissementAucunLa société mèreIRC sur les bénéfices portugais

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Pour un consultant, un développeur ou un thérapeute seul, le statut d’indépendant suffit et coûte moins : travailleur indépendant au Portugal. La société s’impose quand il y a des associés, des salariés, des investissements ou un chiffre d’affaires qui rend le régime simplifié de l’IRS défavorable ; l’Unipessoal Lda est la voie normale de l’entrepreneur seul qui veut séparer son patrimoine.

Les étapes, dans l’ordre

  1. Le NIF de chaque associé (un non-résident hors UE passe par un représentant fiscal) et, pour un gérant qui vivra au Portugal, le NISS : NIF, NISS, numéro de santé.
  2. Le nom : pris dans la liste des dénominations pré-approuvées (gratuit, au guichet ou en ligne), ou validé par un certificat d’admissibilité du RNPC (75 €, 150 € en urgence, valable trois mois).
  3. Les statuts (pacto social) : un modèle pré-approuvé (objet, siège, capital, gérance) ou des statuts rédigés par un avocat pour des clauses particulières (agrément des cessions, majorités, comptes courants d’associés).
  4. La constitution : au guichet Empresa na Hora (IRN), tous les associés présents avec pièce d’identité et NIF, société créée et immatriculée sur place ; ou en ligne (Empresa Online) avec une carte de citoyen ou une clé mobile digitale, et une procuration pour les associés étrangers. On repart avec le pacte social, le code de la certidão permanente, la carte d’entreprise (NIPC) et le numéro de Sécurité sociale de la société.
  5. Le comptable certifié (contabilista certificado), obligatoire pour toute société : choisi au guichet dans une bourse ou nommé dans les 15 jours avec la déclaration de début d’activité aux Finanças (régime de TVA, IRC, retenues).
  6. La banque : ouverture du compte de la société et dépôt du capital dans les cinq jours ouvrés (ou déclaration de versement dans les caisses de la société avant la fin du premier exercice) : ouvrir un compte bancaire.
  7. Le bénéficiaire effectif : déclaration au RCBE dans les 30 jours, à mettre à jour à chaque changement ; sans elle, pas de distribution de dividendes ni d’actes notariés.
  8. Le reste : licence d’activité selon le secteur (restauration, hébergement, construction, transport ont leurs guichets), assurance accidents du travail dès le premier salarié, communication des contrats à la Sécurité sociale, livre de réclamations (physique et électronique) pour toute activité ouverte au public.

Une société française qui veut seulement une présence au Portugal peut créer une succursale (sucursal) sans capital, ou une filiale Lda ; la succursale engage la société mère.

Ce que coûte une société chaque année

  • IRC : 19 % du bénéfice en 2026 (le taux baisse d’un point par an jusqu’à 17 % en 2028), 15 % sur les premiers 50 000 € pour une PME ; derrama municipale de 0 à 1,5 % ; acomptes en juillet, septembre et décembre ; paiement spécial en fin de compte selon les cas. Le détail et l’IRS : le système fiscal portugais.
  • Le gérant (gerente) rémunéré cotise comme membre d’organe statutaire : 34,75 % de sa rémunération (dont 11 % à sa charge), sur une base qui ne peut être inférieure à l’IAS ; un gérant non rémunéré cotise quand même sur cette base minimale (187 € par mois en 2026, dont 59 € à sa charge), sauf s’il est déjà couvert par un autre régime obligatoire (salarié ailleurs, pensionné) avec une base au moins égale à l’IAS. Un salarié classique coûte 23,75 % de charges patronales : conditions de travail.
  • La TVA (IVA) : 23 % (13 %, 6 %), déclarations mensuelles ou trimestrielles selon le chiffre d’affaires, facturation par logiciel certifié et communication des factures à l’e-Fatura : la TVA au Portugal.
  • Le comptable : honoraires mensuels libres, le poste fixe le plus visible d’une petite société ; les comptes annuels se déposent en ligne (IES) en juillet.
  • Dividendes : 28 % de retenue pour un associé personne physique résident (ou barème avec 50 % d’englobement), 15 % au plus pour un associé résident de France grâce à la convention : convention fiscale France–Portugal.

