Plus de 100 personnes à Martim Moniz contre l’action de l’extrême droite.

« Fascistes, racistes, votre heure est venue, les immigrés restent et vous partez », ont crié les manifestants opposés à l’initiative de l’extrême droite, tandis que quelques partisans isolés répondaient par « Le Portugal est pour les Portugais ».

« Nous sommes tous antifascistes », a répondu en chœur le groupe de plus d’une centaine de personnes contre l’action de l’extrême droite.

Au Martim Moniz, un dispositif policier important a été mobilisé, et la PSP a interdit l’accès à une grande partie de la place. Quelques moments de tension ont été observés entre des éléments d’extrême droite et la majorité des manifestants antifascistes, mais l’intervention de la PSP n’a pas été nécessaire.

Ces événements au Martim Moniz se déroulent tandis que, simultanément, l’avenue de la Liberté accueille le traditionnel défilé du 25 avril.

Dans une déclaration à Lusa, Bruna Alves, l’une des manifestantes contre l’extrême droite, a déclaré qu’elle était venue spontanément à la Praça do Martim Moniz, sans être appelée par une organisation.

Venue passer ses vacances à Lisbonne, originaire de Guimarães, Bruna Alves a expliqué avoir décidé d’aller au Martim Moniz, avant de se rendre au défilé de l’avenue de la Liberté, pour protester « contre la violence de l’extrême droite » et « en faveur d’une approche humanitaire selon laquelle les droits de l’homme concernent tout le monde et pas seulement les Portugais ».

À 15h30, aucun groupe organisé de l’extrême droite n’était encore présent, bien que quelques personnes aient ponctuellement fait leur apparition sur la Praça do Martim Moniz.

Le parti Ergue-te et le mouvement Habeas Corpus, avec le soutien du groupe d’extrême droite 1143, ont annoncé une manifestation avec « cochon à la broche » au Martim Moniz, à partir de 15h00 ce vendredi, jour férié du 25 avril 1974 – Révolution des Œillets.

La PSP a émis un avis défavorable à la tenue de cet événement et la mairie de Lisbonne a suivi la recommandation de la PSP, ne donnant pas son aval aux initiatives des mouvements d’extrême droite prévues pour le Martim Moniz.

Malgré l’avis défavorable de la PSP et le manque de soutien de la mairie, le président de l’Ergue-te, Rui Fonseca e Castro, a affirmé jeudi, dans une vidéo partagée sur les réseaux sociaux, que le parti manifesterait ce vendredi au Martim Moniz à partir de 15h00, « pour une fête de la famille portugaise, une célébration de la portugaisité, mais surtout une démonstration de civilité et de fraternité ».

Dans la vidéo publiée sur les canaux publics de l’Ergue-te, ancien Parti National Rénovateur (PNR), et partagée par des mouvements d’extrême droite comme le 1143, Fonseca e Castro a soutenu qu’il s’agissait « d’un événement organisé par un parti politique », dans le cadre de la campagne pour les élections législatives du 18 mai, et qu’ainsi, « il ne pouvait être interdit ».

Dans ce contexte, le leader de l’Ergue-te a ajouté que le parti avait demandé un avis à la Commission Nationale des Élections (CNE) et que cet organe avait autorisé la tenue de l’événement tel qu’il était prévu.

Cependant, jeudi, une source officielle de la CNE a nié avoir reçu toute demande d’avis de l’Ergue-te concernant la manifestation prévue ce vendredi 25 avril au Martim Moniz.

Concernant la possibilité qu’une manifestation convoquée par un parti politique puisse être interdite ou que son trajet puisse être modifié, la CNE a précisé qu' »il ne lui appartient pas de se prononcer sur les circonstances de temps, de lieu et de mode dans lesquelles s’exerce ce droit ».