Les repères
- 2 ans De titre de séjour valide avant de pouvoir demander le regroupement de son conjoint ou de ses parents (loi 61/2025) ; 15 mois si le couple a vécu ensemble au moins 18 mois avant le départ ; aucun délai pour les enfants mineurs, ni pour le conjoint parent d'un enfant mineur.
- 9 mois Le délai légal de décision de l'AIMA, prorogeable d'autant pour un dossier complexe ; puis 90 jours pour que la famille demande le visa au consulat, faute de quoi la décision tombe.
- 0 délai Avec le visa d'accompagnement : la famille demande son visa en même temps que le demandeur principal (D7, D8, D2, D1) et arrive avec lui, sur preuve des liens et de ressources pour douze mois.
- Cours de portugais Les familiers regroupés doivent suivre une formation en langue portugaise et aux principes constitutionnels ; le renouvellement du titre en dépend, comme de l'absence de recours aux aides sociales.
- Même durée Le titre du membre de famille suit celui du résident ; il devient autonome après deux ans, tout de suite pour un conjoint marié depuis plus de cinq ans ou avec des enfants mineurs au Portugal.
Qui est « membre de la famille »
La liste de l’article 99.º de la loi sur les étrangers, reprise par le ministère des Affaires étrangères pour le regroupement comme pour le visa d’accompagnement :
- le conjoint, le mariage devant être valide et reconnu par la loi portugaise, les deux époux ayant au moins 18 ans ;
- les enfants mineurs ou incapables à charge du couple ou de l’un des conjoints, y compris les enfants adoptés par décision reconnue au Portugal ;
- les enfants majeurs célibataires à charge qui étudient dans un établissement au Portugal ;
- les parents (ascendants au premier degré) du résident ou de son conjoint, à leur charge ;
- les frères et sœurs mineurs sous la tutelle du résident, par décision reconnue au Portugal ;
- le partenaire en union de fait prouvée selon la loi, et ses enfants mineurs qui lui sont confiés (article 100.º).
Le regroupement d’un enfant mineur d’un seul des conjoints exige l’accord de l’autre parent ou une décision de justice le confiant au demandeur. Un étudiant, un stagiaire ou un volontaire ne peut regrouper que son conjoint et ses enfants mineurs.
Voie 1 : le visa d’accompagnement, en même temps que le demandeur principal
Quand le demandeur principal sollicite son visa de résidence (D7, D8, D2, D1…), sa famille peut demander au même moment un « visto de residência para acompanhamento de requerente de visto de residência ». Conditions : la preuve du lien familial (actes d’état civil apostillés) et des « recursos estáveis e regulares, suficientes para as necessidades » de toute la famille pendant douze mois ou la durée du séjour. Le calcul suit la Portaria 1563/2007 : le salaire minimum pour le demandeur, + 50 % par adulte supplémentaire, + 30 % par enfant (le visa D7, le hub Visas). C’est la voie la plus rapide et la plus simple : une seule instruction, une seule arrivée, aucun délai d’attente, et elle échappe aux conditions de la loi 61/2025 propres au regroupement.
Voie 2 : le regroupement familial, quand le résident est déjà installé
Le titulaire d’un titre de séjour dépose la demande auprès de l’AIMA ; c’est elle qui décide. Depuis la loi 61/2025 du 22 octobre 2025, le droit s’ouvre après deux ans de titre de séjour valide, ramenés à 15 mois pour le conjoint (ou partenaire) qui a cohabité avec le résident pendant au moins 18 mois avant son entrée au Portugal ; le délai ne s’applique pas aux mineurs ou incapables à charge, au conjoint qui est parent d’un enfant mineur à charge avec le résident, ni aux familles des investisseurs (ARI). Le ministre chargé des migrations peut le réduire dans des cas exceptionnels, au vu de la solidité des liens et de l’intégration. La demande, déposée par le résident, contient les preuves des liens familiaux ou de l’union de fait, celles des conditions exigées et les copies des passeports de la famille ; frais AIMA : 133 € d’analyse et 114,30 € pour le titre, −25 % par le canal numérique.
