Les chiffres 2026
- 11 % + 23,75 % Les cotisations sur un salaire : 11 % retenus au salarié, 23,75 % payés par l'employeur en plus, sans plafond ; un indépendant cotise 21,4 % sur 70 % de ses recettes (le régime est détaillé dans travailleur indépendant).
- 537,13 € L'IAS (indexante dos apoios sociais) 2026, l'unité de calcul de toutes les prestations et de leurs plafonds.
- 55 à 75 % L'indemnité maladie, après 3 jours de carence ; 100 % pendant 120 jours de congé parental ; 65 % du salaire au chômage, de 150 à 540 jours.
- 66 ans et 9 mois L'âge normal de la retraite en 2026, avec 15 années de carrière au minimum ; vos années françaises comptent pour ouvrir le droit.
- 1 numéro Le NISS, et un seul portail (Segurança Social Direta, comment s'y inscrire) pour tout : carrière, cotisations, prestations, attestations.
Comment ça marche
Un seul organisme, l’Instituto da Segurança Social, gère la maladie, la maternité, le chômage, la retraite, l’invalidité, les allocations familiales et l’aide sociale ; la santé, elle, relève du SNS (service national de santé), financé par l’impôt, sans lien direct avec les cotisations (la santé au Portugal). L’inscription se fait par l’employeur (ou par vous en ligne) avec le NISS (NIF, NISS, numéro de santé) ; tout le suivi passe par Segurança Social Direta, avec la Chave Móvel Digital ou la carte de citoyen. Les cotisations sont proportionnelles au salaire, sans plafond ; les prestations sont calculées sur une rémunération de référence (en général la moyenne des salaires des six mois précédant les deux derniers) et souvent exprimées en multiples de l’IAS.
Les droits, voie par voie
| Risque | Ce que verse la Segurança Social | Conditions |
|---|---|---|
| Maladie | 55 % de la rémunération de référence jusqu’au 30e jour, 60 % du 31e au 90e, 70 % du 91e au 365e, 75 % au-delà, jusqu’à 1 095 jours | 6 mois de cotisations ; 3 jours de carence (sauf hospitalisation) ; arrêt établi par le médecin et transmis électroniquement ; autodéclaration de 3 jours sans médecin |
| Parentalité | 100 % pendant 120 jours (80 % pour 150 jours, 100 % avec partage de 30 jours entre parents) ; 28 jours obligatoires pour le père à 100 % | 6 mois de cotisations ; congé prévu par le Code du travail |
| Chômage | 65 % du salaire de référence (min. 617,70 €, max. 1 342,83 € en 2026), de 150 à 540 jours selon l’âge et la carrière | 360 jours de cotisations sur 24 mois, perte involontaire d’emploi, inscription à l’IEFP (le chômage) |
| Retraite | Pension calculée sur toute la carrière (2 % par année environ, ajustée par le facteur de soutenabilité en cas d’anticipation) | 66 ans et 9 mois en 2026, 15 années de carrière ; anticipation possible dès 60 ans avec 40 ans de carrière (ou chômage de longue durée), avec décote |
| Invalidité | Pension d’invalidité relative ou absolue | 3 à 5 ans de cotisations selon le degré, incapacité constatée par une commission de vérification |
| Famille | Abono de família par enfant, modulé selon le revenu du ménage et l’âge ; majoration pour familles monoparentales ; congé parental et crèche gratuite : avoir un bébé au Portugal | Résidence au Portugal, ressources sous plafonds |
| Décès | Pension de survie pour le conjoint et les enfants, allocation funéraire | Carrière du défunt |
| Dépendance | Complément de dépendance de 131,20 ou 236,16 € par mois (2026) pour un pensionné qui ne peut plus se nourrir, se déplacer ou faire sa toilette seul ; CSI pour les personnes âgées à faibles ressources (vieillir au Portugal : lares, aide à domicile, aides) | Pension portugaise ; dépendance certifiée par la commission de vérification des incapacités |
Les montants sont revalorisés chaque 1er janvier avec l’IAS et les pensions. Le détail de chaque prestation est dans les guias práticos de la Segurança Social, mis à jour en portugais, la référence que nous suivons.
