Dans un communiqué publié samedi sur son site internet, la Procuradoria-Geral Regional do Porto (PGRP) indique que, par une ordonnance du 23 août, le MP a accusé neuf prévenus — une société et huit personnes physiques — de crimes de trafic et autres activités illicites aggravés, d’associations criminelles, de blanchiment, de falsification ou contrefaçon de documents et de conduite de véhicule sans permis légal.
« Selon l’accusation, les faits concernent le montage et l’exploitation d’un laboratoire à Santa Maria da Feira, qui a fonctionné en 2024, où les accusés ont procédé à la transformation de pâte de cocaïne importée d’Amérique du Sud, principalement par voie maritime, en cocaïne pour une commercialisation ultérieure au public, notamment dans les pays européens », indique la même note.
Selon la Procuradoria, cette activité était dirigée par trois des prévenus, deux d’entre eux étant chargés des tâches d’importation et de distribution finale du produit, tandis que le troisième prévenu était responsable de la logistique, y compris la location des installations du laboratoire et l’engagement des autres prévenus pour les aider dans la transformation du produit.
La PGRP indique également que certains des prévenus engagés ont assumé des tâches extérieures (transport ou intermédiaire dans les transactions de vente de cocaïne).
D’après les enquêteurs, l’activité du laboratoire se déroulait principalement la nuit, produisant plus de 140 kilos de cocaïne, avec un prix de vente au consommateur supérieur à 2,8 millions d’euros.
« L’importation de la pâte de coca était une méthode récente en Europe et avait l’avantage de tromper les autorités transfrontalières (en échappant à la fois aux rayons X et à l’odorat des chiens détecteurs) », précise la note.
Toujours selon la PGRP, plus de 14 kilogrammes de cocaïne ont été saisis, correspondant à 67.695 doses individuelles.
Le MP a également imputé au prévenu responsable de la logistique l’utilisation de faux documents d’identification (carte d’identité inexistante de nationalité croate et permis de conduire faux) pour circuler sur la voie publique, louer des véhicules, louer les installations du laboratoire, créer la société accusée, ouvrir des comptes bancaires, engager les autres prévenus et les déclarer à la Sécurité Sociale.
Il est également reproché à deux des prévenus des actes de blanchiment des profits du crime, par conversion dans l’installation et l’équipement d’une salle de sport, l’acquisition d’un bien immobilier et la dissipation par comptes bancaires.
Le MP a formulé une demande de confiscation des avantages de l’activité criminelle.
Quatre des prévenus attendent le déroulement du procès en détention provisoire.
