Le SNF « manifeste sa ferme opposition à la reclassification des pharmaciens du service SNS 24 au Profil Junior, une décision récemment communiquée par MEO, l’entité prestataire du service », déclare le syndicat dans un communiqué.
La position du syndicat intervient après qu’un courriel a été envoyé dans la nuit de mercredi à « tous les pharmaciens pour les informer qu’à partir de minuit [le 1er mai], leurs honoraires seraient réduits et qu’ils ne pourraient plus effectuer une triage clinique complète, étant limités à la gestion de seulement deux situations cliniques ».
Selon le syndicat, la reclassification « ignore délibérément le parcours, l’expérience et la performance professionnelle des pharmaciens concernés, dont beaucoup ont contribué, dès le début, avec un haut niveau technique, une rigueur clinique et une pleine dévouement à la réponse en santé dans le contexte du SNS 24 ».
« La décision maintenant prise représente un recul inacceptable, qui manque de respect au mérite professionnel, compromet la motivation des professionnels et envoie un mauvais signal politique sur la place du pharmacien dans le système de santé », souligne le SNF dans le communiqué.
Le syndicat rappelle que pendant la pandémie, les pharmaciens ont été reconnus et classifiés dans le profil Senior, constituant « une valorisation adéquate de leur rôle central dans la triage clinique, le conseil sur les médicaments et l’orientation sécurisée des usagers ».
En plus de dénoncer la dévalorisation professionnelle des pharmaciens, le SNF rejette la structure hiérarchique, selon laquelle les pharmaciens « sont subordonnés aux professionnels en soins infirmiers », notamment dans le « conseil sur les médicaments ».
« Cette organisation est techniquement injustifiée, professionnellement dévalorisante et juridiquement contestable, car elle viole le principe d’autonomie technique et scientifique consacré pour les professions de santé réglementées », affirme-t-il.
Le syndicat souligne que ces décisions « révèlent une tendance préoccupante à marginaliser la profession de pharmacien, remettant en cause sa dignité et sa contribution distinctive au sein des équipes multidisciplinaires ».
Face à la situation, la force syndicale exige la « révocation immédiate » de la reclassification au Profil Junior, « la garantie de l’autonomie technique des pharmaciens » et « l’ouverture d’un processus de négociation transparent entre les entités concernées, avec la représentation des professionnels pharmaceutiques, pour une révision urgente du modèle organisationnel fonctionnel du SNS 24 ».
Le SNF ajoute qu’il continuera à suivre le dossier.
En mars, plus de 500 pharmaciens ont renforcé la Ligne SNS 24, après avoir répondu au recrutement lancé par le Centre de Contact du Service National de Santé au début de l’année.
La Lusa a contacté les Services Partagés du Ministère de la Santé pour obtenir de plus amples informations et attend une réponse.