Dans un rapport de près de 500 pages concernant l’audit qui a examiné la légalité et l’efficacité de la gestion de l’Institut National d’Urgence Médicale (INEM), l’Inspection Générale des Activités de Santé (IGAS) rappelle qu’en septembre 2024, 70% des professionnels de la carrière des Techniciens d’Excellence Professionnelle en Urgence (TEPH) n’avaient pas terminé la formation spécifique approuvée et homologuée par la tutelle.
Cette formation, précise le rapport, est essentielle pour garantir l’acquisition des compétences spécifiques nécessaires à l’exécution adéquate de toutes les fonctions couvertes par le contenu fonctionnel de la carrière, en particulier dans la prestation des actes de soins.
L’IGAS souligne également que la formation de base n’a pas été assurée de manière complète et pendant toute la période d’essai, notant que certains employés entrent dans la carrière sans respecter les exigences légales.
Selon l’inspection générale, parmi les TEPH qui, en septembre 2024, n’avaient pas terminé la formation obligatoire, quatre étaient des coordinateurs généraux, 21 des coordinateurs opérationnels, et 666 appartenaient à la catégorie TEPH. Sur ces derniers, 105 n’avaient pas de date prévue pour l’achèvement de leur formation.
L’IGAS recommande également à l’INEM de veiller à ce que la sélection des formateurs respecte des « critères d’équité » et de rendre obligatoire l’achèvement des cours de formation spécifique ou de la recertification requis légalement.
Le document conclut que l’INEM n’a pas réussi à assurer la réalisation des cours de formation TEPH comme ils avaient été approuvés, notamment en ce qui concerne la durée de la formation de base et la structure des stages, qui ne se déroulent ni en ambulatoire ni en bloc opératoire, et que tous les stages en ambulance-école n’ont pas été complétés, par manque de ressources.
L’IGAS souligne que les modifications à la description des cours de formation TEPH, de base ou de transition, « ainsi que toutes celles qui s’avèrent nécessaires pour accélérer leur réalisation », doivent être approuvées par l’arrêté du membre du Gouvernement compétent, après avis préalable de l’Ordre des médecins.
En ce qui concerne la prestation de soins de santé, l’IGAS recommande à l’INEM de mettre à jour le règlement du Centre d’Orientation des Patients Urgents (CODU), pour l’adapter aux modifications de la Loi Organique de l’INEM et à la création de la carrière spéciale des TEPH.
L’IGAS précise aussi qu’il doit être également mis à jour les ratios de TEPH nécessaires, par fonctions et par équipe, pour garantir le bon fonctionnement du CODU, et définit également les ratios de professionnels du CODU pour un plan de contingence en cas de pics de demande.
L’IGAS recommande en outre à l’INEM de mettre à jour le système de localisation géographique du SIADEM (application informatique qui soutient le travail des CODU) pour identifier correctement et précisément le lieu de l’incident.
À ce niveau, l’IGAS conclut que les temps de déclenchement des moyens d’urgence sont « très divergents » entre les différentes régions, notant que, pendant la période analysée, le temps de déclenchement d’une Ambulance d’Urgence Médicale (AEM), d’un Poste d’Urgence Médicale (PEM) et d’un Port de Réserve (PR) à la Direction Régionale de Lisbonne et Vallée du Tage et Direction Régionale de l’Algarve est nettement supérieur.
L’équipe d’inspection a formulé un ensemble de 48 recommandations pour surmonter les faiblesses détectées dans les domaines audités, et l’INEM dispose de 60 jours pour les mettre en œuvre.