Peut-on être indemnisé pour une panne d’électricité ? Voici ce que dit le règlement de l’ERSE.

Dans un communiqué, l’ERSE a souhaité répondre à certaines questions concernant la panne de courant qui a touché le pays lundi. Elle a expliqué que si des compensations sont dues, « celles-ci seront versées automatiquement aux clients au début de l’année prochaine via la facture de leur fournisseur ».

 

Quelles sont les causes de la panne de courant ?

Selon l’ERSE, « il n’existe pas encore d’éléments disponibles permettant de caractériser avec précision les causes possibles de l’incident, ni de déterminer les responsabilités ». Elle a rappelé qu’étant un événement impliquant divers systèmes électriques européens, des analyses seront menées par les différents acteurs nationaux et européens du secteur.

Les opérateurs de réseaux directement impliqués incluent la REN – Rede Elétrica Nacional (REN) et E-Redes, l’Association européenne des opérateurs de réseaux de transport – ENTSO-E, le Centre de coordination régional pour le sud-ouest européen – CORESO, ainsi que l’Agence de coopération des régulateurs de l’énergie – ACER, dont l’ERSE fait partie.

Qui est l’entité responsable de la gestion du système électrique national ?

La gestion du système électrique national relève de la responsabilité de la REN en sa qualité de gestionnaire global du système et d’opérateur du réseau de transport, en coordination avec les opérateurs de réseaux de distribution, notamment E-Redes pour les hautes, moyennes et basses tensions.

Quelles sont les normes qui réglementent la sécurité de l’approvisionnement, l’exploitation et la gestion du système électrique ?

Selon l’ERSE, il existe « des règles européennes et nationales sur la sécurité de l’approvisionnement, l’exploitation et la gestion du système, qui sont obligatoires pour les opérateurs de réseaux et pour le gestionnaire de système (REN) ».

Selon le régulateur, « les standards de continuité de service, c’est-à-dire le nombre et la durée maximale des interruptions touchant les consommateurs connectés au réseau électrique public, sont établis par le Règlement de la Qualité de Service (RQS) approuvé par l’ERSE ».

Le régulateur a rappelé que « la continuité de service constatée peut affecter la rémunération des opérateurs de réseau, car leur rémunération intègre des incitations/pénalités liées à la continuité de service vérifiée l’année précédente, si leur responsabilité est établie ».

Les consommateurs ont-ils droit à des compensations ?

L’ERSE stipule que le règlement sur la qualité de service prévoit « des compensations versées aux consommateurs par les opérateurs de réseaux lorsque le nombre ou la durée maximale des interruptions réglementées sont dépassés ».

Cependant, elle a souligné, « si l’incident est classé comme un événement exceptionnel, les consommateurs peuvent ne pas avoir droit à des compensations ».

Selon l’ERSE, si des compensations sont dues, « elles seront versées automatiquement aux clients au début de l’année prochaine par le biais de la facture de leur fournisseur ».

Le régulateur souligne également qu’ »une interruption d’une durée observée le 28 avril 2025 pourrait avoir un impact significatif sur les indicateurs de qualité de service », évalués annuellement. 

Qu’est-ce qu’un événement exceptionnel ?

L’ERSE peut classer un événement comme exceptionnel si toutes les conditions suivantes sont réunies : « faible probabilité d’occurrence de l’événement ou de ses conséquences », entraînant « une diminution significative de la qualité de service fournie », il n’est « pas raisonnable économiquement que les opérateurs de réseaux évitent toutes ses conséquences », et que « l’événement et ses conséquences ne soient pas imputables aux opérateurs de réseaux ».

Selon le régulateur, « il incombe aux opérateurs de réseaux de demander et de justifier la classification comme événement exceptionnel, le cas échéant, une attention particulière étant accordée à l’analyse technique réalisée par les différentes entités impliquées ».

Les consommateurs peuvent-ils demander des indemnités pour les préjudices subis ?

L’ERSE indique que les consommateurs « peuvent toujours déposer une réclamation auprès de leur fournisseur d’énergie ou opérateur de réseau pour d’éventuels préjudices causés par la panne, et pour cela ils doivent fournir des preuves de ces préjudices ».

En règle générale, elle a précisé que « les interruptions d’approvisionnement ne causent pas de dommages aux équipements » et que « la reprise du service respecte des règles pour éviter des dégâts aux équipements ».

L’ERSE a néanmoins demandé aux consommateurs « de ne pas saturer aujourd’hui les canaux de communication des opérateurs de réseaux et des fournisseurs, pour permettre le rétablissement du fonctionnement normal du système ».

Le régulateur a rappelé que « la détermination de la responsabilité en cas de préjudices invoqués par les consommateurs », comme l’interruption de processus de production, la perte de biens nécessitant une réfrigération, des activités qui n’ont pas fonctionné, entre autres, « n’est pas de la compétence de l’ERSE, mais des tribunaux (judiciaires, juges de paix ou tribunaux arbitraux de la consommation) ».

Quels sont les devoirs d’information des opérateurs de réseaux ?

En cas d’incidents ayant un grand impact, tels que celui-ci, les opérateurs de réseaux doivent envoyer à l’ERSE une information préliminaire, dans les trois jours, contenant les meilleures informations disponibles pour caractériser l’incident, ainsi qu’un rapport complet, dans un délai de 20 jours, avec des informations détaillées.

« Ce délai peut être prolongé par décision de l’ERSE pour des situations de grande complexité, notamment impliquant plusieurs entités européennes, comme c’est le cas présent », a-t-elle souligné.