La suspension est conditionnée à un régime de probation, selon un plan à élaborer par la Direction Générale de la Réinsertion et des Services Pénitentiaires, qui doit inclure, « entre autres, le dépistage et éventuellement le traitement de la paraphilie ou de toute pathologie psychologique/psychiatrique pouvant être liée » à la conduite en question dans le cadre du procès, sans l’application de peines accessoires, selon le jugement auquel l’agence Lusa a eu accès.
Selon le document, l’homme, sans antécédents criminels, a avoué « intégralement et sans réserve les faits reprochés ».
Le tribunal a prouvé que la jeune fille, née en 2006, était « très réservée, peu sociable et introvertie, présentant des troubles liés au jeu pathologique et un usage excessif des jeux vidéo ».
En 2019, elle a commencé à jouer en ligne avec l’accusé sur le ‘chat’ de la PlayStation, et celui-ci a commencé à la contacter principalement par ce biais, puis via WhatsApp.
L’accusé a commencé à jouer avec elle « régulièrement et à lui parler, laissant ainsi se créer des liens affectifs envers lui, tout en connaissant son âge ».
L’homme « a également fini par créer avec elle une relation affective », tandis que la mineure « s’est mise à penser qu’ils avaient une relation amoureuse ».
L’accusé a commencé « à envoyer des messages, des photos et des vidéos de nature sexuelle » à la mineure, et celle-ci, « à sa demande et sous son incitation », a envoyé des photos d’elle du même type.
Le tribunal à juge unique a également prouvé que l’homme a agi avec l’intention délibérée d’inciter la mineure à lui envoyer ces photos, agissant toujours pour satisfaire ses pulsions libidineuses.
Cet accusé a été arrêté par la Police Judiciaire en janvier 2023, soupçonné d’avoir séquestré la mineure (aujourd’hui majeure) huit mois auparavant dans la ville de Leiria.
Le Ministère Public (MP) a décidé de classer sans suite cette partie de l’affaire, faute d’indices suffisants, pour les crimes de enlèvement, d’abus sexuels sur mineurs dépendants ou en situation particulièrement vulnérable, et de harcèlement sexuel.
Dans la décision finale, dans la partie mentionnant l’archivage partiel, où sont rapportées les déclarations futures faites par la mineure à l’époque, celle-ci a déclaré que « la décision de fuir était la sienne », en raison d’une « relation froide avec ses parents, d’une absence de relations amicales à l’école et d’un avertissement de la CPCJ [Comité de Protection des Enfants et des Jeunes] indiquant qu’elle devait améliorer ses résultats scolaires, faute de quoi elle serait institutionnalisée ».
« C’est elle-même qui a tout planifié, notamment les itinéraires à suivre, sans caméras, et le jour où elle allait fuguer », a soutenu le MP, observant que « sachant qu’elle pouvait être localisée grâce à son téléphone portable, elle l’a éteint et ne l’a pas rallumé ».