Les conditions de l’article 101.º : un logement propre ou loué, « normal pour une famille comparable dans la même région », salubre et sûr ; des moyens de subsistance suffisants pour toute la famille sans recours aux aides sociales. La décision doit intervenir dans neuf mois, prorogeables d’autant si le dossier est complexe. La famille restée à l’étranger reçoit alors la notificação de deferimento et demande le visa au consulat dans les 90 jours, sans quoi la décision devient caduque ; pièces au consulat : la notification, la preuve d’identité et, pour un mineur, l’autorisation de voyage. Le conjoint et les ascendants paient les 110 € du visa, les enfants en sont dispensés.
Deux délais à surveiller : les deux ans (ou 15 mois) de titre de séjour avant de déposer, et les 90 jours entre la décision de l'AIMA et la demande de visa. Un couple qui se marie pendant le séjour n'a pas à attendre si un enfant mineur est né ; sinon, le conjoint attend, ou le couple envisage le visa d'accompagnement lors d'une nouvelle demande.
Une fois arrivés : titre, intégration, autonomie
Chaque membre obtient un titre de séjour de même durée que celui du résident (deux ans pour un premier titre, puis trois ans), avec NIF, NISS et numéro de santé (les trois numéros). La loi 61/2025 ajoute des mesures d’intégration : formation en langue portugaise et aux principes et valeurs constitutionnels pour les adultes, scolarité obligatoire pour les mineurs ; le renouvellement du titre dépend de leur respect, de la connaissance de la langue, et de l’absence de recours aux aides sociales, sauf motif non imputable à la famille (apprendre le portugais, écoles et système scolaire). Le conjoint regroupé peut travailler, comme tout titulaire d’une autorisation de résidence (article 83.º : activité salariée ou indépendante, sans autorisation spéciale).
Après deux ans, si les liens subsistent, le titre devient autonome, de même durée que celui du résident ; il l’est immédiatement pour un conjoint marié ou en union de fait depuis plus de cinq ans, et dès qu’il y a des enfants mineurs résidant au Portugal ; en cas de divorce, de veuvage, de violence domestique ou de majorité, l’AIMA peut accorder un titre autonome avant ce terme. Un mariage, une union ou une adoption « de convenance », conclus dans le seul but d’entrer ou de résider, entraînent l’annulation du titre, après audition de l’intéressé et recours possible devant le tribunal administratif.
Famille d’un citoyen de l’UE : un autre régime
Le conjoint, les enfants et les ascendants à charge d’un citoyen de l’UE (Français, Belge…) ne relèvent pas du regroupement familial de la loi des étrangers mais de la loi 37/2006 : ils sont dispensés de visa de résidence et demandent à l’AIMA un cartão de residência de familiar de cidadão da União Europeia, sur preuve du lien de famille et de la résidence du citoyen européen, sans délai d’attente ni condition de langue (s’installer en citoyen de l’UE). C’est la situation d’un Français dont le conjoint est marocain, brésilien ou sénégalais : la carte de membre de famille, pas un visa D.
Les pièces qui font gagner du temps
- Actes d’état civil récents et apostillés (mariage, naissance), traduits si le consulat ou l’AIMA le demande (traduction certifiée) ;
- Preuve de logement adapté à la taille de la famille : bail enregistré ou titre de propriété (louer un logement) ;
- Ressources sur douze mois : contrat, bulletins, relevés, pension, sans prestations sociales ;
- Assurance santé couvrant chaque membre jusqu’à l’inscription au SNS (le système de santé) ;
- Pour une union de fait : preuve de vie commune (bail commun, comptes, attestations), à défaut d’acte de mariage.
Questions fréquentes
Mon conjoint est portugais : regroupement familial ?
Non : vous relevez du régime de la famille d'un citoyen de l'UE (loi 37/2006) : carte de résidence de membre de famille, sans visa D ni délai d'attente. Et après trois ans de mariage, la nationalité par mariage.
Combien de temps prend une décision de l'AIMA ?
La loi fixe désormais neuf mois, prorogeables de neuf mois pour un dossier complexe (article 105.º, rédaction de la loi 61/2025) ; l'ancien délai de trois mois n'existe plus. Déposez un dossier complet et suivez-le en ligne.
Je viens d'arriver avec un D7 : quand puis-je faire venir ma femme ?
Si elle n'est pas venue avec vous par le visa d'accompagnement : après deux ans de titre de séjour, ou 15 mois si vous avez vécu ensemble au moins 18 mois avant votre départ ; tout de suite si vous avez ensemble un enfant mineur à charge. Le plus simple reste de demander les visas en même temps, dès le départ.
