« Hier [mercredi] a été une journée assez extraordinaire et, avec ce type de mouvement, il n’est pas vraiment surprenant que le marché perde certains de ses gains », a déclaré à l’agence France-Presse (AFP) Tom Cahill, analyste chez Ventura Wealth Management.
Le marché boursier américain a récupéré mercredi après que le président Donald Trump a annoncé une pause de 90 jours sur certaines tarifs.
Mais aujourd’hui, le marché nord-américain a subi un nouveau revirement après que la Maison-Blanche a précisé les surtaxes, cette fois visant les produits chinois.
Les États-Unis prévoient désormais d’augmenter leurs tarifs contre la Chine à 145 %, y compris des tarifs supplémentaires de 20 %. La Chine est accusée d’accueillir des usines sur son territoire qui jouent un rôle dans la production de fentanyl, un opioïde causant une grave crise sanitaire aux États-Unis.
Après ces annonces, le Nasdaq a chuté de plus de 7 % et le S&P 500 a baissé de 6 %, avant de limiter légèrement ses pertes.
Les investisseurs restent particulièrement nerveux quant à l’issue de la guerre commerciale lancée par le président américain.
En guise de preuve, l’indice de volatilité Vix, surnommé l’indice de la peur, a bondi de plus de 50 % durant la séance, avant de reprendre son souffle.
« Le fait que tout puisse changer en un instant avec quelque chose d’aussi simple qu’un tweet ou une annonce de l’administration… était totalement inattendu », a souligné Cahill.
En termes d’indicateurs, « la bonne nouvelle du jour est que l’inflation est inférieure aux prévisions », a observé l’analyste.
Selon l’indice CPI publié avant l’ouverture de Wall Street, les prix aux États-Unis ont légèrement baissé en mars, défiant les attentes du marché, principalement en raison de la forte baisse des prix du pétrole.
Un autre indicateur publié en début de journée, les nouvelles demandes hebdomadaires d’allocations chômage, a montré une légère augmentation par rapport à la semaine précédente (+4.000), en ligne avec les attentes.
Sur le marché obligataire, le rendement des obligations d’État américaines à dix ans est monté à 4,41 %, contre 4,33 % à la clôture de la veille. Dans la nuit de mardi à mercredi, il avait grimpé à 4,51 %.
Donald Trump a reconnu mercredi qu’il surveillait le déclin du marché de la dette américaine avant de décider de faire une pause.
Dans d’autres secteurs, la société sidérurgique U.S. Steel a chuté de 9,46 % après que les commentaires de Donald Trump ont semblé réaffirmer sa réticence à autoriser le Japonais Nippon Steel à acquérir U.S. Steel, après avoir rouvert les portes à l’accord lundi dernier.