Objectifs budgétaires pour la Culture
En ce qui concerne les objectifs de financement pour la Culture, la coalition AD-PSD/CDS veut atteindre en 2028 une valeur dans le budget de l’État supérieure de 50 % à celle de 2024.
D’après la proposition de budget de l’État pour 2025 du gouvernement AD, « le Programme Budgétaire de la Culture prévoit, dans le budget pour 2025, une dotation de dépenses totales consolidées de 597,3 millions d’euros », avec « une dépense effective consolidée prévue de 593,1 millions d’euros ».
Dans le cadre de la dépense totale consolidée de chaque programme budgétaire, la culture prévoit également 207,3 millions d’euros dans le cadre du Plan de Relance et de Résilience (PRR).
En 2024, la dépense effective pour la Culture s’élevait à 450,9 millions d’euros, selon les tableaux accompagnant le rapport de la proposition pour 2025.
Les partis Livre et Bloco de Esquerda (BE) défendent 1 % du PIB pour la Culture, tandis que le parti Pessoas-Animais-Natureza (PAN) vise 1% effectif du budget de l’État.
La CDU (coalition entre le PCP et le Parti Ecologiste « Os Verdes ») propose une dotation du ministère de la Culture représentant 1 % du budget de l’État, dans le but d’atteindre progressivement 1 % du PIB.
La réalisation de 1 % du PIB pour la Culture porterait les transferts pour le secteur à environ 2,64 milliards d’euros, en prenant comme référence la valeur générée en 2024 (environ 264 milliards d’euros, à prix courants).
En se basant sur la dépense effective de l’administration publique en 2024, qui était de 93,1 milliards d’euros, en excluant les actifs et passifs financiers, 1 % du budget de l’État pour la Culture correspondrait à environ 931 millions d’euros de dépenses disponibles à répartir parmi les organismes supervisés.
Sans indiquer de valeurs, le PS parle de « continuer à renforcer la dotation du secteur », tandis que le Chega mentionne un financement « de manière durable et juste ».
L’Iniciative Liberal (IL) ne fait aucune mention à cet égard, défendant une politique culturelle qui « stimule l’investissement privé dans la culture ».
Patrimoine Culturel
Le programme électoral de la CDU prévoit la réalisation d’un programme national d’urgence pour le patrimoine culturel, ainsi que l’interdiction de l’aliénation et de la concession de biens patrimoniaux de l’État, notamment du patrimoine classé.
Parmi les propositions de la CDU dans ce domaine figure également l’élargissement du régime de gratuité d’accès aux musées, palais, monuments et sites archéologiques.
Le Chega présente comme l’une de ses priorités la protection et la dynamisation du patrimoine matériel et immatériel, notamment du patrimoine historique, architectural et archéologique, ainsi que des traditions populaires.
Parmi les diverses propositions du parti dans ce domaine figurent le renforcement des mesures de sauvegarde du patrimoine et la mise en œuvre d’un programme national de récupération du patrimoine, incluant les monuments, églises historiques, musées et patrimoine classé à risque. Le Chega veut également créer le Musée des Découvertes et le Musée National de l’Art Sacré.
La vision de l’IL dans ce domaine passe par la création d’un nouveau modèle « qui libère la gestion du patrimoine du poids excessif de l’État central ».
Bien qu’elle souligne les « avancées récentes » avec la création de l’entreprise publique Musées et Monuments du Portugal et de l’institut public Patrimoine Culturel, réalisée sous le XXIIIe gouvernement (PS), « beaucoup reste à concrétiser et à atteindre en matière d’autonomie des institutions culturelles ».
La sauvegarde, conservation et réhabilitation du patrimoine culturel figure également parmi les objectifs de la coalition PSD/CDS-PP, qui s’engage à continuer à renforcer les mesures de sauvegarde du patrimoine et à élaborer un plan d’inventaire et de réhabilitation des bâtiments ayant une grande valeur culturelle.
Le PS veut lancer un programme d’investissement public « d’envergure » dans la récupération du patrimoine culturel après le Plan de Relance et de Résilience.
Renforcer les cadres de l’administration publique, en particulier dans le domaine de l’archéologie, et réglementer le profil professionnel des conservateurs-restaurateurs sont deux autres propositions des socialistes dans le domaine du patrimoine.
Dans le programme électoral du Livre, le parti souhaite « décoloniser la culture » et créer des « musées narratifs » qui, entre autres aspects, « incitent à la création de réseaux de parcours et d’itinéraires thématiques sur des périodes moins étudiées ou moins connues ».
