Les repères
- 920 € par mois La référence des consulats pour une personne seule : le salaire minimum portugais 2026 (la Portaria le retient net de cotisations, soit 818,80 €), majoré de 50 % pour le conjoint et de 30 % par enfant, à prouver pour douze mois au moins.
- 110 € et 60 jours Les frais de dossier au consulat et le délai légal de décision ; le visa accordé vaut deux entrées et quatre mois, le temps de demander le titre de séjour à l'AIMA.
- 2 ans, puis 3 La durée du premier titre de séjour, renouvelable par périodes de trois ans ; permanent après cinq ans avec un portugais de base ; nationalité possible après dix ans de résidence légale.
- 6 mois L'absence continue du Portugal qui peut faire annuler le titre (ou huit mois cumulés sur sa validité) : le D7 suppose d'y vivre vraiment.
- 247 € Les frais de l'AIMA pour le premier titre (133 € d'analyse + 114,30 € de concession), 186 € en déposant en ligne ; le renouvellement coûte le même montant.
À qui s’adresse le D7
Le portail des visas du ministère des Affaires étrangères range le D7 dans la catégorie « fixação de residência de reformados, religiosos e pessoas que vivam de rendimentos próprios ». Deux profils y trouvent leur place :
- les retraités (reformados), qui prouvent le montant de leur pension et sa disponibilité au Portugal ;
- les personnes vivant de revenus propres (rendimentos próprios) : loyers, propriété intellectuelle, placements financiers, à prouver dans leur existence, leur montant et leur disponibilité au Portugal.
Il ne concerne pas les citoyens de l’UE, de l’EEE ni les Suisses, dispensés de visa (s’installer en citoyen de l’UE). Il s’adresse donc, parmi les lecteurs francophones, aux Britanniques, Canadiens, Québécois, binationaux non européens, ou au conjoint non européen d’un Français, à qui le regroupement offre parfois une voie plus simple (le regroupement familial). Ceux qui travaillent à distance pour un employeur étranger relèvent du D8 (le visa D8), les créateurs d’entreprise du D2 (le visa D2).
Le montant à justifier
La loi ne fixe pas de chiffre propre au D7 : elle renvoie aux moyens de subsistance de la Portaria n.º 1563/2007, définis comme des ressources « stables et régulières » suffisantes pour l’alimentation, le logement, la santé et l’hygiène, calculées sur le salaire minimum (920 € en 2026) et pondérées par personne du foyer :
| Foyer | Calcul | Par mois |
|---|---|---|
| Une personne | 100 % | 920 € |
| Couple | 100 % + 50 % | 1 380 € |
| Couple + 1 enfant | + 30 % | 1 656 € |
| Couple + 2 enfants | + 30 % | 1 932 € |
Deux précisions de texte. La Portaria retient le salaire minimum net de cotisations sociales (818,80 € en 2026), ce qui abaisse légèrement les seuils ; en pratique les consulats raisonnent sur le brut, et il est prudent de faire de même. Et pour un visa de résidence, les moyens doivent être assurés pour douze mois au moins : une personne seule justifie donc d’environ 11 000 € de ressources sur l’année à venir, un couple de 16 500 €. Les consulats apprécient la stabilité : une pension mensuelle vaut mieux qu’un capital ; des revenus nettement supérieurs au minimum facilitent l’accord, et une décision négative se conteste (recours administratif à 75 €). Beaucoup de demandeurs présentent en outre un compte bancaire portugais approvisionné d’un an de ressources : ce n’est pas une exigence écrite, mais une pratique répandue qui répond à la condition de « disponibilité au Portugal » (ouvrir un compte bancaire, le NIF).
Le dossier, pièce par pièce
La liste officielle du ministère, commune à tous les visas de résidence :
- le formulaire de demande, rempli et signé ;
- deux photos d’identité récentes ;
- le passeport valable trois mois au-delà du séjour prévu, et la copie de sa page d’identité ;
- une assurance voyage couvrant les frais médicaux, l’assistance d’urgence et le rapatriement (la couverture pour toute la période jusqu’au titre de séjour évite les discussions) ;
- le certificat de casier judiciaire du pays d’origine, ou du pays où l’on réside depuis plus d’un an, avec apostille de La Haye ; les moins de 16 ans en sont dispensés (où l’obtenir et où l’apostiller : casier judiciaire, apostille, attestation de résidence) ;
- la preuve des moyens de subsistance au sens de la Portaria.
Puis les pièces propres au D7 : pour un retraité, le document fixant le montant de la pension (notification de la caisse, relevés) et la preuve de sa perception ou de la disponibilité d’autres revenus au Portugal ; pour les revenus propres, les justificatifs des revenus (baux et relevés de loyers, contrats, relevés de placements) et la preuve de leur disponibilité au Portugal. Selon les consulats s’y ajoutent un justificatif de logement (bail, promesse de vente, attestation d’hébergement), le NIF portugais et une lettre de motivation expliquant le projet ; mieux vaut les préparer d’office. Les documents français se traduisent en portugais ou en anglais quand le consulat le demande (traduction certifiée).
