L’accusé, âgé de 55 ans, sera jugé par un collège de juges du Tribunal de Vila Real pour tentative d’homicide qualifié, préparations d’un crime d’incendie, explosions et autres conduites particulièrement dangereuses, ainsi que pour possession d’une arme prohibée.
Le tribunal devrait bientôt fixer la date du début du procès.
Selon l’acte d’accusation du ministère public (MP), le cas remonte au 3 août 2024, lorsque le militaire de la GNR, à la retraite depuis le 15 juillet de la même année, est entré à 19h00 dans le poste de contrôle de Chaves, où ne se trouvait qu’un garde, et a tiré au moins 11 coups de feu avant d’être immobilisé par cet agent de la GNR.
Le MP rapporte que, pour exécuter son plan, l’accusé a placé un mélange inflammable de couleur jaune, contenant de l’essence, à l’intérieur de plusieurs bouteilles en plastique et en verre avec des mèches à goulot, improvisant des engins très similaires à ceux permettant d’allumer un feu, communément appelés ‘cocktail molotov’.
Dans sa voiture, il avait également, entre autres, une hache, un couperet, un marteau, un rouleau de ruban adhésif marron, des briquets et des munitions, et lorsqu’il est entré dans le poste, il portait un revolver et un briquet.
À l’intérieur, il a demandé au garde, de service ce jour-là pour l’accueil du public, s’il y avait une notification à son intention, a demandé à aller aux toilettes et, puis surgissant près de la porte du secrétariat, a pointé le revolver en direction du militaire et a tiré, sans le toucher car ce dernier s’est jeté au sol, continuant à tirer tandis que le garde rampait jusqu’à une deuxième porte du secrétariat pour sortir par la fenêtre.
Selon l’accusation, le militaire est revenu par la porte après s’être rendu compte que l’accusé se préparait à recharger son arme, l’a saisi, a été frappé par au moins quatre coups à la tête, mais a quand même réussi à éloigner l’arme.
Malgré tout, l’accusé a utilisé le garant de l’arme (accessoire qui attache l’arme à la ceinture) pour tenter d’étrangler le garde qui a réussi à se dégager et à immobiliser l’attaquant jusqu’à l’arrivée d’un autre militaire de la GNR.
Le MP indique que l’accusé a déchargé 11 des 20 munitions qu’il transportait, avec lesquelles il avait l’intention d’atteindre le militaire en service au poste, qui a dû recevoir des soins médicaux à l’hôpital.
Dans sa maison, des munitions supplémentaires de divers calibres ont ensuite été trouvées. En tant que militaire de la GNR, il est exempté de licence d’utilisation et de port d’armes.
L’accusation souligne que l’accusé connaissait les caractéristiques de tous les objets qu’il a acquis et fabriqués, notamment les engins incendiaires artisanaux, et considère qu’il a tiré pour un motif injustifié et incompréhensible selon le bon sens.
Le MP relie les faits à la circonstance selon laquelle l’accusé ressent une révolte envers l’institution GNR et ses collègues de service, un motif qu’il considère totalement « irrélevant et futile face à la valeur de la vie d’un autre être humain ».
Avant son passage à la retraite, il avait déposé plusieurs plaintes auprès du MP et de l’institution GNR concernant le poste où il a exercé des fonctions pendant au moins 20 ans, ses supérieurs hiérarchiques et ses collègues de travail, et a également fait des déclarations devant des militaires, comme « le poste de Chaves sera plus connu que le Sanctuaire de Fatima ».
Le MP considère que l’accusé a agi de manière libre et délibérée et qu’il souffrait d’une perturbation délirante chronique, toutefois, dit qu’il est irresponsable pénalement, avec un risque de dangerosité pour lui-même et pour les autres.
Depuis août, il est en détention provisoire à l’Établissement Pénitentiaire Militaire de Tomar.