« Effectuer l’application de la Loi de l’Autonomie et des Monuments » est ce que défend le BE.
Livre, lecture et bibliothèques
Le Chega veut modifier le décret-loi fixant le Régime du Prix Fixe du Livre, « rendant la loi moins restrictive pour la liberté des librairies ». En revanche, l’IL souhaite abroger cette loi et libéraliser le marché du livre.
La coalition AD-PSD/CDS s’engage à « faciliter le contact de la communauté scolaire avec des écrivains nationaux ».
Parmi les diverses propositions pour ce domaine, la CDU prévoit la création d’un programme de soutien aux petites librairies et maisons d’édition indépendantes, ainsi que la réforme et le renforcement du Programme de Bourses de Création Littéraire.
Le PS veut reformuler le Plan National de Lecture (PNL), soutenir les petites maisons d’édition indépendantes et mettre en place « des mesures de conservation » pour les petites librairies et des aides « dans les zones périphériques ».
Le Livre propose de restructurer la Direction Générale du Livre, des Archives et des Bibliothèques. Il veut également revoir le PNL et augmenter la valeur du chèque-livre d’ici la fin de la législature.
« Créer la Bibliothèque Nationale Eduardo Lourenço, une grande bibliothèque publique de dimension européenne et internationale » est une autre proposition du Livre.
Le BE partage l’intention du Chega de revoir la Loi du Prix Fixe du Livre, mais veut aussi renforcer les moyens de la Réseau National des Bibliothèques Publiques, de la Réseau National des Bibliothèques Scolaires et des bibliothèques de recherche.
Le PAN préconise un soutien aux maisons d’édition et aux entités du secteur du livre, « afin d’encourager la réutilisation des livres (pour éviter leur destruction) et de mettre l’accent sur la transition numérique (e-book ou audiobook) ».
Travail
Le Statut des Professionnels de la Culture, un cadre juridique pour les travailleurs indépendants du secteur, en vigueur depuis 2022, figure dans les programmes électoraux de presque tous les partis.
La CDU réclame des « mécanismes efficaces d’accès aux prestations sociales et une carrière contributive stable pour les travailleurs » et veut que les contrats de travail soient un « élément fondamental » pour l’attribution des aides publiques.
Le PS veut évaluer le Statut et « renforcer l’obligation de contracter des travailleurs par les entités soutenues par l’État ».
Parmi les diverses mesures présentées, le Livre, le Chega, le PAN et le BE souhaitent revoir le Statut, soit pour l’adapter « à la réalité du secteur » (Livre), soit pour combattre la précarité (BE), soit « pour garantir une protection sociale effective aux travailleurs intermittents » (Chega).
Le PAN ajoute la création du Statut de la Haute Performance Artistique, tandis que la CDU défend « la contractualisation collective et le travail avec droits » et « la participation des travailleurs de la Culture à la définition des politiques sectorielles ».
Les programmes de l’IL et de l’AD ne font aucune référence aux conditions de travail dans le secteur.
Soutiens aux Arts
Le PS veut « créer un mécanisme correctif pour que les aides trouvent une expression sur tout le territoire » et le BE évoque une « augmentation significative et diversification du financement à la création artistique ».
Une « Plateforme de Circulation Nationale » pour jeunes artistes et un réseau de « Maisons de la Création » sont deux autres propositions du PS.
Les socialistes veulent également que les espaces vacants, « non éligibles pour l’habitation », soient concédés gratuitement aux créateurs et structures culturelles « comme espaces de travail, répétition et stockage ».
Le PAN va dans le même sens, en visant la « disponibilité des bâtiments et espaces publics sous-utilisés ou abandonnés pour des résidences artistiques », et il défend aussi la création d’une taxe « sur les grandes plateformes numériques » pour financer des projets culturels nationaux.
Le Livre souhaite « stabiliser la relation entre la loi en vigueur, les délais qu’elle fixe, la déclaration annuelle de la Direction Générale des Arts, les réglementations en suspens et l’ouverture des concours respectifs ».
La CDU veut reformuler le modèle d’attribution de soutien aux arts, garantir la mise à jour annuelle des montants contractés dans les concours pluriannuels, mais aussi adapter les calendriers des concours à la réalité des différentes formes d’expression artistique « en les respectant ».
La coalition AD-PSD/CDS entend « développer un programme national de soutien aux structures de programmation, résidence, incubation et création artistique indépendantes et réviser le régime de soutien aux orchestres régionaux ».
