Privatisation dans le viseur des autorités : l’essentiel sur les perquisitions chez TAP

Le directeur de la Police Judiciaire a confirmé ce mardi des perquisitions à la compagnie aérienne portugaise TAP dans le cadre d’une enquête dirigée par le Département central d’Investigation et d’Action Pénale (DCIAP). Il s’agit du processus de privatisation de la compagnie aérienne en 2015.

 

« Nous apportons tout le soutien à l’enquête de la part de l’Institution, suite à la sollicitation du Ministère Public et du DCIAP, en particulier », a déclaré le directeur de la PJ, Luís Neves.

Dans un communiqué publié sur son site officiel, le Ministère Public (MP) révèle que, dans le cadre d’un enquête dirigée par le DCIAP « des perquisitions résidentielles et non résidentielles sont en cours dans 25 lieux, y compris des entreprises, des cabinets d’avocats et des sociétés d’audit ».

TAP a déjà réagi et assure collaborer avec « toutes les enquêtes »

La TAP a refusé de commenter les procédures judiciaires et a assuré qu’elle collaborera avec les autorités dans toutes les enquêtes, à la suite des perquisitions de la Police Judiciaire dans la compagnie aérienne, en raison de soupçons de crimes lors de la privatisation en 2015.

« La TAP ne commente pas les procédures judiciaires et collabore toujours avec les autorités dans toutes les enquêtes », a répondu une source officielle de la compagnie aérienne.

Ce qui est en jeu

Les soupçons portent sur des crimes de gestion dommageable, de participation économique dans une affaire, de corruption passive dans le secteur privé, de fraude fiscale qualifiée et de fraude qualifiée à la Sécurité Sociale.

Les perquisitions aujourd’hui sont liées à une plainte déposée au Ministère Public en 2022, relative à « l’acquisition par le groupement ATLANTIC GATEWAY, à PARPÚBLICA, de 61% du capital social de TAP, SGPS et à la capitalisation subséquente de cette entité avec des fonds provenant d’un financement convenu, avant l’acquisition, entre AIRBUS et la société DGN CORPORATION (actionnaire d’ATLANTIC GATEWAY) », a expliqué le PGR.

L’enquête se concentre également sur des faits survenus avant la vente directe et qui sont liés aux coûts supportés par TAP, S.A. avec des entités liées à ATLANTIC GATEWAY ainsi qu’à des faits survenus durant la période « où la gestion de TAP, S.A. était entre les mains des actionnaires privés, impliquant la situation fiscale de personnes physiques et de sociétés liées à cette gestion », a ajouté le PGR.

Cette enquête est menée par deux magistrates du Ministère Public, deux inspecteurs de la Police Judiciaire, un inspecteur de l’Autorité Fiscale et Douanière (AT), une inspectrice de la Sécurité Sociale et deux spécialistes du Groupe d’Assistance Technique (NAT) du PGR.

Le Groupe Barraqueiro confirme également les perquisitions

De son côté, le Groupe Barraqueiro, de Humberto Pedrosa, a confirmé aujourd’hui des perquisitions au siège des entreprises du groupe dans le cadre de la privatisation de TAP en 2015, et a exprimé sa pleine « confiance et tranquillité » quant à son intervention dans le processus.

« Le Groupe Barraqueiro manifeste une totale confiance et tranquillité dans son intervention dans le processus de privatisation de TAP, n’existe aucune raison de s’inquiéter quant aux démarches en cours », a informé dans un communiqué le groupe dirigé par Humberto Pedrosa, actionnaire d’Atlantic Gateway (avec David Neeleman), qui a remporté la privatisation de TAP sous le gouvernement PSD/CDS-PP dirigé par Pedro Passos Coelho.

Le groupe a ajouté que « de manière volontaire, un dossier contenant toutes les informations pertinentes sur le processus de privatisation de TAP, y compris une vaste preuve de n’avoir réalisé aucun acte peu clair ou suspect d’irrégularité, avait déjà été remis au Ministère Public ».