«Après le val de Santo António et le val de Chelas, nous allons intervenir dans une autre zone dégradée et abandonnée de la ville : nous avons aujourd’hui approuvé la délimitation de l’Unité d’Exécution Marvila-Beato, couvrant 28 hectares [ha], à soumettre à discussion publique», a déclaré Joana Almeida, conseillère municipale en charge de l’Urbanisme, dans une déclaration envoyée à Lusa.
Selon la conseillère indépendante, élue par la coalition « Novos Tempos » (PSD/CDS-PP/MPT/PPM/Alliance), après «trois années de travail intense», la municipalité franchit «le premier pas vers la création d’une nouvelle centralité urbaine, avec quatre quartiers possédant des identités distinctes», notamment Madre Deus et Beato.
«Des quartiers plus résidentiels aux autres à usages mixtes, cette nouvelle centralité comprend un total de 1 360 logements, 63 000m² dédiés au commerce et aux services et équipements, ainsi que 14 ha d’espaces verts. Dans la zone centrale, il y a un grand parc vert de 10 ha, équipé et connecté avec l’environnement », a décrit Joana Almeida.
La conseillère a expliqué que, «dans cette nouvelle centralité urbaine, on privilégie la mobilité douce» et l’on a réussi à «ouvrir un territoire abandonné et replié sur lui-même à toute la zone environnante» et à «résoudre le grand défi d’intégrer la troisième traversée du Tage dans cette nouvelle zone de la ville».
Selon la proposition, la délimitation de l’Unité d’Exécution Marvila-Beato (UEMB) résulte de la «manifestation d’intérêt» de la «propriétaire d’un ensemble de parcelles en attente de dimension significative», situées dans les paroisses de Marvila et du Beato, avec une zone d’intervention globale de 278 896 m².
«La nécessité de délimiter une unité d’exécution résulte du fait que la zone à reconvertir est actuellement séparée des autres secteurs urbains voisins par l’effet de clivage créé par la Ligne du Nord et la Ligne de Cintura», indique le document.
Dans ce contexte, on verra «l’intégration des accès à la future troisième traversée du Tage, avec l’objectif de développer une nouvelle polarité urbaine et une zone tampon articulant les divers tissus urbains environnants».
L’UEMB vise ainsi à «optimiser les effets de structuration de la troisième traversée du Tage», adopter «des mesures de minimisation des impacts associés aux corridors de transport», notamment pour la future liaison Chelas-Barreiro, «éliminer les asymétries urbaines de caractère social, renforcer la cohésion territoriale», promouvoir «l’attraction de l’emploi» et «densifier la planification urbaine».
Parmi les objectifs spécifiques de l’UEMB, qui découlent directement du Plan Directeur Municipal (PDM), il s’agit de «disponibiliser des logements dans le cadre de la politique municipale du logement», créer «un parc vert associé à un réseau de parcours piétonniers» et «renforcer le réseau de mobilité douce, privilégiant l’utilisation de modes de transport plus durables».
L’unité d’exécution prévoit également la «couverture de la Ligne Ferroviaire du Nord, entre la Calçada du Duque de Lafões et la Torre do Marialva», afin «d’éliminer l’une des barrières physiques reliant la partie haute de Chelas au front de mer», la relocalisation du terrain de football du Clube Ferroviário de Portugal et «une place d’encadrement et de mise en valeur» de l’arbre à caoutchouc australien, en assurant sa zone de protection.
Les termes de référence de l’UEMB assurent «la juste répartition des bénéfices et des charges entre les propriétaires, en définissant des zones privées et des zones destinées aux espaces publics» et la période de discussion publique ne pourra être inférieure à 20 jours ouvrables.
La proposition a été approuvée par les votes favorables de la coalition «Novos Tempos» et du PS, contre ceux du PCP et du Bloc de Gauche, et l’abstention du Livre et des Cidadãos Por Lisboa (élus par la coalition PS/Livre), a avancé une source officielle de la municipalité.
La représentation du PCP, dans une déclaration envoyée à Lusa, a justifié le rejet de la proposition en considérant «inapproprié le recours à la figure de l’unité d’exécution pour répondre à des questions de planification territoriale, dont la vocation, selon la loi de bases générales de la politique publique des sols, de l’aménagement du territoire et de l’urbanisme, est attribuée aux instruments de gestion territoriale, de compétence municipale».
«Plus inapproprié encore est dans le cas présent, sur une extension territoriale d’environ 28 hectares, soumis à une évaluation environnementale, où serait en jeu la construction d’environ 200 000 m² de surface de plancher et où converge la prévision de grandes infrastructures ferroviaires à construire et à requalifier de niveau supramunicipal, telles que la troisième traversée du Tage», ont-ils noté.
Pour les communistes, «il est inacceptable de recourir à la figure de l’unité d’exécution initiée par des particuliers, quand il se justifierait l’élaboration d’un plan d’urbanisation, d’initiative municipale, guidé par l’intérêt public de meilleure définition, articulation et programmation des grandes infrastructures» et «libéré des contraintes des intérêts immobiliers privés».