L’IL souhaite diversifier le financement et décentraliser la décision et la production dans le soutien aux arts, impliquant les municipalités et les institutions culturelles et renforçant les partenariats public-privé dans la promotion internationale des auteurs et créateurs nationaux, impliquant la communauté et les entreprises.
Le Chega propose un soutien financier « aux projets culturels nationaux pertinents pour la promotion de l’identité et la culture portugaises » et souhaite créer un programme « spécifique de soutien direct aux fanfares et groupes folkloriques ».
Cinéma et Audiovisuel
Le BE défend la création d’une entité publique de distribution de cinéma pour combattre « le monopole » des grandes entreprises du secteur, et propose de nouvelles obligations pour les opérateurs et distributeurs, comprenant « des quotas pour la production musicale et audiovisuelle portugaise indépendante ».
Le Livre propose également la création d’un quota annuel de cinéma portugais dans les cinémas et le PAN propose un groupe de travail pour définir des objectifs et augmenter la part de marché du cinéma portugais à 10 % d’ici 2028 et 15 % d’ici 2030.
Le PS soutient « des mécanismes efficaces » au sein de l’Institut du Cinéma et de l’Audiovisuel (ICA), pour « distribuer et montrer en interne le cinéma produit au Portugal ».
Selon l’ICA, les films de production portugaise ont enregistré, au premier trimestre de cette année, 17 265 spectateurs et 68 230 euros de recettes, ce qui représente une part de marché de seulement 0,7 % et 0,4 %, respectivement.
Le Chega entend « améliorer la distribution du cinéma national », « soutenir les coproductions internationales qui apportent des investissements et de la visibilité » et « renforcer le financement public du cinéma national ». De plus, le parti veut créer le noyau muséologique de la Cinémathèque Portugaise.
Cet organisme est également mentionné dans le programme de la CDU, qui souhaite « valoriser le cinéma portugais, en préservant le caractère entièrement public de la Cinémathèque, en renforçant les moyens financiers et humains de l’ICA et en promouvant le soutien à la création et à la distribution cinématographique nationale et non commerciale ».
La coalition PSD/CDS-PP prévoit de mettre en œuvre le Plan Stratégique du Cinéma et de l’Audiovisuel, actuellement en consultation publique. La prétention est similaire à celle de Chega, qui veut « développer et mettre en œuvre » ce plan.
L’IL n’a pas de propositions spécifiques pour ce domaine.
Inclusion et Accessibilité
Dans son programme électoral, le Livre défend un secteur artistique et culturel « véritablement accessible aux personnes en situation de handicap ou ayant des besoins spécifiques, tant dans la pratique professionnelle que dans la consommation ».
Le BE propose un plan pour donner de la visibilité aux « manifestations culturelles des communautés minoritaires » et un soutien « à l’interprétation en langue des signes portugaise dans les spectacles vivants et à la production de versions en braille ou audio des matériaux imprimés ».
La coalition AD-PSD/CDS entend, si elle revient au pouvoir, « poursuivre le travail déjà réalisé dans la promotion de la diversification et de l’inclusion des publics », afin de garantir l’accès à la culture « en particulier pour les plus vulnérables et défavorisés ».
Mécénat
La coalition AD-PSD/CDS souhaite réviser le régime légal du mécénat, « en créant un régime attractif, mobilisateur, basé sur la liberté de l’initiative culturelle ».
Position similaire de l’IL, qui propose une révision « profonde » de ce régime, « centrée sur la création d’un Statut du Mécénat Culturel autonome, séparé de l’actuel Statut des Bénéfices Fiscaux, avec ses propres règles ».
Quant au Chega, il souhaite « mettre à jour » la loi en vigueur afin « d’encourager directement le financement privé des arts ».
Comme dans les programmes électoraux précédents, le PS inscrivait l’intention « d’avancer vers un nouveau statut du mécénat culturel » et le Livre fait une brève référence pour que la « Loi du Mécénat soit concrétisée ».
Les programmes de la CDU, du BE et du PAN ne font aucune référence au mécénat.
Droits d’auteur
En matière de droits d’auteur, le BE écrit, de manière générale, qu’il défend la « promotion de l’organisation collective des droits des auteurs, artistes et interprètes, sans préjudice de la décision individuelle sur la disponibilité de leurs œuvres ».
La coalition AD-PSD/CDS propose « d’étudier l’assimilation des droits d’auteur sur les partitions musicales aux droits d’auteur des livres ».
L’IL défend « l’élimination de toutes les exemptions à la redevance pour copie privée », une taxe que le parti qualifie de « inique et injuste ».
La CDU évoque dans son programme la « défense du respect des droits d’auteur dans un environnement ou support numérique ».