Vieillir au Portugal : maisons de retraite, aide à domicile, aides

Aide à domicile, centre de jour, entrée dans un lar : le Portugal offre le même éventail que la France, avec une règle qui change tout dans le secteur associatif, le prix calculé en pourcentage des revenus. Ce qui existe, ce que l'État verse, où trouver un établissement agréé.

Mis à jour le Faits vérifiés — sources en bas de page


Les repères

  • 75 à 90 % Du revenu mensuel par tête : le prix d'une place en résidence (ERPI, le lar) dans une institution associative, selon la dépendance ; 45 à 60 % en centre de jour, 40 à 75 % en aide à domicile. Le privé lucratif fixe ses prix librement.
  • 131,20 € ou 236,16 € Le complément de dépendance mensuel versé par la Sécurité sociale à un pensionné qui ne peut plus accomplir seul les actes de la vie quotidienne (1ᵉʳ degré) ou qui est alité ou atteint de démence grave (2ᵉ degré), régime général 2026.
  • 65 ans L'âge d'accès aux réponses sociales (60 ans pour l'accueil familial), avec listes d'attente dans les établissements conventionnés ; l'inscription se fait directement auprès de l'institution.
  • 30, 90 jours et plus Les trois types d'unités de soins continus (RNCCI) après une hospitalisation : convalescence, moyenne durée, longue durée ; les soins sont payés par l'État, l'hébergement selon les revenus.
  • Médicaments gratuits Pour les bénéficiaires du complément solidaire pour personnes âgées (CSI), réservé aux faibles ressources à l'âge de la retraite, après six ans de résidence.

Ce qui existe : de l’aide à domicile au lar

La Sécurité sociale portugaise classe les respostas sociais pour les personnes âgées en six formules, toutes assurées par des institutions licenciées, le plus souvent des IPSS (associations et Misericórdias conventionnées) ou, à Lisbonne, la Santa Casa da Misericórdia, et par des entreprises privées :

  • le serviço de apoio domiciliário (SAD), l’aide à domicile : hygiène et confort, ménage strictement nécessaire, repas, linge, animation et courses, téléassistance, au moins deux services par contrat ;
  • le centro de convívio, club de quartier pour les plus de 65 ans autonomes ;
  • le centro de dia, accueil de jour avec repas et activités, pour rester chez soi la nuit ;
  • le centro de noite, l’inverse, pour les personnes autonomes qui ne veulent plus dormir seules ;
  • l’acolhimento familiar, l’accueil chez une famille agréée (trois personnes au plus), dès 60 ans ;
  • l’estrutura residencial para pessoas idosas (ERPI), le lar, hébergement collectif temporaire ou permanent avec soins infirmiers, à partir de 65 ans, plus tôt au cas par cas.

On s’adresse directement à l’établissement, ou aux services de la Sécurité sociale de sa commune ; l’annuaire officiel, la Carta Social, liste les structures licenciées avec leur capacité et leurs contacts. Dans les établissements conventionnés, l’attente est la règle : on s’inscrit avant d’avoir besoin (la santé au Portugal, prendre sa retraite au Portugal).

Ce que ça coûte : le prix en pourcentage des revenus

Dans les IPSS, la comparticipação familiar n’est pas un prix affiché mais un pourcentage du revenu mensuel par tête du foyer, calculé selon la formule officielle : revenu annuel divisé par douze, moins les dépenses fixes (impôts, loyer ou crédit du logement, transports, médicaments d’un traitement chronique), divisé par le nombre de personnes du foyer. Les fourchettes fixées par la Sécurité sociale : 75 à 90 % en ERPI selon le degré de dépendance (l’institution peut appliquer 90 % dès que le complément de dépendance de 1ᵉʳ degré a été demandé), 45 à 60 % en centre de jour, 40 à 75 % en aide à domicile selon le nombre de services. Les enfants ou d’autres proches peuvent s’engager par écrit à compléter. La preuve des revenus se fait avec la déclaration d’IRS ; sans justificatif, l’établissement applique le maximum. Les résidences privées à but lucratif, licenciées par la Sécurité sociale mais hors convention, fixent leurs tarifs librement, et les listes d’attente y sont plus courtes (déclarer ses revenus au Portugal, le coût de la vie).

