En deux colonnes
| Ce qui plaide pour | Ce qui freine |
|---|---|
| Climat : 17,6 °C de moyenne à Lisbonne, jamais de gel, été sec | Maisons mal isolées : froides et humides l’hiver, chaudes l’été |
| Sécurité et douceur de vie, accueil des Français | Salaires bas : 920 € de minimum, 1 694 € bruts en moyenne |
| Aucune formalité de visa, installation en quelques semaines | Logement cher : 17,22 €/m² de loyer et 5 292 €/m² à l’achat à Lisbonne |
| Courses, restaurants, services moins chers qu’en France | Administration lente : AIMA, Finanças, médecin de famille (1,67 million d’inscrits sans) |
| Pas de droits de succession en ligne directe, pas d’ISF | IRS plus lourd que l’impôt français à revenu égal, fin du RNH |
| Santé publique gratuite et de bon niveau hospitalier | Délais du SNS, assurance privée quasi indispensable |
| Vols à 2 h 30, même fuseau horaire pour le travail, francophonie | Portugais nécessaire à terme, exigé pour la nationalité (A2) |
| Lycées français, écoles internationales, école publique gratuite | Zones tendues pour l’école et la crèche à Lisbonne et Cascais |
Les avantages, avec les chiffres
Le climat. 794 mm de pluie à Lisbonne contre 1 147 à Porto, mais presque rien de juin à septembre ; 2,6 mm en juillet dans la capitale, 0,9 en Algarve. Le soleil est le premier argument des Français interrogés, et il est réel : le climat mois par mois.
La simplicité d’installation. Citoyen de l’UE, vous n’avez ni visa ni permis à demander : un NIF, un bail, un certificat d’enregistrement à la mairie après trois mois (18 €), et vous êtes résident. La check-list : déménager au Portugal.
La sécurité. Le Portugal figure chaque année parmi les pays les plus sûrs du monde (7e au Global Peace Index 2025) ; la petite délinquance existe (pickpockets à Lisbonne et Porto), la violence est rare : le Portugal est-il sûr ?.
Le coût de la vie hors logement. Alimentation, restaurants, coiffeur, transports (passe à 40 € pour toute une métropole), essence un peu moins chère : sur ces postes, un budget français baisse de 15 à 30 %. Les chiffres et les sources : le coût de la vie.
La fiscalité, sur certains points. Aucun impôt sur la fortune (hors AIMI immobilier au-delà de 600 000 €), aucun droit de succession entre conjoints, parents et enfants, pas de CSG, un régime à 20 % pour les métiers qualifiés (IFICI) et une exonération partielle pour les moins de 35 ans (IRS Jovem). Le détail : le système fiscal.
La santé publique. Consultations et hospitalisations gratuites, hôpitaux de bon niveau ; un retraité français y est couvert par la France via le formulaire S1.
La francophonie. Un million et demi de Portugais et de descendants vivent en France ; le français est compris par beaucoup, et les lycées français de Lisbonne et de Porto suivent le programme national.
Les inconvénients, sans les minimiser
Le logement. C’est le point de rupture. 17,22 €/m² de loyer médian pour un nouveau bail à Lisbonne, 14,29 € à Porto, 16,50 € à Cascais ; à l’achat, 5 292 €/m² à Lisbonne, en hausse de 20 % en un an, et un IMT de 7,5 % pour qui achète avant d’être résident. Les biens sont souvent anciens, sans isolation ni chauffage. Pour comparer : prix de l’immobilier ville par ville, louer.
Les salaires. Si vous devez travailler localement, le choc est réel : salaire minimum de 920 €, moyenne de 1 694 € bruts, cadres à 2 500–4 000 € dans les meilleurs secteurs. Le Portugal est un bon plan pour qui vient avec des revenus français (télétravail, retraite, indépendant), un pari plus dur pour qui cherche un emploi local. Voir travailler au Portugal en étant français et le SMIC.
L’impôt sur le revenu. Le barème monte vite : 34,9 % dès 29 397 € de revenu imposable, 48 % au-delà de 86 634 €. À revenu égal, un ménage paie fréquemment plus d’IRS que d’impôt sur le revenu en France, faute de quotient familial ; l’écart se joue ensuite sur les cotisations et la CSG. Le RNH à 10 % pour les retraités a disparu en 2024.
