Comme l’avait rapporté Lusa, la demande de la défense de la compagnie aérienne, qui invoquait « l’incompétence absolue » du tribunal judiciaire de la Comarca de Lisbonne pour juger l’affaire, avait été jugée « non fondée » le 3 mars de cette année.
Insatisfaite de cette décision, la TAP a interjeté appel auprès du Tribunal de la Relation de Lisbonne, affirmant que l’ordonnance de mars devait être « révoquée et remplacée par une décision déclarant l’incompétence absolue du tribunal ‘a quo’ pour apprécier le présent litige », lit-on dans l’appel présenté le 27 mars auquel Lusa a eu accès.
Les avocats de la compagnie aérienne soutenaient que la demande d’indemnisation de 5,9 millions d’euros avait été faite au mauvais tribunal, arguant qu’elle aurait dû être déposée au Tribunal Administratif, et non au tribunal central civil de Lisbonne. Une interprétation qui n’a pas été partagée par le tribunal judiciaire de la Comarca de Lisbonne.
Selon les documents consultés par Lusa, le processus intenté par Christine Ourmières-Widener contre la TAP, engagé en septembre 2023, est ainsi en suspens sans date encore fixée pour le début du procès.
Une autre nouveauté dans le nouvel ensemble de documents présentés est l’ajout au rôle des témoins de l’ancienne PDG pour inclure Maria Antónia Araújo, ancienne chef de cabinet de Pedro Nuno Santos lorsqu’il était ministre des Infrastructures, qui est également convoquée comme témoin auprès de la gestionnaire française.
L’ancien secrétaire d’État Hugo Santos Mendes, Frederico Pinheiro, ancien adjoint impliqué dans une polémique avec João Galamba, l’actuel directeur financier de TAP, Gonçalo Pires, et Ana Malheiro, secrétaire de la société dans la compagnie aérienne, font également partie de la liste.
L’action en justice de Christine Ourmières-Widener conteste le licenciement pour juste cause annoncé par l’ancien ministre des Finances, Fernando Medina, et João Galamba, ex-ministre des Infrastructures, le 6 mars 2023. À la base de la décision se trouvait, comme l’expliquaient les gouvernants à l’époque, l’avis de l’Inspection Générale des Finances (IGF) concernant l’indemnité controversée de 500 000 euros d’Alexandra Reis.
Le rapport a jugé le paiement à Alexandra Reis « illégal » et a désigné Christine Ourmières-Widener et Manuel Beja, ancien président du Conseil d’Administration de TAP également licencié pour juste cause, comme responsables d’avoir signé l’accord pour le départ d’Alexandra Reis en février 2022, ce qui violait le statut de Gestionnaire Public. Une conclusion réfutée à plusieurs reprises par la gestionnaire, y compris lors de son audition devant la Commission d’Enquête sur la Gestion de TAP, affirmant qu’il s’agissait d’une « décision politique ».
Concernant le montant de l’indemnisation demandée par la gestionnaire, qui selon la presse française aurait été licenciée en janvier de la direction d’Air Caraïbes et de French Bee, les calculs impliquent les sommes qu’elle considère dues jusqu’à la fin du contrat (en 2025), et les primes de performance après avoir conduit TAP à réaliser des bénéfices en 2022, ce qui ne s’était pas produit depuis cinq ans, et avoir anticipé de près de trois ans les objectifs du plan de restructuration convenu avec Bruxelles. En outre, cela inclut une partie pour avoir été destituée sans respect du préavis de 180 jours et pour dommages à sa réputation.
Quant aux comptes de TAP, connus lors de l’argumentation de la défense en janvier 2024, ils indiquent un montant total de 432 000 euros.
Dans le contradictoire, la défense de la compagnie aérienne dirigée par Luís Rodrigues défend que l’ancienne présidente exécutive accréditait des postes dans d’autres entreprises, ce qui violerait les règles de Gestionnaire Public.
Elle accuse la gestionnaire d’avoir permis une situation de conflit d’intérêt avec l’entreprise qui a embauché son mari et tenté de fournir des services à la compagnie aérienne, causant de « graves risques pour la réputation » de la compagnie.