Vin? Le ministre salue les mesures, mais récolter des raisins non mûrs est « un dernier recours ».

Vin? Le ministre salue les mesures, mais récolter des raisins non mûrs est « un dernier recours ».

La Commission européenne sollicite des États membres qu’ils prennent des décisions concernant les mesures pour combattre l’excès de production de vin, notamment au Portugal, tout en offrant une flexibilité dans la plantation, parmi les mesures proposées aujourd’hui pour aider le secteur.

 

« Ce sont des mesures qui vont dans la bonne direction, et que nous demandons dans les diverses réunions des Conseils des ministres de l’Agriculture de l’Union européenne. Bon nombre de ces mesures ont déjà été anticipées par nous », a affirmé le ministre de l’Agriculture et des Pêches, José Manuel Fernandes, dans des déclarations à Lusa.

Le ministre considère que la promotion des vins portugais est « absolument essentielle », notamment sur les marchés hors de l’Union européenne.

Le responsable de l’Agriculture a souligné que, pour la première fois, des fonds du IVV — Institut de la Vigne et du Vin et de l’IVDP — Institut des Vins du Douro et de Porto ont été débloqués, qualifiant de « stupide » leur rétention à un moment où le pays avait le plus besoin de promotion.

José Manuel Fernandes estime aussi qu’il est important de rendre l’étiquetage plus clair, comme le Portugal l’a déjà fait, afin que le consommateur sache d’où provient ce qu’il boit.

Par ailleurs, il a souligné que la flexibilité des autorisations permettra à ceux qui ont le droit de plantation de bénéficier d’un délai prolongé pour l’investissement.

Toutefois, des mesures telles que l’arrachage de vignes ou la récolte en vert ne seront envisagées qu’en dernier recours.

La récolte en vert signifie que les producteurs sont payés pour cueillir les raisins avant qu’ils ne soient prêts à être transformés en vin, autrement dit, le fruit est jeté.

« L’arrachage de la vigne ou la récolte en vert sont des mesures que nous ne voulons pas utiliser. Nous voulons que nos vins soient connus et savourés », a-t-il insisté, ajoutant que le marché de l’Union européenne, avec ses 450 millions de personnes, doit être exploité.

L’ancien député européen a précisé que ce paquet de mesures, s’il est approuvé, ne résoudra pas le problème structurel du secteur viticole, avertissant qu’un renforcement budgétaire est également nécessaire.

En ce qui concerne les actions de surveillance des opérateurs du secteur du vin, José Manuel Fernandes a souligné le caractère dissuasif de cette mesure.

« Nous ne voulons pas effectuer de grandes saisies, mais éviter qu’elles aient lieu. Cette prévention a clairement fonctionné », a-t-il déclaré.

Parmi les propositions avancées, la Commission souhaite que les États membres aient le pouvoir de prendre des mesures, comme l’arrachage (retrait de vignes indésirables ou en excès) et la récolte en vert (retrait des raisins non mûrs avant la vendange), afin d’éviter les excédents de production, de stabiliser le marché et de protéger les producteurs des pressions financières.

Par ailleurs, Bruxelles propose une flexibilité en matière de plantation, notamment en ce qui concerne le régime des autorisations de replantation, nécessitant l’approbation des colégislateurs — Conseil de l’UE et Parlement européen — avant d’entrer en vigueur.

En ce qui concerne la recherche de nouveaux marchés, la durée des campagnes promotionnelles financées par l’UE pour la consolidation du marché dans les pays tiers sera prolongée de trois à cinq ans, afin de garantir une meilleure promotion des vins européens.

Le secteur du vin bénéficiera également d’un soutien accru dans le cadre des changements climatiques, permettant aux 27 d’augmenter l’assistance financière maximale de l’UE jusqu’à 80% des coûts d’investissement éligibles pour les investissements destinés à l’atténuation et à l’adaptation aux changements climatiques.