La première audience du procès est fixée à 09h30 et servira à entendre les accusés, si ceux-ci souhaitent faire des déclarations, a indiqué une source.
Selon l’acte d’accusation du Ministère Public (MP), les suspects sont accusés des crimes de déni de justice, favoritisme personnel exercé par un fonctionnaire, détournement de fonds, abus de pouvoir, falsification de documents, coercition aggravée, séquestration aggravée, atteinte qualifiée à l’intégrité physique, détention d’arme interdite et fausses déclarations.
Les crimes auraient eu lieu entre décembre 2022 et juillet 2023 et sont liés à l' »activité délictueuse » des trois agents de la PSP, agissant dans le cadre de la lutte contre le trafic et la consommation de drogue dans des quartiers de la région de Porto, affectant sept affaires pénales, souligne-t-on.
Dans un des cas, il y aurait eu « connivence » du sous-commissaire, insiste le MP.
Les trois agents de la PSP ont été arrêtés en juillet 2023 et sont en détention préventive, la mesure de coercition la plus sévère.
D’après l’accusation, les prévenus auraient falsifié les rapports de perquisition et de saisie en ce qui concerne l’argent et la drogue saisis, s’emparant ensuite d’une partie pour la distribuer à des tiers.
L’accusation affirme également que les prévenus ont établi des « pactes de silence » avec des toxicomanes rencontrés dans les quartiers ciblés, pour qu’ils identifient les trafiquants pris en flagrant délit, leur offrant en échange de la drogue pour consommation.
Les agents de la PSP se seraient également emparés d’un sac à dos contenant de la drogue et de l’argent, en échange de la liberté d’un trafiquant de drogue, et effectué des perquisitions domiciliaires sans la nécessaire autorisation ou consentement, ajoute-t-on.
« Ces actions criminelles ont eu des répercussions dans sept situations spécifiquement établies, dont l’une a bénéficié de la connivence du prévenu sous-commissaire », souligne l’accusation.
Les policiers auraient agressé un consommateur de drogue, pour des raisons non précisées, et saisi de la drogue destinée à la rétribution des consommateurs, détenant des armes et munitions en dehors des conditions légales pour leur possession, précise-t-on.
Un des agents de la PSP est également accusé, en co-auteur avec un prévenu non fonctionnaire, d’élaborer cinq procès-verbaux de contravention à la suite de contrôles pour excès de vitesse, avec l’identification d’un conducteur différent de celui de l’auteur de l’infraction.
En outre, des actes similaires lui sont imputés dans dix autres procès-verbaux de contravention pour des infractions similaires, avec la mention d’identification d’un tiers à la place de l’infracteur, qu’il n’a pas été possible d’identifier.
Le MP a requis la saisie au profit de l’État des avantages du crime obtenus par les accusés, en référence aux valeurs dont ils se sont emparés.
Trois des cinq accusés ont demandé l’ouverture d’une instruction, mais le juge du Tribunal d’Instruction de Porto a décidé de maintenir intégralement les faits et les crimes imputés dans l’acte d’accusation du MP, jugeant infondées les nullités et autres questions soulevées par les demandeurs.
