Interrogée sur l’efficacité des mesures en place pour combattre la désinformation, Sofia Moreira de Sousa souligne que celles-ci ne sont jamais suffisantes et qu’il reste « beaucoup à faire ».
En effet, l’information et la désinformation voyagent « à la vitesse d’un clic » et « peu importe les mesures entreprises, rien ne peut remplacer le développement de la pensée critique de chacun », explique-t-elle.
« Il existe donc une responsabilité individuelle dans l’absorption et la digestion de l’information, mais également une responsabilité des autorités et de l’Union européenne elle-même, qui n’a ménagé aucun effort dans la lutte contre la désinformation, en intervenant à plusieurs niveaux », note la représentante de la Commission européenne au Portugal.
La littératie numérique et médiatique est « essentielle pour préparer les récepteurs, les consommateurs, à disposer de cette capacité d’analyse critique des informations auxquelles ils s’exposent », énumère-t-elle, en précisant qu’il est également nécessaire de soutenir le journalisme, qui « est essentiel à une démocratie » pour que les citoyens puissent faire « des choix véritablement libres ».
Pour cela, il est indispensable de « fournir une information fiable », souligne Sofia Moreira de Sousa.
« Or, nous savons que, malheureusement, les journalistes font face à de nombreux défis, non seulement en raison des réductions de financement mais aussi à cause de l’autocensure et du manque de transparence sur la propriété des médias, bref, une série de problèmes qui ne sont pas nouveaux, des défis qui ne sont pas nouveaux, mais il est important de développer des mesures et une législation pour protéger les journalistes et le journalisme indépendant, impartial et véridique », plaide-t-elle.
Ensuite, il faut continuer à « soutenir les ‘fact-checkers’, c’est-à-dire ceux qui vérifient la véracité des informations », souligne-t-elle.
« Nous travaillons avec plusieurs entités et la Commission européenne elle-même a établi des partenariats, non seulement avec les plateformes numériques, mais également avec plusieurs plateformes de communication sociale, pour développer ce travail de vérification des faits », rappelle-t-elle.
Sofia Moreira de Sousa insiste sur la responsabilité individuelle que chacun doit assumer en réfléchissant bien avant de diffuser des messages lorsqu’on n’a pas la « capacité ou le temps nécessaire pour en vérifier l’authenticité ».
En ce qui concerne la littératie numérique, elle rappelle qu’elle commence à l’école mais ne s’y limite pas, étant un processus « continu de formation », et dans ce sens, « il est nécessaire de travailler sur diverses plateformes numériques et dans les médias classiques » pour atteindre également les tranches d’âge moins jeunes.
« Il est nécessaire de mener ce travail auprès de toutes les tranches d’âge », souligne-t-elle.
Même au niveau numérique « la législation qui a été approuvée et proposée par la Commission européenne est très importante, notamment en ce qui concerne déjà la vérification des contenus », affirme-t-elle, défendant le principe selon lequel ce qui est illégal ‘offline’ l’est aussi ‘online’.
Combattre la désinformation est « un combat dans lequel nous devons tous rester engagés, les institutions européennes, dès à présent, et la Commission européenne continuera à défendre le pluralisme des médias, le rôle des journalistes, la liberté de la presse et le droit des citoyens d’accéder à des informations fiables, car c’est la seule façon d’assurer une démocratie, que les gens soient informés et exercent leur liberté et leur droit de choix de manière informée et avec des informations impartiales », conclut-elle.
Sofia Moreira de Sousa a participé à la conférence « Les citoyens peuvent vaincre la désinformation », organisée par le Conseil économique et social (CES) et le Comité économique et social européen (CESE), qui s’est tenue jeudi à Lisbonne.