« La monnaie électronique numérique s’est révélée être le moteur de la dynamisation de l’inclusion financière au Mozambique. Dans ce contexte, le pays a désormais 100 % de sa population adulte possédant un compte de monnaie électronique, observant l’augmentation de la population adulte avec des comptes dans les Institutions de Monnaie Électronique de 28,6 % en 2015 à 109,8 % au premier trimestre de 2025 », a déclaré aujourd’hui la ministre des Finances, Carla Loveira.
La ministre a fait cette déclaration à Maputo lors du lancement de la Stratégie Nationale d’Inclusion Financière 2025-2031, où elle a salué la contribution des portefeuilles numériques à l’inclusion financière. Le Mozambique compte actuellement trois Institutions de Monnaie Électronique parmi les trois opérateurs de télécommunications mobiles, qui fournissent des services financiers par téléphone mobile, y compris les transferts d’argent entre clients ou le paiement de services.
Selon un rapport statistique de la Banque du Mozambique, le nombre de comptes bancaires dans le pays est passé de 5 687 975 à la fin 2023 à 6 221 640 en décembre de l’année dernière, mais ne suit pas l’augmentation des IME, qui a atteint 18,5 % sur la même période, pour atteindre 19 870 700, soit presque trois millions de nouveaux comptes en un an.
Aujourd’hui encore, en dressant le bilan de la Stratégie Nationale d’Inclusion Financière 2016-2022, la ministre a annoncé que pas moins de 128 districts, sur un total de 154, disposent déjà d’une agence bancaire, soit une augmentation de 68 % depuis 2015 jusqu’aux six premiers mois de cette année.
« En ce qui concerne le pourcentage de comptes bancaires par rapport à la population adulte, une évolution modeste a été constatée, passant de 31,1 % en 2015 à environ 32,3 % au premier trimestre de 2025. Cette croissance est bien en dessous de l’objectif fixé dans la dernière stratégie, qui prévoyait d’atteindre 60 % », a indiqué la ministre des Finances.
Les données avancées par la ministre montrent qu’entre 2015 et le premier semestre 2025, l’épargne financière, mesurée par le ratio des dépôts sur le Produit Intérieur Brut, a légèrement augmenté, passant de 47,6 % à 48,8 %, contrairement au ratio d’intermédiation financière, qui a connu une « réduction significative » sur la même période.
« Ce ratio a enregistré une baisse de 19,3 points de pourcentage, passant de 36,4 % en 2015 à 17,1 % au premier trimestre de 2025. Cette dynamique illustre le défi auquel est confrontée la banque pour améliorer sa contribution au financement de l’économie et son impact sur la dynamisation de l’investissement et la croissance de notre économie, malgré les chocs économiques observés », a observé Carla Loveira.
La nouvelle Stratégie Nationale d’Inclusion Financière 2025-2031, fondée sur quatre piliers, vise à élargir l’accès aux produits financiers par la multiplication des points d’accès et des services financiers numériques, y compris la promotion des paiements numériques, l’amélioration de l’accès au crédit, la création d’un climat favorable à l’investissement, l’expansion des assurances et du financement vert.
Dans cette nouvelle stratégie, le gouvernement va promouvoir la littératie financière par le renforcement des capacités des Mozambicains, surtout dans les zones rurales, et renforcer les connaissances sur les droits des consommateurs. L’objectif de la nouvelle stratégie est qu’à l’horizon 2031, au moins 60 % de la population adulte ait un compte bancaire dans une institution formelle et que 30 % de ce groupe ait un prêt dans une institution financière, avec le gouvernement s’engageant à relever des défis pour consolider la stabilité macroéconomique basée sur une faible inflation et une stabilité des taux de change et budgétaire.
Lors du lancement de la stratégie, ont été identifiés comme défis à long terme pour l’économie la réduction des risques associés au financement des Micro, Petites et Moyennes Entreprises qui représentent 98,1 % du total des entreprises actives dans le pays, ou la nécessité de réduire les coûts élevés des services financiers qui restent une « barrière réelle pour les familles à faible revenu et pour les petites entreprises dans l’accès au secteur financier » et d’inclure financièrement le secteur informel.