Travailler au Portugal en étant français : les démarches, dans l'ordre

Un Français travaille au Portugal comme un Portugais : pas de visa, pas de permis, pas de quota. Il reste une dizaine de formalités, côté portugais pour être embauché, côté français pour ne rien perdre (chômage, retraite, sécu). Le parcours, dans l'ordre où il se présente.

Mis à jour le Faits vérifiés — sources en bas de page


Ce qu’il faut retenir

  • 0 permis Un citoyen français travaille librement au Portugal (loi 37/2006) ; l'employeur n'a aucune autorisation à demander.
  • 2 numéros Le NIF (impôts) et le NISS (Sécurité sociale) suffisent pour être embauché ; l'employeur peut demander le NISS pour vous.
  • 3 mois Après trois mois de séjour, le certificat d'enregistrement à la mairie (18 €) date le début de votre résidence légale.
  • 11 % De cotisations salariales, et l'impôt retenu à la source ; vos années françaises comptent pour le chômage et la retraite (règlement 883/2004).
  • U2 Le document qui permet de chercher un emploi au Portugal en gardant trois mois d'allocations françaises.

Avant de partir : ce qu’on prépare en France

  1. Le chômage : si vous êtes indemnisé, demandez à France Travail le document U2 (recherche d’emploi à l’étranger, trois mois d’allocations maintenus, inscription à l’IEFP sous sept jours après l’arrivée) ; dans tous les cas, demandez le document U1 qui atteste vos périodes d’assurance françaises, pour qu’elles comptent dans un futur droit portugais (le chômage au Portugal).
  2. Le diplôme : inutile pour la plupart des emplois ; nécessaire pour une profession réglementée (santé, droit, architecture, enseignement, comptabilité) : la reconnaissance se demande avant, avec traductions certifiées (reconnaissance des diplômes).
  3. Le NIF peut s’obtenir depuis la France par un représentant fiscal, ou dès l’arrivée au guichet des Finanças, gratuitement, avec un passeport et un justificatif d’adresse (NIF, NISS, numéro de santé).
  4. Le CV en portugais ou en anglais, format Europass ; les offres et les recruteurs sont dans offres d’emploi au Portugal pour étrangers.
  5. La carte européenne d’assurance maladie couvre les premiers mois, le temps de l’inscription au SNS.

À l’embauche : les papiers côté portugais

  • NISS : demandé en ligne (Segurança Social Direta) avec le NIF et une pièce d’identité, ou par l’employeur lors de la déclaration d’embauche ; obligatoire pour tout travail déclaré.
  • Le contrat : écrit obligatoire pour un CDD, un temps partiel, un télétravail ; pour un CDI, l’employeur doit vous remettre par écrit les conditions essentielles. Période d’essai de 90 jours (180 pour les postes techniques, 240 pour les cadres dirigeants), 40 heures, 22 jours de congés, 14 mois (les conditions de travail).
  • La déclaration à la Sécurité sociale est faite par l’employeur avant le début du travail ; vérifiez sur Segurança Social Direta que vous apparaissez bien et que les cotisations sont versées (c’est votre chômage et votre retraite).
  • Le compte bancaire portugais : le salaire est viré ; un compte s’ouvre avec NIF, pièce d’identité, justificatif d’adresse et de revenus (ouvrir un compte bancaire).
  • Le numéro d’utilisateur du SNS au centre de santé du quartier, pour le médecin de famille et les arrêts maladie.

Sur la fiche de paie

Le salaire est indiqué en brut, sur 14 mois. Le salarié cotise 11 % à la Sécurité sociale ; l’employeur 23,75 % en plus. L’IRS est retenu à la source d’après les tables mensuelles (rien jusqu’à 920 €, le salaire minimum 2026) et régularisé avec la déclaration annuelle d’avril à juin ; les moins de 35 ans bénéficient de l’IRS Jovem, exonération dégressive sur dix ans, à signaler à l’employeur pour qu’elle joue sur la paie. Le ticket-repas (subsídio de alimentação) est courant, exonéré jusqu’à un plafond. Le net réel selon le brut : quel salaire pour vivre au Portugal ; le barème : le système fiscal portugais.