Ce que l’État verse

  • Le complemento por dependência : une prestation mensuelle pour les pensionnés (invalidité, vieillesse, survie, y compris régime non contributif) qui ont besoin d’une autre personne pour se nourrir, se déplacer ou faire leur toilette ; 131,20 € en 2026 pour le 1ᵉʳ degré, 236,16 € pour le 2ᵉ degré (personne alitée ou atteinte de démence grave) dans le régime général, 118,08 et 223,04 € dans le régime non contributif ; la dépendance est certifiée par le service de vérification des incapacités de la Sécurité sociale, la réponse prend en moyenne 150 jours, et une personne hébergée dans un établissement financé par l’État ne perçoit que le 1ᵉʳ degré. Il suppose une pension portugaise (ou la prestation sociale pour l’inclusion), s’arrête si la personne travaille, et ne se cumule pas avec le subsídio de apoio ao cuidador informal versé à un proche aidant.
  • Le complemento solidário para idosos (CSI) : une aide mensuelle pour les personnes ayant atteint l’âge légal de la retraite, résidant au Portugal depuis six ans au moins et disposant de faibles ressources, qui donne aussi la gratuité des médicaments remboursables en pharmacie ; il se cumule avec le complément de dépendance dans la limite du 1ᵉʳ degré ; le proche qui s’occupe d’un pensionné dépendant peut demander le statut d’aidant, avec un subside sous condition de ressources (handicap et aidants) (la pension de retraite portugaise, pharmacies et médicaments).
  • La déduction d’IRS pour frais de lares : 25 % des sommes payées à une résidence, un centre de jour ou un service d’aide à domicile (factures avec NIF, secteur CAE 873 ou 8810), plafonnés à 403,75 € par an, pour le contribuable lui-même ou pour un ascendant sans revenus supérieurs au salaire minimum (article 84 du Code de l’IRS), en plus des dépenses de santé (le système fiscal).

Après l’hôpital : les soins continus (RNCCI)

La Rede Nacional de Cuidados Continuados Integrados est le réseau commun de la Santé et de la Sécurité sociale pour la sortie d’hôpital et la perte d’autonomie : des unités de convalescence (jusqu’à 30 jours, réadaptation intensive, médecin et infirmiers permanents), des unités de moyenne durée et réadaptation (30 à 90 jours), des unités de longue durée et maintien (plus de 90 jours, pour les maladies chroniques et les dépendances lourdes) et des équipes de soins à domicile (ECCI). L’admission ne se demande pas directement : depuis un hôpital public, c’est l’équipe de gestion des sorties (EGA) qui adresse une proposition à l’équipe coordinatrice locale (ECL) ; depuis le domicile, une résidence ou un hôpital privé, c’est le médecin, l’infirmier ou l’assistant social du centre de santé. Les soins de santé sont à la charge de l’État ; l’hébergement et l’appui social sont payés par l’usager selon un pourcentage de son revenu par tête (le loyer ou le crédit du logement étant déductible jusqu’à un IAS), la Sécurité sociale prenant en charge la différence avec le tarif de l’unité, sauf si le patrimoine mobilier du foyer dépasse 240 IAS (125 400 € en 2025). Les unités de longue durée accueillent aussi des séjours temporaires, jusqu’à 90 jours par an, pour soulager un proche aidant (assurance santé au Portugal).

Pour un Français : ce qu’il faut anticiper

Le système fonctionne, mais il est saturé dans les grandes villes et il fonctionne en portugais : dossiers, contrats, équipes soignantes, animation. Un couple qui s’installe pour sa retraite a intérêt à repérer tôt les structures de sa commune sur la Carta Social, à s’inscrire dans un centre de jour ou une IPSS avant d’en avoir besoin, et à garder une assurance santé privée pour les délais du public. Le régime des revenus par tête favorise les petites pensions : un retraité aux revenus français confortables paiera le maximum en IPSS et trouvera parfois mieux dans le privé. Enfin, les proches restés en France ne sont pas oubliés : l’engagement écrit des descendants à compléter la comparticipation est prévu, et les décisions médicales, la procuration et la succession se préparent avant la perte d’autonomie (se faire aider par un avocat francophone, la succession au Portugal, le décès d’un proche).

Questions fréquentes

Combien coûte une maison de retraite au Portugal ?

