Dans des déclarations faites aujourd’hui à l’agence Lusa, le président de l’Ordre des médecins a indiqué que l’Ordre a sollicité des réunions avec les partis parlementaires, désormais commencées, et a présenté une proposition de loi pour modifier la loi n.º 33/2025, en vigueur depuis le 1er avril, dans le but de créer « une loi plus inclusive » que celle implicite dans la législation actuelle.
Pour Carlos Cortes, la loi actuelle est « punitive », plaçant « le fardeau sur les professionnels de santé », notamment sur les obstétriciens et les entités prestataires de soins.
« Notre proposition reflète quelque chose de complètement différent. Elle incite les personnes à discuter entre elles et à analyser de manière rigoureuse et scientifique les problèmes, puis, si nécessaire, à agir », a-t-il expliqué.
Le président a souligné que la proposition de l’OM vise principalement « la vérité et la transparence », suggérant pour cela la réalisation d’une étude diagnostique permettant une évaluation rigoureuse de la situation actuelle des soins de santé pendant la grossesse et l’accouchement.
Il a rappelé que la législation précédente prévoyait que la Direction générale de la santé rédige un rapport annuel sur les soins pendant la grossesse, ce qui n’a jamais été fait. Sans ces données, a-t-il affirmé, persiste une perception publique basée sur des cas isolés plutôt que sur la réalité quotidienne des maternités.
L’OM propose également la création du Conseil national pour la protection de la grossesse et des soins périnataux, intégrant des représentants des associations de défense des droits pendant la grossesse et l’accouchement, des ordres des médecins et des infirmiers, de la DGS, du gouvernement et de l’Assemblée nationale.
L’objectif, a-t-il expliqué, est de réunir les entités pour, « de manière franche, transparente, sérieuse, honnête et fondée sur des preuves », analyser la réalité nationale et, si nécessaire, prendre des mesures concernant les entités prestataires de soins de santé ou les professionnels eux-mêmes.
Les fonctions du conseil incluront des campagnes d’information et de sensibilisation, la rédaction de recommandations basées sur les études annuelles réalisées par les entités compétentes et la réalisation d’un rapport annuel sur la satisfaction des femmes enceintes.
La proposition de l’OM inclut également le renforcement du soutien en santé mentale en cas d’expérience négative pendant la grossesse et l’accouchement, ainsi que des mesures de travail que l’OM considère « absolument essentielles ».
Parmi celles-ci figurent l’obligation de trois jours de dispense pour la femme enceinte avant la date prévue de l’accouchement et le droit pour le père d’assister aux consultations prénatales sans la limite actuelle de trois dispenses.
Elle défend également la simplification de la procédure de dispense d’allaitement, nécessitant seulement une déclaration sous l’honneur de la mère au-delà de la deuxième année de vie de l’enfant.
Le président souligne que le document de l’OM « va plus loin » que les projets en discussion à l’Assemblée nationale, en cherchant à protéger et à octroyer davantage de droits à la femme enceinte, en prenant mieux soin de son bien-être et en promouvant l’intégration entre la femme et les professionnels dans cet objectif, contrairement à la loi actuelle, « qui a placé les femmes enceintes et les professionnels de santé dos à dos ».
Selon le président, la loi sur la violence obstétrique « a démotivé de nombreux médecins », poussant certains à quitter le Service national de santé, notamment des obstétriciens qui envisageaient de rester en fonction après leur retraite.
« Il y a eu un stigma très, très négatif qui a été créé, notamment sur les obstétriciens de manière extrêmement injuste, car de nombreux récits qui sont faits ne correspondent pas » à la réalité, a-t-il déploré.
Il a toutefois précisé que, si ces cas se produisent, que l’OM considère comme « isolés », une action doit être entreprise, que ce soit au niveau des hôpitaux, de la justice ou, dans les cas les plus graves, de l’OM.
Le président a réitéré que l’OM rejette « l’expression de violence obstétrique », jugeant qu’elle est dépassée et stigmatisante, et propose, conformément à l’Organisation mondiale de la santé, les termes « expériences négatives pendant la grossesse et l’accouchement » ou « procédures non justifiées ».
