Psychédéliques ? Le financement et les croyances sont quelques-uns des défis de la recherche.

« La médecine et la science psychédélique manquent de science et, à mon avis, ont trop de militantisme », déclare le spécialiste, qui fait partie du groupe de travail présentant aujourd’hui à Lisbonne un ensemble de recommandations sur l’utilisation clinique des psychédéliques.

 

Interrogé sur les défis auxquels la recherche dans ce domaine est confrontée, il explique que, souvent, les individus possèdent des « croyances profondément enracinées » et risquent de ne pas être entièrement neutres au début de leurs recherches.

« Ils ont déjà une idée, et une idée très forte sur la question », explique-t-il.

Un autre défi qu’il souligne est la difficulté de financement dans le domaine de la santé mentale, en particulier pour la recherche impliquant la psychothérapie.

« Il y a un énorme défi pour financer la recherche de qualité, et il y a ensuite un énorme défi pour financer les interventions incluant la psychothérapie, lorsque et si elles sont disponibles », a-t-il affirmé.

En conséquence, le défi est « à deux niveaux » : « dans la production de connaissances et dans l’application de ces connaissances ».

Il souligne également que, parfois, en raison de la peine à financer des recherches de haute qualité, « on mène des recherches un peu plus simples (…) cherchant à obtenir des preuves qui peuvent ne pas être les meilleures, mais qui sont à peu près valables ».

« C’est également un risque important, car cela crée des preuves de moindre qualité, qui sont alors utilisées pour prendre des décisions, mais qui ne sont jamais suffisantes pour prendre les décisions nécessaires du point de vue réglementaire », considère-t-il.

Le chercheur, directeur de l’Unité de Neuropsychiatrie de Champalimaud, fait partie du groupe de travail qui a élaboré les recommandations sur l’utilisation clinique des psychédéliques présentées aujourd’hui à Lisbonne.

Le groupe a également bénéficié des contributions des ordres des médecins, pharmaciens et psychologues, du Conseil National d’Éthique pour les Sciences de la Vie et de la Société Portugaise de Psychiatrie et Santé Mentale.

Interrogé par l’agence Lusa, il a souligné l’importance de la diffusion publique de ces recommandations, dont l’objectif est que les décideurs « soient conscients de l’existence du consensus entre les professionnels ».

Il a également précisé que l’intention est de publier ces recommandations, dans une version traduite, dans des revues internationales avec une révision scientifique, en accès libre, et que le document présenté aujourd’hui sera envoyé « aux décideurs centraux dans ce domaine », à savoir Infarmed, le Gouvernement, la Direction Générale de la Santé, la Commission Nationale de Santé Mentale et les autorités de supervision professionnelle.