Les repères
- Gratuit Le SNS pour tout résident inscrit au centre de santé : consultations, hôpital, examens prescrits, sans ticket modérateur depuis 2022 (sauf urgences sans orientation, 14 à 18 €).
- Facultative L'assurance santé privée : aucun texte ne l'impose ; une part croissante des résidents en a une, souvent par l'employeur.
- Réseau + copaiement Le modèle dominant : on consulte dans le réseau de l'assureur (Multicare, Médis, AdvanceCare) et on paie une part fixe, de l'ordre de 10 à 30 € la consultation ; hors réseau, remboursement partiel ou rien.
- Carences et plafonds Des délais avant d'être couvert (souvent 60 à 90 jours pour les consultations, davantage pour les hospitalisations et la maternité), des plafonds annuels par garantie, des limites d'âge à la souscription.
- 15 % La part des primes et des dépenses de santé déductible de l'impôt sur le revenu, dans la limite de 1 000 € par foyer.
Ce que fait déjà le SNS
Le Serviço Nacional de Saúde, financé par l’impôt, couvre tout résident inscrit auprès de son centre de santé : médecin de famille (quand il y en a un : 1,7 million d’inscrits attendent), consultations, urgences, hospitalisation, examens et médicaments sur ordonnance à prix réduit. Les tickets modérateurs ont disparu en 2022, sauf pour qui se présente aux urgences hospitalières sans passer par la ligne SNS 24. Le point faible n’est pas le coût mais le délai : des mois pour un spécialiste ou une opération non urgente. C’est ce délai que le privé vend. Le fonctionnement, l’inscription, le formulaire S1 des retraités : la santé au Portugal.
Les contrats privés : comment ils marchent
| Assurance santé (seguro de saúde) | Plan de santé (plano de saúde) | |
|---|---|---|
| Nature | Contrat d’assurance, supervisé par l’ASF | Carte de réductions auprès d’un réseau, pas une assurance |
| Ce qu’on paie | Une prime, puis un copaiement par acte dans le réseau ; hors réseau, remboursement à un pourcentage | Un abonnement, puis le tarif négocié, intégralement à votre charge |
| Hospitalisation | Couverte jusqu’au plafond annuel (souvent de quelques dizaines de milliers d’euros à plus de 100 000 €) | Non couverte, seulement des tarifs |
| Délai de carence | Oui | Non |
| Pour qui | Qui veut être couvert en cas de gros pépin | Qui veut des consultations moins chères sans engagement |
Les grands assureurs santé (Multicare du groupe Fidelidade, Médis d’Ageas, AdvanceCare pour plusieurs compagnies, Allianz, Generali Tranquilidade) ont chacun leur réseau de cliniques et de médecins ; la carte de l’assureur se présente à l’accueil, et le copaiement (copagamento) se règle sur place. Les garanties se composent : consultations et examens, hospitalisation, accouchement, dentaire (souvent un simple réseau à tarifs), lunettes, médecines douces, assistance à domicile, deuxième avis, téléconsultation.
Ce qu’il faut lire avant de signer : les périodes de carence (rien n’est couvert pendant les premiers mois, parfois un an pour la maternité et certaines chirurgies), les plafonds par garantie et par an, les exclusions (maladies préexistantes déclarées au questionnaire de santé, maladies chroniques, psychiatrie souvent limitée), l’âge limite de souscription (fréquemment 55 à 70 ans) et de maintien, et l’évolution de la prime avec l’âge, non plafonnée. Un contrat souscrit par l’employeur (seguro de grupo) coûte moins et accepte tout le monde ; on le perd en quittant l’entreprise, avec parfois une faculté de continuation à titre individuel.
Le prix va de quelques dizaines d’euros par mois pour un adulte jeune avec consultations et hospitalisation de base à plus de cent euros après 60 ans ou avec des plafonds élevés ; les enfants sont peu chers. Le droit de rétractation est de 30 jours après réception de la police pour un contrat d’au moins six mois.
Cas particuliers
- Retraité français : le formulaire S1 vous inscrit au SNS aux frais de la France ; une assurance privée portugaise reste possible en complément, avec les limites d’âge des assureurs ; votre mutuelle française ne rembourse en général que les soins pris en charge par un régime de sécurité sociale, ce qui exclut les cliniques privées portugaises hors parcours. Prendre sa retraite au Portugal.
- Fonctionnaire ou retraité de la fonction publique portugaise : l’ADSE, régime propre avec réseau conventionné, remplace en partie l’assurance privée.
- Touriste et hivernant : la carte européenne d’assurance maladie ouvre le SNS ; le privé et le rapatriement relèvent de l’assurance voyage.
- Non-résident propriétaire : sans inscription au SNS, le privé est la seule couverture sur place, en plus de la CEAM pour les urgences.
- Visas D7, D8, D2 : une assurance santé est exigée au dépôt du dossier tant qu’on n’est pas inscrit au SNS ; visas pour le Portugal.
Ce que le fisc rend
Les dépenses de santé (consultations, pharmacie sur ordonnance, lunettes, dentaire) et les primes d’assurance santé entrent dans la déduction de l’IRS : 15 % des montants, jusqu’à 1 000 € par foyer, à condition que les factures portent votre NIF et remontent sur l’e-Fatura. Le mécanisme, avec les autres déductions : le système fiscal portugais. Les autres contrats, obligatoires ou non : les assurances au Portugal.
Questions fréquentes
Faut-il une assurance santé pour vivre au Portugal ?
Non pour se soigner : le SNS couvre les résidents. Oui si l'on veut choisir son spécialiste et éviter des mois d'attente pour une consultation ou une opération non urgente, ou si l'on n'est pas encore inscrit au SNS (arrivée récente, visa en cours).
Ma mutuelle française sert-elle au Portugal ?
Rarement : la plupart des mutuelles complètent des remboursements de la Sécurité sociale française et ne couvrent pas les soins pris hors de ce cadre à l'étranger, sauf contrats internationaux ou d'expatrié. Une fois résident, résiliez-la ou passez à un contrat prévu pour l'étranger.
Un assureur peut-il me refuser ?
Oui, en fonction de l'âge et du questionnaire de santé ; les maladies déclarées sont exclues ou surprimées. Une déclaration inexacte peut faire annuler le contrat au premier sinistre : répondez précisément.
Que vaut un « plano de saúde » à 10 € par mois ?
Une carte de réductions dans un réseau, utile pour des consultations ou du dentaire moins chers, sans aucune prise en charge des hospitalisations : ce n'est pas une assurance, et l'ASF ne le supervise pas comme telle.
Sources officielles et références
- Governo — taxas moderadoras acabam em todo o SNS exceto em urgência hospitalar sem referenciação (2022) — consulté le 18.9.2026
- Código do IRS, artigo 78.º-C — dedução de despesas de saúde : 15 %, plafond 1 000 €, primes d'assurance santé comprises (alínea b) — consulté le 18.9.2026
- Decreto-Lei n.º 72/2008 — regime jurídico do contrato de seguro (artigo 118.º : rétractation de 30 jours pour les contrats santé de six mois ou plus) — consulté le 18.9.2026
- Assurance Maladie (ameli.fr) — carte européenne d'assurance maladie et séjours en Europe — consulté le 18.9.2026