Venir de France pour entreprendre

Un citoyen de l’UE n’a besoin d’aucune autorisation : il crée sa société, s’enregistre à la mairie après trois mois et devient résident fiscal s’il s’installe (s’installer en citoyen de l’UE). Une PME installée dans un territoire de l’intérieur paie 12,5 % d’IRC sur ses premiers 50 000 € de bénéfice (vivre dans l’intérieur). Un entrepreneur non européen passe par le visa D2 (activité indépendante ou entreprise) ou le Startup Visa : visa D2. Quelques points qu’un Français découvre souvent après coup : le siège social doit être une adresse portugaise (domiciliation possible) ; toute société reçoit les notifications des Finanças par voie électronique et doit tenir son adresse e-mail à jour ; la fermeture d’une société inactive coûte du temps et des honoraires, d’où l’intérêt de commencer en indépendant quand l’activité est incertaine ; et les aides publiques à la création (IEFP, Portugal 2030, incitations de l’intérieur) exigent des dossiers en portugais.

Pour être mis en relation avec un avocat, un comptable ou un notaire francophone qui monte le dossier et répond en français : avocat et notaire francophones.

Questions fréquentes

Puis-je créer ma société sans être au Portugal ?

Oui, en ligne (Empresa Online) avec une signature électronique reconnue ou par procuration à un avocat ; il faut au préalable un NIF pour chaque associé et, pour le dépôt du capital, un compte bancaire portugais, ce qui reste l'étape la plus lente à distance.

Le gérant doit-il se verser un salaire ?

Non, mais la Sécurité sociale exige qu'un gérant soit couvert : sans autre régime obligatoire (emploi salarié, pension) à hauteur de l'IAS, la société paie les cotisations sur la base minimale de 537,13 € même s'il ne touche rien, soit 34,75 % de ce montant. Un gérant rémunéré cotise sur sa rémunération réelle.

Une SASU ou une SARL française peut-elle opérer au Portugal ?

Ponctuellement oui ; dès qu'il y a une installation fixe (bureau, salarié, gérant sur place), elle a un établissement stable imposable au Portugal et doit s'enregistrer, par une succursale ou une filiale.

Combien de temps pour être opérationnel ?

Une journée pour la société elle-même au guichet ; une à trois semaines pour le compte bancaire, le comptable, la déclaration d'activité et la boîte aux lettres électronique ; davantage si l'activité demande une licence.

Sources officielles et références

  1. Justiça.gov.pt (IRN) — Empresa na Hora : types de sociétés, documents, coût (360 €), dépôt du capital sous 5 jours, bénéficiaire effectif sous 30 jours — consulté le 18.9.2026
  2. Justiça.gov.pt (IRN) — Empresa Online : 220 € avec statuts pré-approuvés, 360 € avec statuts sur mesure (urgent : double) — consulté le 18.9.2026
  3. Justiça.gov.pt (IRN) — Certificado de admissibilidade de firma : 75 € (150 € urgent), valable 3 mois — consulté le 18.9.2026
  4. Código das Sociedades Comerciais, artigo 201.º — valor nominal mínimo da quota (1 €) — consulté le 18.9.2026
  5. ISS — Guia prático « Inscrição, vinculação e cessação de atividade » : taxas contributivas (gerentes e administradores 34,75 % = 23,75 % + 11 % ; IAS 2026 : 537,13 €) — consulté le 18.9.2026
  6. ISS — Guia prático « Inscrição/alteração de membros dos órgãos estatutários » (1008) : base minimale égale à l'IAS, gérant non rémunéré, cumul avec un autre régime — consulté le 18.9.2026
  7. PwC — IRC no Orçamento do Estado 2026 (taxa geral 19 %, PME 15 % nos primeiros 50 000 €) — consulté le 18.9.2026
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