L’UE voit le Mozambique prêt pour une « nouvelle page » après le dialogue entre le Président et l’opposition.

« Une nouvelle page s’est ouverte avec ces initiatives politiques significatives. Il est maintenant possible d’écrire une nouvelle page pour le Mozambique. Et Monsieur le Président a la tâche, un défi fondamental, de diriger la construction du présent et de l’avenir du pays », a déclaré aujourd’hui l’ambassadeur de l’Union européenne au Mozambique, Antonino Maggiore.

 

Le Président du Mozambique, Daniel Chapo, a rencontré aujourd’hui l’ambassadeur de l’Union européenne au Mozambique ainsi que les ambassadeurs des États membres de l’UE dans le pays pour discuter et renforcer la coopération.

L’ambassadeur de l’UE a souligné les efforts du Président du Mozambique pour atteindre la stabilité et la paix dans le pays, en se réunissant avec des partis politiques de l’opposition et avec l’ancien candidat à la présidence, Venâncio Mondlane, affirmant que le chef d’État « a complété le dialogue avec tous les interlocuteurs ».

« Nous saluons l’agenda réformiste et de changement du Président de la République (…) Dans cette tâche de réformes du pays, le Président peut compter sur l’Union européenne et ses États membres. Nous travaillons avec son équipe à la Présidence ainsi qu’avec le gouvernement et les institutions pour offrir un soutien global et concret », a déclaré Antonino Maggiore, en précisant que l’UE souhaite offrir un soutien direct au processus de réformes dans le pays.

L’Assemblée de la République du Mozambique a approuvé, le 2 avril, à l’unanimité et de manière définitive, la loi de l’accord politique pour pacifier le pays, qui prévoit de revoir la Constitution et les pouvoirs du Président.

Le dispositif légal est basé sur l’accord entre le Président Daniel Chapo et tous les partis politiques, signé le 5 mars et soumis à l’Assemblée de la République pour examen en urgence.

Dans le cadre de la réforme constitutionnelle, trois objectifs sont adoptés dans la loi, en commençant par la « réforme de l’État », avec des mesures au niveau du « système politique, des pouvoirs du Président (…), de la dépolitisation des institutions de l’État, de la décentralisation et de la déconcentration politique, économique et financière ».

La loi inclut également la « réforme du système judiciaire », notamment « le mécanisme de nomination des titulaires des organes de justice et leur indépendance financière et administrative », ainsi que la « réforme du système électoral », dans ce cas avec la « définition d’un nouveau modèle, la composition des organes d’administration électorale, la législation électorale, les organes de justice électorale, entre autres aspects contribuant à l’intégrité de tout le processus électoral ».

Sur la base de ce qui a été approuvé par le parlement, une commission technique de 21 membres – 18 issus des partis et trois désignés par la société civile – sera instituée pour opérationnaliser ces mesures, avec une proposition de budget de 91.471.200 meticais (1,3 million d’euros), dont plus de la moitié pour les frais de présence, des sommes à garantir par le gouvernement et les partis.

L’ancien candidat à la présidence, Venâncio Mondlane, qui ne reconnaît pas les résultats des élections générales du 9 octobre, a convoqué les manifestations qui, en cinq mois, ont causé environ 360 morts.

Cependant, le 23 mars, Venâncio Mondlane et Daniel Chapo se sont rencontrés pour la première fois et ont pris l’engagement de mettre fin à la violence dans le pays.

Depuis octobre, 388 personnes ont trouvé la mort, selon le dernier bilan de la Plataforma Decide, une organisation non-gouvernementale mozambicaine qui suit les processus électoraux.

Le gouvernement mozambicain a confirmé au moins 80 décès, ainsi que la destruction de 1.677 commerces, 177 écoles et 23 unités de santé durant les manifestations.