L’administration et les délais. Rendez-vous aux Finanças ou à la mairie, mois d’attente pour un médecin de famille (1,67 million d’inscrits sans, mai 2026), AIMA saturée pour les non-Européens et leurs conjoints : la patience est une compétence de base. L’assurance santé privée (30 à 100 € par mois) devient un poste obligé : la santé au Portugal.
Le climat intérieur. Des maisons conçues pour l’été : 8 °C la nuit en janvier à Lisbonne se ressentent à l’intérieur ; à Porto, l’humidité. Chauffage d’appoint, déshumidificateur et double vitrage sont à budgéter, et le certificat énergétique à lire avant de signer ; les chiffres et les solutions sont dans l’hiver dans une maison portugaise.
La langue et l’intégration. Vivre entre Français est possible à Lisbonne ou en Algarve, mais l’administration, les médecins et les voisins parlent portugais ; le niveau A2 est exigé pour la nationalité. Les cours : apprendre le portugais ; les codes : la culture portugaise.
La distance. Deux heures et demie de vol, c’est proche pour les vacances, loin pour les parents âgés ou les enfants restés en France ; les vols hors saison depuis les villes de province sont rares.
Pour qui le Portugal est un bon choix
- Les retraités avec une pension privée (imposée au Portugal, sans le RNH) ou publique (imposée en France), qui cherchent le climat et la douceur, et qui acceptent l’assurance privée : la retraite au Portugal.
- Les télétravailleurs et indépendants avec des clients ou un employeur en France, qui gardent un revenu français avec un coût de la vie portugais : télétravail, indépendant.
- Les profils qualifiés que l’IFICI ou l’IRS Jovem rendent fiscalement gagnants.
- Les familles prêtes à s’éloigner de Lisbonne (Porto, Braga, Coimbra, Setúbal, Algarve intérieur) pour se loger.
Pour qui c’est plus compliqué
Ceux qui hésitent encore avec l’Espagne trouveront le comparatif chiffré dans Portugal ou Espagne ?. Ceux qui doivent trouver un emploi local sans portugais ni qualification recherchée ; ceux qui comptent sur le logement bon marché des années 2010 ; ceux qui ont des besoins médicaux lourds et réguliers sans assurance ; et ceux qui viennent « pour les impôts » sans avoir fait le calcul avec le barème réel. Une installation n’est pas irréversible : les démarches du retour sont dans rentrer en France.
Questions fréquentes
Le Portugal est-il moins cher que la France ?
Pour vivre au quotidien, oui, de 15 à 30 % selon les postes ; pour se loger à Lisbonne, Porto, Cascais ou en Algarve, non : les loyers y rejoignent ceux des grandes villes françaises pour des salaires deux fois plus bas.
Où s'installer quand on a un budget serré ?
Loin du littoral touristique : Braga (2 240 €/m² à l'achat), Coimbra, Leiria, Setúbal, l'Alentejo, l'intérieur du Nord ; ou la deuxième couronne de Lisbonne (Sintra, Vila Franca de Xira, rive sud). Le passe de transport à 40 € rend les 30 minutes de train supportables.
Combien de Français vivent au Portugal ?
29 009 Français avaient un titre de séjour fin 2024 d'après l'AIMA, 21 036 étaient inscrits au registre consulaire, et l'ambassade estime la communauté entre 50 000 et 60 000 personnes, concentrées à Lisbonne, Cascais, Porto et en Algarve (les Français au Portugal en chiffres). Voir aussi les représentations et, côté français, les consulats de Lisbonne et de Porto.
Sources officielles et références
- INE — Estatísticas de rendas (T1 2026) et de preços da habitação ao nível local (T1 2026) — consulté le 18.9.2026
- IPMA — Normais climatológicas 1991–2020 — consulté le 18.9.2026
- Código do IRS, artigo 68.º — taxas gerais 2026 — consulté le 18.9.2026
- Portal da Transparência do SNS — utentes sem médico de família (via Barlavento, mai 2026) — consulté le 18.9.2026
- DGERT — salaire minimum 2026 : 920 € — consulté le 18.9.2026