Relation censure Manuel Pinho pour être intervenu dans les dossiers de BES/GES

Le Tribunal de la Relation de Lisbonne (TRL) a confirmé aujourd’hui la condamnation à 10 ans de prison de Manuel Pinho, ministre de l’Économie de 2005 à 2009, pour avoir prétendument reçu, via des ‘offshores’, environ 4,9 millions d’euros, y compris une mensualité de 15 000 euros durant son mandat au gouvernement, afin de favoriser les intérêts de la Banque Espírito Santo (BES) et du Groupe Espírito Santo (GES) au détriment de l’intérêt public.

« Il ne s’agit pas ici de parler de pot-de-vin, comme il a été prouvé, ni de respect d’un contrat, comme le prétend et continue de le faire l’accusé. […] Il s’agit seulement du fait que jamais l’accusé ne s’est excusé ou n’a pensé qu’il était empêché […] Et à ce sujet, nous disons déjà que cela n’est en soi pas normal », soulignent dans leur arrêt les juges de la cour d’appel, en analysant le traitement des dossiers suspects, parmi lesquels ceux des domaines de Comporta et de Pinheirinho, dans le district de Setúbal.

Dans ce contexte, les magistrats qualifient d’inhabituelle la justification donnée par Manuel Pinho, traduite par un supposé accord écrit en 2004, selon lequel les sommes perçues étaient liées à sa carrière et à son départ du BES, où il avait un poste élevé avant de rejoindre, en 2005, le premier gouvernement de José Sócrates.

Le TRL conclut que les montants en question – « reçus par l’accusé sur l’ordre et par virement intitulé RS, signifiant Ricardo Salgado », versés « par le biais de complexes opérations de dissimulation » et sans que des tiers s’en aperçoivent – constituaient « la contrepartie d’un pacte de corruption » par lequel l’ex-banquier et les intérêts du BES/GES « étaient favorisés par les actions » de Manuel Pinho, âgé de 70 ans.

Dans ce cadre, le but de l’apparente convention écrite était, une fois que des soupçons étaient soulevés sur le comportement des accusés, de rendre « insolite un pacte corruptif réduit à l’écrit ou à être divulgué sur tous les toits ».

« À la date du 10 mars 2004, l’accusé exerçait déjà une activité d’accompagnement politique, ce qui se concilie avec les attributions fonctionnelles au BES – en tant qu’administrateur non exécutif – étant floues, sans importance, au point que l’accusé lui-même les qualifiait de ‘carte de visite' », rappellent les juges, affirmant que la référence dans une clause à de futures fonctions publiques « ne constitue pas une devinette », mais plutôt « une prévision ».

Dans l’arrêt rendu aujourd’hui, auquel Lusa a eu accès, le TRL confirme également la condamnation à six ans et trois mois de prison de Ricardo Salgado, âgé de 80 ans et souffrant de la maladie d’Alzheimer, et à quatre ans et huit mois de peine avec sursis de l’épouse de Manuel Pinho, Alexandra Pinho, âgée de 64 ans.

Les charges portent sur des crimes de corruption, blanchiment et fraude fiscale.

L’ancien ministre, en résidence surveillée depuis décembre 2021, et sa défense ont déjà annoncé qu’ils feraient appel devant la Cour suprême de justice et les instances internationales.

La décision de première instance, rendue par le Tribunal central pénal de Lisbonne, remonte à juin 2024.

Bien que les décisions exécutives suspectes dans cette affaire n’impliquent pas EDP, le cas résulte de l’enquête sur les soi-disant revenus excessifs d’EDP, dont l’acte d’accusation a été formulé en octobre 2024 par le ministère public, incluant l’ancien gouvernant.