Procès archivé pour la chef de Vale de Judeus sans lien avec l’évasion.

« Le commissaire mentionné dans cette actualité n’était pas en fonction à la date de l’évasion de Vale de Judeus. Par conséquent, aucun processus disciplinaire n’a été ouvert contre cette personne concernant l’évasion. Cet archivage se rapporte à d’autres faits, sans rapport avec l’évasion des détenus », a précisé la Direction Générale de la Réinsertion et des Services Pénitentiaires (DGRSP).

 

Aujourd’hui, l’Association Syndicale des Chefs du Corps des Gardes Pénitentiaires (ASCCGP) avait annoncé l’archivage du processus disciplinaire ouvert contre le chef de la garde pénitentiaire en service à la prison de Vale de Judeus au moment de l’évasion, une information que le ministère de la Justice vient désormais démentir.

L’association syndicale a reconnu par la suite l’erreur dans l’information initialement transmise à Lusa et confirme la version du ministère de la Justice.

Suite à l’évasion, neuf processus disciplinaires ont été ouverts et sont toujours en cours d’analyse : sept visent des gardes pénitentiaires, un vise le chef de la garde pénitentiaire, et un autre vise l’ancien directeur de l’établissement pénitentiaire de Vale de Judeus, Horácio Ribeiro.

Les processus disciplinaires ont été initiés par la DGRSP, après recommandation du rapport élaboré par le Service d’Audit et d’Inspection et remis au gouvernement le 17 octobre, environ un mois après l’évasion de cinq détenus de Vale de Judeus, le 7 septembre.

Concernant l’ex-directeur de la prison de Vale de Judeus, Horácio Ribeiro, le rapport a souligné une « violation des devoirs généraux de poursuite de l’intérêt public, de diligence et de loyauté », indiquant que le directeur intérimaire « n’a pas veillé au respect des orientations en matière de surveillance et de sécurité, notamment dans l’homologation des plannings ».

Pour ce qui est du chef de la garde pénitentiaire, le rapport a conclu qu’il avait la responsabilité de la surveillance et de la sécurité de la prison ce jour-là, notamment l’établissement des plannings de surveillance (physique et vidéo) des cours intérieures.

Concernant les gardes pénitentiaires, incluant un chef d’aile, le rapport mentionne une violation des devoirs généraux de poursuite de l’intérêt public et de « certains devoirs spéciaux ».

« Ils n’ont pas suivi plusieurs instructions, y compris des instructions écrites. Ces manquements ont conduit à l’absence de surveillance précise et de vidéovigilance, facilitant l’évasion des détenus et empêchant leur détection en temps opportun », selon le communiqué.

L’évasion de Vale de Judeus a conduit la ministre de la Justice à ordonner un audit sur la sécurité des prisons portugaises et a également motivé le retrait du directeur général de la DGRSP de l’époque, Rui Abrunhosa Gonçalves.

L’audit sur les conditions de sécurité des 49 prisons, publié en fin d’année, a révélé des « déficiences » dans les équipements, l’organisation et la gestion des ressources.

L’évasion a également donné lieu à une enquête de nature disciplinaire pour les gardes de service à la vidéovigilance au moment de l’évasion, et à une enquête du ministère public afin de déterminer d’éventuelles responsabilités pénales.

Le 7 septembre 2024, les détenus Rodolfo Lohrman (Argentin), Mark Roscaleer (Britannique), Shergili Farjiani (Géorgien), ainsi que les Portugais Fábio Loureiro et Fernando Ribeiro Ferreira, se sont évadés de Vale de Judeus.

Tous les fugitifs ont été recapturés, un seul d’entre eux en Portugal.

Au moment de leur évasion, les cinq détenus purgeaient des peines allant de sept à vingt-cinq ans pour trafic de drogue, association criminelle, vol, séquestration, blanchiment et autres infractions.