« (…) je tiens, une fois de plus, à souligner que, chaque fois que le Diocèse souhaite aliéner un patrimoine, il devrait, par mesure de prudence, sonder la Mairie, pour qu’elle puisse exercer le droit de préférence, même si cela n’est pas inscrit dans la loi », affirme le maire dans une lettre adressée à l’évêque de Porto, Manuel Linda.
Dans la missive, envoyée le 18 mars et obtenue aujourd’hui par Lusa, Rui Moreira demande des éclaircissements sur la situation des maisons du quartier des Eirinhas et interroge le diocèse sur son intention d’aliéner davantage de patrimoine à Porto.
« Si c’est le cas, le Diocèse est-il en mesure de permettre à cette Mairie d’exercer son droit de préférence ? », questionne-t-il.
En février, Rui Moreira indiquait que la municipalité allait tenter de clarifier avec le Diocèse de Porto la situation des habitants du quartier des Eirinhas, qui craignent de perdre leur maison suite à un échange.
Les maisons, propriété du Diocèse de Porto, ont fait l’objet d’un échange, le nouveau propriétaire étant une entreprise de construction, ce qui a conduit les habitants à craindre de perdre leur logement, révélait à l’époque le Jornal de Notícias (JN).
Dans la lettre de réponse au maire, datée du 04 avril, l’évêque de Porto indique que « lorsque le bien commun est en jeu », le Diocèse collabore avec « les nombreuses organisations et entités présentes dans les 28 communes qui constituent sa zone géographique ».
« Il est cependant nécessaire de prendre connaissance de ses propositions et intentions et que cette collaboration repose sur des principes d’égalité, de reconnaissance de la spécificité de chacun et de respect mutuel », déclare Manuel Linda, ajoutant que le Diocèse demeure ouvert « à tout dialogue que cette Mairie jugera bon de maintenir ».
Dans un communiqué publié sur son site Internet officiel, le Diocèse de Porto a expliqué aujourd’hui que les échanges réalisés sur certains de ses biens immobiliers, qui ont fait l’objet de critiques, n’avaient pas pour but de faire de l’argent pour le transférer vers d’autres activités.
« Le Diocèse de Porto n’a pas aliéné de patrimoine avec l’intention de réaliser des capitaux pour les transférer vers d’autres affaires. Ce patrimoine, désormais échangé, ne doit pas être aliéné et vise à promouvoir la création de logements supplémentaires dans la ville de Porto, ainsi que le maintien de ceux existants », a-t-il mentionné.
Reconnaissant avoir procédé à des échanges de certains de ses biens immobiliers, sans en préciser les détails, le Diocèse de Porto a clarifié que ceux-ci visaient à « regrouper les divers immeubles éparpillés dans la ville en un seul endroit ».
Les propriétés ont toutes été évaluées par des experts certifiés et enregistrés auprès de la Commission du marché des valeurs mobilières (CMVM), tenant compte de leur état d’occupation actuel, a-t-il souligné.
Ce clarissement du Diocèse de Porto apparaît après que le Correio da Manhã (CM) ait avancé dans son édition d’aujourd’hui qu’il aurait échangé trois immeubles de quatre étages contre trois T1 évalués, chacun, à 200 000 euros.
Le journal estime par ailleurs que chacun des immeubles valait au moins 1,5 million d’euros.
L’Église a assuré que les décisions prises respectaient les règles et normes prévues par le droit de l’Église catholique et le droit civil.
« Elles ont été traitées en bonne et due forme par les juristes du Diocèse et ont reçu le consentement de l’organe de conseil et de décision, le Conseil économique diocésain », a-t-il souligné.
Selon le Diocèse de Porto, les obligations et devoirs du nouveau propriétaire, prévus par la loi sur la location, sont les mêmes que ceux en vigueur lors de la possession des immeubles.