L’économiste en chef de l’Organisation de Coopération et de Développement Économiques (OCDE), Álvaro Pereira, a dévoilé aujourd’hui ces chiffres lors de la présentation à la presse du rapport « Outlook », qui réduit presque totalement les attentes pour les pays membres de l’organisation et les grands pays émergents.
Le secrétaire général de l’OCDE, Mathias Cormann, a renforcé cet avertissement, soulignant que, même avec la révision à la baisse des attentes, « il existe des risques significatifs » que le résultat final puisse être pire « en raison de l’incertitude politique ».
Cormann, qui a évité de se référer directement à Donald Trump comme cause de cette situation en raison de la guerre commerciale qu’il a lancée depuis son arrivée à la Maison Blanche en janvier, a précisé que dans un scénario d’une augmentation supplémentaire de 10 points des tarifs américains, l’OCDE dans son ensemble perdrait 1,3 point de PIB à l’issue de deux ans.
Les plus touchés seraient les États-Unis et leurs deux principaux partenaires commerciaux, le Mexique et le Canada.
Selon l’OCDE, d’autres pays latino-américains dont le commerce extérieur dépend fortement du marché nord-américain figurent également parmi les principales victimes de la guerre commerciale de Trump : Chili, Colombie et Costa Rica.
L’un des effets induits de l’escalade tarifaire pour les États-Unis est la recrudescence de l’inflation qui empêchera la Réserve fédérale américaine de continuer à réduire les taux d’intérêt, comme Trump le souhaitait avec ses pressions.
Dans cette situation, la principale recommandation de Cormann était le « dialogue constructif pour la résolution des tensions commerciales ».
Dans le contexte actuel de telles tensions, l’OCDE a revu aujourd’hui à la baisse ses prévisions pour le commerce mondial.
Si, au premier trimestre de cette année, le commerce mondial a repris, car de nombreuses industries souhaitaient expédier leurs produits avant d’être affectées par les nouvelles tarifs, à partir de là, le taux de croissance ralentira de peu plus de 4% en 2024 à seulement 1,5% au début de 2026.
C’est bien moins que l’augmentation de 3,5% que l’OCDE avait estimée dans le rapport de Perspectives en décembre dernier.