Ce qui vient de France, ce qui y reste
Le règlement européen 883/2004 fait le lien :
- Retraite : chaque pays paie sa part au prorata des périodes cotisées chez lui ; les trimestres français comptent pour atteindre les 15 années portugaises, et inversement. La demande se fait dans le pays de résidence, qui transmet (la retraite au Portugal).
- Chômage : périodes françaises totalisées (document U1) ; allocations françaises exportables trois mois pour chercher un emploi au Portugal (U2).
- Maladie et parentalité : périodes d’assurance françaises prises en compte pour le délai de six mois ; la carte européenne couvre les soins pendant la transition.
- Santé des retraités : un retraité français résidant au Portugal s’inscrit au SNS avec le formulaire S1, la France restant compétente pour le coût.
- Télétravail et détachement : le salarié d’un employeur français peut rester affilié en France (formulaire A1) dans les conditions de l’accord-cadre sur le télétravail (télétravailler depuis le Portugal).
- Allocations familiales : dues par le pays d’emploi ; complément différentiel possible si l’autre parent travaille en France.
Différences avec la France à connaître
- Pas de mutuelle obligatoire ni de complémentaire santé d’entreprise ; les soins sont au SNS, les assurances privées complètent (assurance santé).
- La maladie est moins bien couverte : 55 % les trente premiers jours et trois jours non payés, là où la France maintient souvent le salaire ; les conventions collectives et les contrats de cadres ajoutent parfois un complément (le détail, avec un exemple chiffré : l’arrêt maladie au Portugal).
- Le chômage demande une année de cotisations sur deux ans (six mois en France) et ne dure que 150 jours avant 30 ans.
- La retraite se calcule sur toute la carrière, pas sur les 25 meilleures années, et l’âge recule chaque année avec l’espérance de vie (66 ans et 9 mois en 2026) ; la formule, les décotes, les minimums et le cas d’une carrière France–Portugal sont détaillés dans la pension de retraite portugaise.
- Les cotisations sont plus lourdes pour l’employeur (23,75 %) que pour le salarié (11 %) : le net est proche du brut, l’impôt vient ensuite (le système fiscal, quel salaire pour vivre).
Questions fréquentes
Dois-je continuer à cotiser en France ?
Non, sauf détachement ou télétravail sous A1 : on cotise dans un seul pays, celui où l'on travaille. Une assurance vieillesse volontaire française (CFE) reste possible pour compléter, à vos frais.
Comment vérifier mes cotisations portugaises ?
Sur Segurança Social Direta, rubrique « Carreira contributiva » : chaque mois déclaré par l'employeur y figure avec le salaire ; une absence se signale immédiatement, c'est votre retraite et votre chômage.
Un retraité français paie-t-il des cotisations sociales au Portugal ?
Non : une pension française n'est pas soumise aux cotisations portugaises, et la CSG-CRDS française ne s'applique pas à un résident portugais affilié au SNS via le S1 (seule la cotisation d'assurance maladie française sur les pensions reste prélevée quand la France prend vos soins en charge via le S1 ; le Cleiss détaille les taux) ; l'impôt sur le revenu, lui, dépend de la convention de 1971 (la retraite au Portugal).
Sources officielles et références
- Segurança Social — Guias práticos : subsídio de doença (3 jours de carence, 55/60/70/75 %), subsídio parental inicial (120/150 jours, 100/80 %), pensão de velhice (66 ans et 9 mois en 2026, 15 années de carrière) — consulté le 18.9.2026
- gov.pt — Pedir a pensão de velhice (idade normal de acesso 66 anos e 9 meses em 2026, 15 anos civis de registo de remunerações) — consulté le 18.9.2026
- Portaria n.º 358/2024/1, de 30 de dezembro — idade normal de acesso à pensão em 2026 (66 anos e 9 meses) e fator de sustentabilidade — consulté le 18.9.2026
- Segurança Social — taux de cotisation du régime général (11 % travailleur, 23,75 % employeur) et des indépendants (21,4 %) ; IAS 2026 : 537,13 € — consulté le 18.9.2026
- Règlement (CE) n.º 883/2004 — coordination des systèmes de sécurité sociale (totalisation, A1, S1, U1, U2) — consulté le 18.9.2026