Frais : 110 € par demande (gratuit jusqu'à 6 ans). Délai de décision : 60 jours. Le visa accordé vaut deux entrées et quatre mois, pendant lesquels vous demandez à l'AIMA le titre de séjour ; avec le visa est délivrée une pré-autorisation de résidence qui attribue déjà, à titre provisoire, le NIF, le NISS et le numéro d'utilisateur du SNS.
Après l’arrivée : l’AIMA et le titre de séjour
- Rendez-vous AIMA dans les quatre mois du visa (il est souvent pris par le consulat au moment de la délivrance) : dépôt de la demande d’autorisation de résidence, empreintes, photo. Frais : 133 € d’analyse et 114,30 € de concession, ramenés à 99,80 et 85,80 € pour un dépôt par le canal numérique.
- Le titre est valable deux ans à compter de son émission (article 75.º de la loi sur les étrangers), puis se renouvelle par périodes de trois ans.
- NIF, NISS et numéro SNS deviennent définitifs ; inscription au centre de santé et choix entre le public et une assurance privée (les trois numéros, le système de santé).
- Fiscalité : résident fiscal après 183 jours ; les pensions françaises sont imposées au Portugal selon la convention, sauf les pensions publiques, et le RNH n’existe plus pour les nouveaux arrivants (la convention France–Portugal, prendre sa retraite au Portugal).
Renouveler, rester, devenir permanent
Le renouvellement se demande jusqu’à 30 jours avant l’expiration, et n’est accordé qu’à qui dispose toujours de moyens de subsistance et d’un logement, a rempli ses obligations fiscales et sociales, et n’a pas été condamné à plus d’un an de prison ; le reçu de la demande vaut titre de séjour pendant 60 jours renouvelables, le temps que l’AIMA traite le dossier (article 78.º, modifié en septembre 2026). Le titre temporaire peut être annulé si l’on s’absente du Portugal six mois consécutifs ou huit mois cumulés sur sa durée de validité, sauf motif justifié déposé à l’AIMA avant le départ ; c’est la règle qui distingue le D7 d’une simple résidence secondaire (article 85.º). Après cinq ans de titre temporaire, avec des moyens, un logement et un portugais de base, on obtient la résidence permanente, sans limite de validité (article 80.º) ; après dix ans de résidence légale, la naturalisation devient possible, avec test de langue (apprendre le portugais, la naturalisation par résidence).
Faire venir sa famille
Le conjoint et les enfants peuvent demander en même temps que le demandeur un visa de résidence d’accompagnement (acompanhamento de requerente de visto de residência), sur preuve des liens familiaux et de ressources suffisantes pour tous, calculées selon la même Portaria pour douze mois ; une fois le titre obtenu, le regroupement familial passe par l’AIMA (le regroupement familial). Les enfants scolarisés entrent dans le système public ou dans une école française (écoles et système scolaire).
Les erreurs qui coûtent un refus
- Des revenus irréguliers : un capital sur un compte, des ventes ponctuelles ou des revenus non documentés ne sont pas « stables et réguliers » ; il faut des flux mensuels prouvés, pension ou loyers.
- Un casier judiciaire sans apostille, ou trop ancien : demandez-le juste avant de déposer le dossier.
- Une assurance courte : le visa couvre quatre mois, mais le titre arrive plus tard ; une couverture jusqu’à l’inscription au SNS évite le trou.
- Pas de logement : le ministère ne l’exige pas dans sa liste, les consulats presque toujours ; une location à l’année ou un compromis de vente règle la question (louer un logement).
- Confondre D7 et D8 : un revenu de télétravail est un revenu d’activité, pas un revenu passif ; le D8 exige quatre fois le salaire minimum, mais c’est le bon visa.
Questions fréquentes
Puis-je travailler avec un D7 ?
Le visa lui-même repose sur des revenus passifs, et une activité professionnelle relève d'un autre visa (D1, D2, D8). Mais une fois le titre de séjour obtenu, l'article 83.º de la loi sur les étrangers donne à tout résident le droit d'exercer une activité salariée ou indépendante sans autorisation spéciale ; le renouvellement du D7, lui, reste conditionné aux revenus passifs, et un changement de fondement peut être demandé à l'AIMA.
Quel revenu minimum pour un couple de retraités ?
1 380 € par mois en 2026 sur la base du salaire minimum brut (920 € + 50 %), soit 16 560 € pour les douze mois exigés ; 1 228 € en retenant, comme la Portaria, le minimum net de cotisations. Deux pensions françaises moyennes passent largement ; le consulat veut les voir versées régulièrement et disponibles au Portugal.
Combien coûte un D7 en tout ?
110 € de frais consulaires par personne, puis 247,30 € à l'AIMA pour le premier titre (185,60 € en ligne), plus les apostilles, traductions et l'assurance ; le renouvellement au bout de deux ans coûte à nouveau 247,30 €. Comptez aussi le NIF et l'ouverture du compte, gratuits ou presque.
Le D7 mène-t-il à la nationalité ?
Oui, comme tout titre de résidence légale : sept ans pour les citoyens de l'UE et des pays lusophones, dix ans pour les autres (loi organique n.º 1/2026), avec test de langue et de culture, à condition d'avoir résidé de façon continue, la règle des six mois d'absence faisant foi.