Après trois mois : la résidence

Le séjour est libre trois mois ; ensuite, dans les 30 jours, on demande à la câmara municipal le certificado de registo de cidadão da União (18 €), sur simple déclaration d’activité professionnelle. Ce certificat date votre résidence légale, celle qui compte pour la résidence permanente (5 ans) et la nationalité (7 ans depuis la loi de 2026) ; il est demandé par beaucoup d’administrations (s’installer en citoyen de l’UE). Dans le même temps : échange ou enregistrement du permis de conduire à l’IMT sous 60 jours (permis et voiture), inscription au registre des Français établis hors de France au consulat de France (Lisbonne ou Porto), et, après 183 jours, résidence fiscale portugaise.

L’ensemble des prestations portugaises (maladie, parentalité, retraite) est décrit dans la Sécurité sociale portugaise.

Ce que la France continue de vous devoir

  • Retraite : chaque trimestre cotisé en France reste acquis ; à l’âge de la retraite, chaque pays paie sa part (totalisation et proratisation du règlement 883/2004). Gardez vos bulletins et créez votre espace info-retraite.
  • Chômage : les périodes françaises comptent pour ouvrir un droit portugais (U1) ; si vous rentrez en France après avoir travaillé au Portugal, les périodes portugaises comptent en France.
  • Santé : une fois salarié au Portugal, vous relevez du SNS ; en cas de séjour en France, la carte européenne portugaise ; la mutuelle française ne sert plus, une assurance santé portugaise la remplace (la santé au Portugal).
  • Famille : les allocations familiales sont dues par le pays d’emploi ; le Portugal verse l’abono de família sous conditions de revenus.

Les cas particuliers

  • Salarié d’une entreprise française en télétravail : ce n’est pas la même situation ; impôt et sécurité sociale dépendent du lieu de travail et de l’accord-cadre européen (formulaire A1) : télétravailler depuis le Portugal.
  • Détaché par un employeur français pour une mission : A1 et affiliation française jusqu’à 24 mois, impôt selon la convention (183 jours).
  • Indépendant : ouverture d’activité aux Finanças et « recibos verdes » : travailleur indépendant.
  • Fonction publique portugaise : ouverte aux citoyens de l’UE, sauf postes de souveraineté ; concours en portugais.
  • Conjoint non européen : il obtient une carte de séjour de membre de famille d’un citoyen de l’UE, avec droit au travail (regroupement familial).

Questions fréquentes

Puis-je commencer à travailler avant d'avoir le NISS ?

L'employeur doit vous déclarer à la Sécurité sociale avant le premier jour, et pour cela il faut un NISS ; il peut le demander pour vous en même temps que la déclaration d'embauche. Avec le NIF en poche, l'ensemble prend quelques jours.

Dois-je me désinscrire de la Sécurité sociale française ?

Non : l'affiliation suit l'emploi. Signalez votre départ à votre caisse (CPAM) pour clore vos droits et éviter des remboursements indus ; votre numéro de sécurité sociale français reste le vôtre à vie.

Mon employeur me propose des « recibos verdes » : est-ce normal ?

C'est courant et souvent illégal : si vous avez des horaires, un lieu et un supérieur, vous êtes salarié et l'ACT (inspection du travail) peut requalifier. En indépendant, vous n'avez ni congés payés, ni 14 mois, ni préavis, et vous payez seul vos cotisations (21,4 %).

Sources officielles et références

  1. Lei n.º 37/2006 — droit de séjour des citoyens de l'UE (artigos 7.º et 14.º : trois mois libres, puis certificat de registo à la mairie) — consulté le 18.9.2026
  2. gov.pt — Pedir o Número de Identificação da Segurança Social (NISS) ; Segurança Social — inscription des travailleurs par l'employeur — consulté le 18.9.2026
  3. Código do Trabalho (Lei n.º 7/2009) — artigos 112.º, 203.º, 238.º, 263.º, 264.º, 400.º — consulté le 18.9.2026
  4. Règlement (CE) n.º 883/2004 — coordination des systèmes de sécurité sociale (totalisation des périodes, documents U1/U2, S1, A1) — consulté le 18.9.2026
  5. France Travail — Je pars chercher un emploi en Europe (document U2) — consulté le 18.9.2026
  6. DGERT — RMMG 2026 (920 €) ; Portal das Finanças — tables de retenue à la source 2026 — consulté le 18.9.2026
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