OM prépare une proposition pour élargir la collecte d’organes ‘post-mortem’

Le thème sera débattu cet après-midi à l’Ordre des Médecins (OM), dans le cadre de la Journée de Clarification Maastricht III, un événement organisé par la Commission pour la Réglementation de la Collecte d’Organes de Donneur en Arrêt Cardio-Circulatoire Contrôlé (Maastricht III) de l’OM.

« L’objectif de cette commission est de combler un vide qui existe dans le don d’organes au Portugal, notamment dans sa réglementation, car pratiquement dans tout le monde occidental (…) il existe un type de don d’organes qui correspond à cette catégorie 3 de Maastricht, qui contribue très significativement au don d’organes dans plusieurs pays », a expliqué à Lusa le coordinateur du groupe de travail de l’OM, Eduardo Sousa.

Selon l’intensiviste, la Maastricht III « fait partie des soins de fin de vie, des bons soins de fin de vie ».

« Chaque jour, dans les unités de soins intensifs, il y a des situations qui, malheureusement, ne se passent pas bien. Ce sont des situations où le traitement n’a pas abouti. Les personnes ne s’améliorent pas, continuent de voir leur état se détériorer, et les équipes médicales (…) finissent par conclure que tous les efforts thérapeutiques sont futiles. Cette situation est communiquée à la famille, et ce qui se fait normalement est de suspendre ces traitements, et la personne finit par décéder. Or, ce type de situations peut ensuite être orienté vers le don d’organes », a-t-il observé.

Eduardo Sousa a indiqué qu’un document est en cours de rédaction, jusqu’à la fin juin, qui « permettra de modifier l’arrêté en vigueur à ce jour et qui permettra d’inclure, dans le don d’organes, les autres catégories de Maastricht ».

Actuellement, au Portugal, la collecte d’organes – rein, foie, poumon, cœur ou pancréas – ne peut se faire que chez des donneurs où la mort de cause circulatoire survient « de manière non contrôlée par l’équipe médicale », comme, par exemple, après une réanimation cardiopulmonaire sans succès.

Une fois terminé, le texte sera présenté au Conseil National d’Éthique pour les Sciences de la Vie (CNECV) et soumis au Ministère de la Santé pour évaluation.

Cependant, Eduardo Sousa a considéré le Portugal « comme un pays exemplaire en termes de don d’organes », malgré plus de 2 000 personnes en liste d’attente pour une greffe.

« Au Portugal, au cours des deux dernières années, nous avons atteint les valeurs les plus élevées jamais enregistrées en ce qui concerne le don d’organes. Donc, dans l’activité que nous avons déjà sur le terrain, à l’heure actuelle, il est très difficile de faire mieux. Ce qui nous reste à faire, c’est explorer cette voie du don en catégorie 3 de Maastricht », a-t-il ajouté.

Le président de l’OM, Carlos Cortes, a rappelé qu’il s’agit « d’une discussion qui remonte à plus de 10 ans » et « c’est quelque chose » qui se pratique déjà dans plusieurs pays européens, comme l’Espagne, le Royaume-Uni, la France, la Belgique, ainsi qu’au Canada et aux États-Unis.

« Il est nécessaire de trouver des modèles techniques qui permettent davantage d’organes et davantage d’organes viables. La Maastricht III va encore renforcer, au Portugal, cette offrande d’organes pour ceux qui en ont besoin », a-t-il souligné.