Mes parents peuvent-ils me rejoindre ?
Oui s'ils sont à votre charge (ou à celle de votre conjoint), après les deux ans de titre de séjour, avec un logement suffisant et des ressources couvrant tout le monde sans aides sociales ; ils paient les 110 € du visa, à la différence des enfants.
Les enfants regroupés doivent-ils apprendre le portugais ?
Les mineurs doivent suivre la scolarité obligatoire, en portugais donc ; les adultes regroupés doivent suivre une formation en langue portugaise et aux principes constitutionnels, dont le renouvellement du titre dépend.
Sources officielles et références
- Portal Diplomático (MNE) — Reagrupamento familiar (informação geral) : le résident titulaire d'une autorisation valide demande d'abord à l'AIMA le deferimento du regroupement, puis la famille demande le visa de résidence ; membres de la famille (conjoint, enfants mineurs ou incapables à charge, mineurs adoptés, enfants majeurs célibataires étudiant au Portugal, ascendants au 1ᵉʳ degré à charge, frères et sœurs mineurs sous tutelle, partenaire en union de fait prouvée) ; emolumentos : seuls le conjoint et les ascendants paient les frais de visa, les descendants en sont exemptés — consulté le 18.9.2026
- Portal Diplomático (MNE) — Documentação instrutória, Residência : visa de résidence pour regroupement familial, réservé aux familiers d'un étranger résidant légalement après autorisation de l'AIMA (notification de deferimento, demande de visa dans les 90 jours sous peine de caducité) ; visa de résidence d'accompagnement du demandeur d'un visa de résidence (liens familiaux, ressources stables et régulières pour le séjour ou 12 mois selon la Portaria 1563/2007), liste des membres de la famille — consulté le 18.9.2026
- Lei n.º 23/2007 (PGDL, texte consolidé) — artigo 98.º (rédaction de la Lei n.º 61/2025, de 22 de outubro) : droit au regroupement pour le titulaire d'une autorisation de résidence valide depuis au moins deux ans, 15 mois pour le conjoint ayant cohabité 18 mois avant l'entrée, sans délai pour les mineurs ou incapables à charge, le conjoint parent d'un mineur et les familles des titulaires ARI (art. 90.º, 90.º-A, 121.º-A) ; artigo 99.º : membres de la famille, mariage ou union de fait valides et reconnus, 18 ans minimum ; artigo 100.º : union de fait ; artigo 101.º : logement normal pour une famille comparable, moyens de subsistance sans recours aux aides sociales, mesures d'intégration (formation en langue portugaise et aux principes constitutionnels, scolarité obligatoire des mineurs), renouvellement conditionné à leur respect — consulté le 18.9.2026
- Lei n.º 23/2007 — artigo 103.º : demande à l'AIMA par le titulaire du droit, avec preuves des liens familiaux, des conditions et copies des documents de voyage ; artigo 105.º (Lei 61/2025) : décision dans un délai de neuf mois, prorogeable d'autant en cas de complexité ; artigo 64.º : visa de résidence pour regroupement délivré après le deferimento de l'AIMA ; artigo 107.º : autorisation de résidence de durée identique à celle du résident, autonome après deux ans (ou immédiatement pour un conjoint marié depuis plus de cinq ans, ou en présence d'enfants mineurs résidant au Portugal ; cas exceptionnels de divorce, veuvage, violence domestique) ; artigo 108.º : annulation en cas de mariage, union ou adoption de convenance — consulté le 18.9.2026
- Lei n.º 23/2007 — artigo 83.º : le titulaire d'une autorisation de résidence a droit, sans autorisation spéciale, à l'éducation, à l'exercice d'une activité salariée ou indépendante, à la santé et à la justice — consulté le 18.9.2026
- AIMA — Tabela de taxas (Portaria n.º 307/2023) : réception et analyse d'une demande d'autorisation de résidence pour regroupement familial 133,00 €, concession de l'AR temporaire 114,30 €, −25 % par le canal numérique — consulté le 18.9.2026
- Lei n.º 37/2006 — famille des citoyens de l'UE (cartão de residência de familiar de cidadão da União) — consulté le 18.9.2026