Tarifs ? Les BRICS unis contre les barrières commerciales agroalimentaires.

« Nous sommes déterminés à éliminer les barrières commerciales qui sont incompatibles avec les règles de l’OMC et à œuvrer pour renforcer un système commercial multilatéral fondé sur des règles, non discriminatoire, ouvert, juste, inclusif, équitable et transparent », indique la déclaration conjointe à la conclusion de la réunion ministérielle de l’Agriculture qui s’est tenue jeudi à Brasilia.

 

Plus tôt, s’adressant à la presse, le ministre de l’Agriculture du Brésil a exprimé sa conviction selon laquelle la posture d’affrontement des États-Unis et leur « protectionnisme sans précédent » renforceront encore davantage le bloc des BRICS (groupe de pays émergents).

« Cela nous motive encore plus à renforcer ce bloc géopolitique. L’affront en ce moment, de la part du gouvernement américain, et un protectionnisme sans précédent, nous incitent certainement au renforcement du bloc et à la recherche de nouvelles opportunités », a souligné Carlos Fávaro, en marge d’une réunion des ministres de l’Agriculture de ce bloc, présidé cette année par le Brésil.

Au Palais d’Itamaraty, à Brasília, cité par la presse locale, le ministre brésilien a également souligné que le conflit commercial initié par les États-Unis contre la Chine pourrait bénéficier au marché agricole brésilien, déjà l’un des plus grands exportateurs mondiaux.

Cet engagement intervient à une époque d’extrême incertitude internationale, résultant de la guerre commerciale déclenchée par le Président des États-Unis, Donald Trump, qui a imposé une taxe universelle de 10 %, bien qu’elle ait été portée à 145 % pour la Chine, membre des BRICS.

Face à cette situation, les ministres de l’Agriculture du groupe des économies émergentes ont souligné que « le commerce mondial et l’investissement continuent d’être des moteurs importants de la croissance agricole ».

Par ailleurs, ils ont convenu de « renforcer les réserves alimentaires », d’investir dans les infrastructures pour le stockage des aliments, de promouvoir des « instruments de politique publique soutenant des prix minimaux » et de surveiller les coûts de production pour garantir l’accès aux facteurs de production essentiels.

De cette manière, les pays membres du groupe « cherchent à faire face à la volatilité des prix, identifiée comme l’un des principaux défis à la sécurité alimentaire mondiale », selon le gouvernement brésilien dans un communiqué de presse.

Dans la déclaration conjointe, les 11 pays membres ont également réaffirmé leur engagement à activer des mécanismes de coopération en cas de situations exceptionnelles touchant l’un des pays membres, telles que des pénuries alimentaires ou des augmentations soudaines des prix, pour venir en aide à la nation affectée.

Le forum des BRICS a été fondé par le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud, et inclut désormais l’Égypte, les Émirats arabes unis, l’Éthiopie, l’Iran et l’Indonésie, ainsi que l’Arabie saoudite, qui a été invitée mais n’a pas encore confirmé son adhésion.

La réunion ministérielle à Brasilia se conclura par la signature d’un document, qui sera ensuite discuté lors du sommet des chefs d’État et de gouvernement des BRICS prévu les 06 et 07 juillet à Rio de Janeiro.