PRR ? TCE parle d’un impact « limité » sur le marché du travail au Portugal.

Une évaluation a révélé que, jusqu’à ce jour, les réformes du marché du travail incluses dans les Plans de Relance et de Résilience (PRR) nationaux ont atteint les objectifs prévus et certains résultats, mais elles n’ont fourni qu’une réponse partielle aux défis structurels du marché du travail identifiés lors du Semestre Européen, indique la Cour des Comptes Européenne (TCE) dans un rapport basé sur un échantillon de quatre pays de l’UE, dont la Belgique, la Grèce, l’Espagne et le Portugal.

 

Dans le cadre du PRR portugais, quatre réformes sont en jeu, notamment la réforme de l’enseignement et de la formation professionnels, la réforme de la coopération entre enseignement supérieur, administration publique et entreprises, l’agenda de promotion du travail digne, et la lutte contre les inégalités entre hommes et femmes.

Parmi celles-ci, seules deux ont été exécutées dans le délai analysé par le TCE, à savoir la coopération entre enseignement supérieur, administration publique et entreprises, et l’agenda de promotion du travail digne, achevées respectivement au deuxième trimestre de 2021 et au premier trimestre de 2023. Le PRR prévoit une exécution complète d’ici fin 2026.

« En Portugal, l’agenda de promotion du travail digne vise à renforcer les mesures adoptées ces dernières années pour lutter contre la segmentation du marché du travail et promouvoir la négociation collective, afin de protéger les droits des travailleurs, notamment par la régulation du travail sur les plateformes pour répondre aux nouveaux défis créés par les relations de travail atypiques. À ce jour, les données d’Eurostat montrent une diminution limitée du pourcentage global de travailleurs temporaires entre le second trimestre de 2023 et le second trimestre de 2024 – soit 1,9 points de pourcentage, passant de 17,9 % à 16 % », indique le rapport publié aujourd’hui par la TCE.

En outre, selon l’auditeur de l’UE, « les autorités [portugaises] n’ont pas réussi à fournir des preuves sur la contribution des travailleurs des plateformes à ce changement ».

Ainsi, le tribunal considère que « les résultats de cette réforme sont limités », selon le rapport.

Dans son ensemble, les « réformes signalées ne donnent qu’une réponse marginale aux sous-recommandations pertinentes pour le marché du travail », est-il ajouté.

En précisant que le Portugal a fait l’objet d’une sous-recommandation visant à soutenir l’emploi dans la préservation des postes de travail, le TCE parle d’une « réponse marginale » car « elle s’est concentrée sur les droits des travailleurs et non sur le soutien à l’emploi ou sa préservation ».

Au total, le PRR portugais a une valeur de 22,2 milliards d’euros, avec 16,3 milliards d’euros en subventions et 5,9 milliards d’euros en prêts du Mécanisme de Récupération et de Résilience, qui concernent 376 investissements et 87 réformes.

À l’heure actuelle, le pays a déjà reçu 8,49 milliards d’euros en subventions et 2,9 milliards d’euros en prêts, et le taux d’exécution du plan est de 32 %.