Plus grand excédent depuis 2010 ? Il y a une alerte concernant les dépenses de la Sécu. Sociale.

« Bien qu’une amélioration du solde de la Sécurité sociale soit observée, il convient de noter que pour la première fois en trois ans en 2024, le taux de croissance des dépenses a dépassé celui des recettes », indique le rapport sur l’évolution budgétaire de la Sécurité sociale et de la Caixa Geral de Aposentações (CGA) en 2024, publié aujourd’hui par le CFP.

En 2024, les recettes effectives de la Sécurité sociale ont augmenté de 10,4 %, cette hausse étant presque exclusivement due à l’évolution des contributions et cotisations, reflétant l’évolution du marché du travail et de la politique salariale, précise le document, détaillant que les contributions sociales représentaient 67,1 % des recettes effectives.

« Le maintien d’une trajectoire de croissance robuste des recettes de contributions sociales reflète les effets combinés de l’évolution du marché du travail, de la dynamique économique et des changements dans la politique salariale », souligne le CFP, ajoutant que le nombre de travailleurs avec des rémunérations déclarées à la Sécurité sociale a augmenté de 2,8 %, passant de 4,18 millions en décembre 2023 à 4,29 millions à la fin de 2024, tandis que le montant total des rémunérations déclarées a enregistré une variation annuelle cumulée de 8,6 %.

Quant aux dépenses effectives, elles ont connu une croissance de 11,8 %, dépassant de 1 409 millions d’euros le budget prévu, le décalage étant « expliqué à 75 % par les dépenses accrues en pensions et compléments », souligne l’organisme dirigé par Nazaré Costa Cabral.

En valeur, cependant, les recettes effectives ont augmenté plus que les dépenses, avec des hausses respectives de 3 891 millions d’euros et de 3 783 millions d’euros, contribuant ainsi à l’amélioration de l’excédent enregistré en 2024.

Dans son analyse de l’évolution des comptes de la Sécurité sociale, le CFP signale le « décalage » entre l’évolution des dépenses et des recettes effectives et les valeurs prévues dans le Budget de la Sécurité sociale initial (OSS/2024), estimant qu’elles ne montrent pas un processus budgétaire conforme aux meilleures pratiques.

« Malgré l’excédent budgétaire, les écarts par rapport à l’OSS/2024 initial, tant du côté des recettes que des dépenses, ne montrent pas un processus budgétaire conforme aux meilleures pratiques de gestion financière publique », peut-on lire dans le document.

Cette situation est illustrée, d’une part, par la « sous-estimation récurrente des contributions sociales » et la nécessité de renforcer les transferts en provenance du budget de l’État par rapport à ce qui était initialement prévu, « apparemment pour faire face à des décisions d’attribution de prestations sociales prises après la discussion et l’approbation du budget, y compris celles destinées à augmenter le pouvoir d’achat des retraités, telles que le supplément extraordinaire de pensions ».

La différence entre le solde prévu dans l’OSS/2024 et l’excédent budgétaire s’est révélée supérieure à 719 millions d’euros, indique le rapport, détaillant que cet écart est dû à une exécution des recettes supérieure de 2 128 millions d’euros par rapport au budget, principalement grâce aux recettes contributives dont « la performance positive a largement compensé l’augmentation des dépenses » qui ont dépassé « de 1 409 millions d’euros le montant initialement prévu dans ce document budgétaire ».

Le CFP souligne également que les dépenses liées aux mises à jour extraordinaires des pensions et compléments continuent d’augmenter dans le budget des pensions, ayant atteint 986 millions d’euros en 2024, comparées aux 77 millions d’euros dépensés lors de leur première attribution en 2017.

Cependant, en 2024, aucune nouvelle mise à jour extraordinaire des pensions n’a été attribuée — ayant choisi plutôt le versement d’un « supplément extraordinaire » pour les pensions jusqu’à 3 indexations de soutiens sociaux — l’augmentation annuelle de cette portion, qui résulte de l’application de la règle de mise à jour des pensions, « a été substantiellement inférieure à ce qui a été constaté jusqu’en 2022 ».

La valeur en portefeuille du Fonds de stabilisation financière de la Sécurité sociale (FEFSS) – appelé le ‘coussin’ de la Sécurité sociale – a augmenté de 6 048,2 millions d’euros en 2024, pour atteindre un total de 35 879 millions d’euros, bénéficiant de l’excédent de la Sécurité sociale et de la rentabilité obtenue grâce à la gestion du fonds, cette dernière générant 1 916,2 millions d’euros, valeur qui reflète un rendement nominal de 5,9 % en 2024 (il était de 9,1 % en 2023).