Lithium. Zero rejette « chèque en blanc » du gouvernement pour la mine de Barroso

Lithium. Zero rejette "chèque en blanc" du gouvernement pour la mine de Barroso

Boticas, Vila Real, 13 jan 2026 – L’association écologiste Zero a exprimé aujourd’hui sa « totale indignation et son rejet » concernant l’octroi de jusqu’à 110 millions d’euros de l’AICEP, représentant l’État, à Savannah, exigeant la suspension immédiate de ce soutien.

« ZERO – Associação Sistema Terrestre Sustentável manifeste sa totale indignation et son rejet face à la récente décision du gouvernement d’accorder un soutien financier de jusqu’à 110 millions d’euros à Savannah pour le projet de lithium à Boticas », peut-on lire dans un communiqué envoyé à la presse.

La société Savannah a annoncé lundi l’obtention d’un soutien financier de jusqu’à 110 millions d’euros par l’Agência para o Investimento e Comércio Externo de Portugal (AICEP), représentant l’État, pour la mine de lithium du Barroso.

Ce soutien a été accordé dans le cadre du Programme de stimulation des investissements dans les secteurs stratégiques de l’État et s’inscrit dans le Régime contractuel d’investissement (RCI), approuvé par le Décret-loi n.º 191/2014, du 31 décembre, et par l’article 1.º du règlement n.º 306-A/2024/1, du 27 novembre.

Ce montant non remboursable est divisé en deux parties : 75% de celui-ci (82,2 millions d’euros) est destiné aux dépenses en capital initiales de développement du projet; les 25% restants (27,4 millions d’euros) sont liés à des paramètres de performance pendant la phase opérationnelle.

Pour l’association écologiste, cet octroi « confirme que l’absence d’une législation adéquate et d’une stratégie industrielle verte a rendu le Portugal vulnérable à l’utilisation de tactiques entrepreneuriales prédatrices ».

« Il est inacceptable que les fonds publics soient utilisés pour subventionner une activité marquée par un manque de transparence, comme démontré par la conclusion peu claire de contrats de concession qui ont ajouté plus de mille hectares à la zone d’exploitation du Barroso, alimentant la spéculation sur les ressources nationales », a souligné Zero.

En avançant avec ce qu’elle appelle un « chèque en blanc » à Savannah, l’association estime que le gouvernement ignore « délibérément l’absence de licence sociale pour l’industrie minière d’opérer à Trás-os-Montes, en négligeant la profonde aversion que ces projets génèrent chez les populations locales ».

« Le passif environnemental qui résultera de ces explorations menace de rendre impossible le potentiel des territoires en tant que support d’une vie digne pour ceux qui y habitent, prouvant que ce n’est pas la transition juste dont le pays a besoin », a-t-elle alerté.

L’association réaffirme également que le projet est « principalement destiné à alimenter l’industrie allemande, avec des accords préliminaires de 2024 garantissant l’exportation de la matière première stratégique, plaçant ainsi le contribuable portugais dans une position d’insoutenabilité absolue ».

« Cette logique prédatrice privilégie l’exportation brute au détriment de la création de valeur sur le territoire national, montrant clairement que ceux qui profitent de cette affaire sont les multinationales et les centres industriels du nord de l’Europe, tandis que le Portugal sacrifie son patrimoine naturel et la qualité de vie de ses citoyens. Et paye encore pour être exploité », a-t-elle défendu.

En conséquence, Zero « exige la suspension immédiate de ce soutien et une réévaluation approfondie de la politique minière nationale qui mette l’intérêt public et la sauvegarde environnementale au-dessus des intérêts des groupes privés ».

La mine de lithium, proposée par Savannah pour Covas do Barroso, à Boticas, dans le district de Vila Real, a obtenu une Déclaration d’Impact Environnemental (DIA) favorable et conditionnée en 2023, et l’entreprise prévoit de commencer les travaux en 2026 et la production en 2028.