Le loyer de mon appartement en France compte-t-il ?
Oui : les revenus immobiliers font partie des « rendimentos próprios » listés par le ministère, à prouver par le bail, les relevés bancaires et l'avis d'imposition, et par leur disponibilité au Portugal (virement sur un compte portugais, par exemple).
Combien de temps dure le premier titre de séjour ?
Deux ans à compter de l'émission, puis des renouvellements de trois ans (article 75.º de la Lei 23/2007, rédaction de 2025). Le renouvellement se demande jusqu'à 30 jours avant l'échéance ; le reçu vaut titre pendant 60 jours renouvelables.
Sources officielles et références
- Portal Diplomático (MNE) — Vistos nacionais, documentação instrutória, Residência : documentation générale (formulaire, deux photos, passeport valable 3 mois au-delà du séjour, assurance voyage couvrant frais médicaux et rapatriement, casier judiciaire du pays d'origine ou de résidence depuis plus d'un an avec apostille, preuve des moyens de subsistance) ; « fixação de residência de reformados, religiosos e pessoas que vivam de rendimentos » : retraités (document prouvant le montant de la pension et la garantie de sa perception ou la disponibilité d'autres revenus au Portugal), personnes vivant de revenus propres (revenus de biens mobiliers ou immobiliers, de propriété intellectuelle ou de placements, et leur disponibilité au Portugal) ; visa d'accompagnement pour la famille (liens familiaux, ressources pour 12 mois au plus) — consulté le 18.9.2026
- Portal Diplomático (MNE) — Informação geral : le visa pour obtenir une autorisation de résidence est valable pour deux entrées et quatre mois, pendant lesquels le titulaire demande à l'AIMA un titre de résidence ; Emolumentos : 110 € par demande de visa national, exemption pour les enfants jusqu'à 6 ans et les descendants en regroupement familial ; Prazos : décision en 60 jours pour un visa de résidence — consulté le 18.9.2026
- Portaria n.º 1563/2007, de 11 de dezembro — meios de subsistência (PDF) : ressources stables et régulières suffisantes pour l'alimentation, le logement, la santé et l'hygiène ; référence = retribuição mínima mensal garantida nette de cotisations de Sécurité sociale, pondérée par personne : premier adulte 100 %, autres adultes 50 %, enfants de moins de 18 ans et enfants majeurs à charge 30 % ; pour un visa de résidence, moyens assurés pour 12 mois au moins (retraité : preuve du revenu et de sa perception ou disponibilité au Portugal ; revenus de biens, propriété intellectuelle, placements : preuve de leur existence, montant et disponibilité) ; résidence permanente : 12 mois ; actualisation automatique avec la RMMG — consulté le 18.9.2026
- DGERT — Retribuição mínima mensal garantida para 2026 : 920 € (Decreto-Lei n.º 139/2025) — consulté le 18.9.2026
- Lei n.º 23/2007, de 4 de julho (PGDL, texte consolidé) — artigo 58.º : le visa de résidence vaut deux entrées et quatre mois, décision en 60 jours, peut couvrir la famille accompagnante, et donne lieu à une pré-autorisation de résidence avec attribution provisoire du NIF, du NISS et du numéro SNS (Lei 18/2022) ; artigo 75.º : autorisation de résidence temporaire valable deux ans, renouvelable par périodes de trois ans (Lei 61/2025) ; artigo 76.º : la permanente n'a pas de limite, titre renouvelé tous les cinq ans — consulté le 18.9.2026
- Lei n.º 23/2007 — artigo 78.º (rédaction de la Lei 62/2026, de 10 de setembro) : renouvellement à demander jusqu'à 30 jours avant l'expiration, sous condition de moyens de subsistance, de logement, d'obligations fiscales et sociales remplies et d'absence de condamnation à plus d'un an de prison ; le reçu de la demande vaut titre pendant 60 jours renouvelables ; artigo 80.º : résidence permanente après cinq ans de titre temporaire, avec moyens, logement et connaissance du portugais de base ; artigo 85.º : la résidence temporaire peut être annulée après six mois d'absence consécutifs ou huit mois cumulés sur la validité du titre (24 mois ou 30 mois sur trois ans pour la permanente), sauf justification déposée à l'AIMA avant le départ — consulté le 18.9.2026
- Lei n.º 23/2007 — artigo 83.º : le titulaire d'une autorisation de résidence a droit, sans autorisation spéciale, à l'exercice d'une activité salariée ou indépendante, à l'éducation, à la santé et à la justice — consulté le 18.9.2026
- AIMA — Tabela de taxas (Portaria n.º 307/2023) : réception et analyse d'une demande d'autorisation de résidence 133,00 €, concession ou renouvellement d'une AR temporaire (art. 75.º) 114,30 €, concession d'une AR permanente 351,10 €, renouvellement de la permanente 61,90 € ; réduction de 25 % pour les demandes déposées par le canal numérique (99,80 € et 85,80 €), de 10 % en accueil présentiel assisté — consulté le 18.9.2026