Dans une résidence associative conventionnée (IPSS), 75 à 90 % du revenu mensuel par tête de la personne accueillie, calculé sur la déclaration d'IRS après déduction des dépenses fixes, avec un complément possible des enfants ; dans une résidence privée à but lucratif, un prix libre, fixé par l'établissement. Il n'existe pas de tarif national affiché : comparez sur place, et vérifiez la licence sur la Carta Social.

Existe-t-il un équivalent de l'APA française ?

Le plus proche est le complemento por dependência, 131,20 € (1ᵉʳ degré) ou 236,16 € (2ᵉ degré) par mois en 2026, versé aux pensionnés dépendants après certification médicale par la Sécurité sociale ; c'est une prestation forfaitaire, pas un plan d'aide chiffré comme l'APA. L'aide à domicile elle-même se paie en pourcentage des revenus dans les IPSS.

Peut-on rester chez soi avec une aide ?

Oui, c'est le sens de tout le système, qui vise à retarder l'entrée en résidence : aide à domicile (au moins deux services parmi hygiène, ménage, repas, linge, animation, téléassistance), centre de jour, centre de nuit, équipes de soins continus à domicile après une hospitalisation. Le tarif de l'aide à domicile dans les IPSS va de 40 à 75 % du revenu par tête selon le nombre de services.

Sources officielles et références

  1. Instituto da Segurança Social — Guia Prático Apoios Sociais, Pessoas Idosas (N35J) : six réponses sociales (serviço de apoio domiciliário, centro de convívio, centro de dia, centro de noite, acolhimento familiar, estrutura residencial para pessoas idosas) ; accès à partir de 65 ans (60 pour l'accueil familial) ; listes d'attente ; comparticipation familiale dans les IPSS en pourcentage du revenu par tête : ERPI 75 à 90 % selon la dépendance, centre de jour 45 à 60 %, aide à domicile 40 à 75 % selon le nombre de services (au moins deux parmi hygiène, ménage, repas, linge, animation, téléassistance) ; formule RC = (revenu annuel/12 − dépenses fixes)/n ; annuaire Carta Social — consulté le 18.9.2026
  2. Instituto da Segurança Social — Guia Prático Complemento por Dependência (21 mai 2026) : prestation mensuelle pour les pensionnés dépendants, 1ᵉʳ degré 131,20 € et 2ᵉ degré 236,16 € dans le régime général (118,08 / 223,04 € dans le régime non contributif) ; 1ᵉʳ degré seulement en établissement financé par l'État ; cumul possible avec le CSI ; réponse en 150 jours en moyenne ; Portaria 480-B/2025/1 (actualisation 2026) — consulté le 18.9.2026
  3. gov.pt — Pedir o complemento solidário para idosos (CSI) : aide mensuelle pour les personnes âgées à faibles ressources, à partir de l'âge légal de la retraite, résidant au Portugal depuis au moins 6 ans ; médicaments remboursables gratuits en pharmacie sur ordonnance — consulté le 18.9.2026
  4. gov.pt — Pedir o complemento por dependência : pensionnés d'invalidité, de vieillesse et de survie du régime général et non contributif, bénéficiaires de la prestação social para a inclusão ; DL 265/99, Lei 90/2009, Portaria 65/2016 — consulté le 18.9.2026
  5. Instituto da Segurança Social — Guia Prático Rede Nacional de Cuidados Continuados Integrados (N37, février 2025) : unités de convalescence (jusqu'à 30 jours), de moyenne durée et réadaptation (30 à 90 jours), de longue durée et maintien (plus de 90 jours), équipes de soins à domicile (ECCI) ; les soins de santé sont à la charge du ministère de la Santé, l'hébergement et l'appui social payés par l'usager selon un pourcentage du revenu par tête (RC = (R − D)/12/n, dépense de logement plafonnée à un IAS), la Sécurité sociale complétant la différence — consulté le 18.9.2026
  6. Autoridade Tributária — Código do IRS, artigo 84.º Encargos com lares : déduction à la collecte de 25 % des dépenses de lares, d'aide à domicile et d'institutions d'appui au troisième âge, plafond global 403,75 €, factures des secteurs CAE 873 et 8810, pour le contribuable, ses dépendants, ascendants et collatéraux jusqu'au 3ᵉ degré sans revenus supérieurs au salaire minimum — consulté le 18.9.2026
  7. Carta Social — annuaire officiel des réponses sociales (établissements licenciés, capacité, contacts) du ministère du Travail, de la Solidarité et de la Sécurité sociale — consulté le 18.9.2026
Sommaire