Selon le rapport de la coalition ‘Dam Removal Europe’ concernant l’année écoulée, plus de 500 barrières inutiles ont été éliminées dans divers cours d’eau, établissant un nouveau record et enregistrant une augmentation de 11% par rapport au précédent record établi en 2023.
Ce chiffre, auquel le Portugal a peu contribué, représente également une augmentation de plus de 400% par rapport au premier comptage réalisé en Europe en 2020, où 11 pays avaient retiré 101 barrières fluviales.
L’année dernière, 23 pays ont supprimé des barrières, allant de barrages à des digues, une liste où se démarquent la Finlande, la France et l’Espagne, mais également la Suède, le Royaume-Uni et la Belgique.
Le rapport souligne également qu’en 2024, quatre pays ont démantelé des barrières dans les rivières pour la première fois : la Bosnie-Herzégovine, avec neuf barrières retirées, la Croatie, sept, la Turquie, deux, et la République tchèque, une, de même que le Portugal.
Le Portugal apparaît en dernière position parmi les 23 pays, aux côtés de la Lituanie et de la République tchèque débutante, ayant chacun retiré seulement une barrière.
Reconnecter les rivières contribue à renforcer la résilience climatique, à accroître la sécurité hydrique et à inverser la perte de biodiversité, explique ‘Dam Removal Europe’, qui se félicite de la dynamique croissante d’élimination des barrières obsolètes.
« Un autre record annuel met en lumière le soutien croissant à la suppression des barrages dans toute l’Europe, ainsi qu’une meilleure compréhension, par les communautés et les gouvernements, des avantages de reconnecter et restaurer nos rivières pour les personnes et la nature », a déclaré dans un communiqué Jelle de Jong, directeur exécutif du WWF-Pays-Bas, l’une des organisations membres de ‘Dam Removal Europe’.
Selon le rapport, plus de 1,2 million de barrières, incluant barrages, digues et conduites, fragmentent les rivières européennes.
Ces barrières, dont des dizaines de milliers sont obsolètes, ont dégradé les voies d’eau du continent, obstruant le flux naturel d’eau, de sédiments, de nutriments et de espèces, avertit l’organisation.
Elle explique que cela nuit à la résilience et aux services des écosystèmes, causant notamment une diminution de 75% des populations de poissons migrateurs d’eau douce en Europe depuis 1970.
L’année dernière, détaille-t-elle, cinq barrières ont été retirées le long d’un tronçon de 11 kilomètres de la rivière Giovenco en Italie, rétablissant son écoulement naturel pour la première fois depuis des décennies. La rivière reconnectée pourra désormais soutenir des poissons migrateurs et d’autres espèces, et la dynamique naturelle créera des habitats plus sains pour les insectes, les oiseaux et des espèces comme les loutres. En outre, cela réduira l’érosion et augmentera la résilience face aux inondations.
Dans le même communiqué, la coalition de six organisations souligne également que la majorité des barrières retirées étaient des conduites et des digues obsolètes, dont le démontage est peu coûteux, et rappelle que 2024 a aussi été l’année de l’entrée en vigueur du règlement de l’Union européenne sur la restauration de la nature, mettant en avant comme objectif de restaurer au moins 25 000 kilomètres de rivières fragmentées, sans compter le Défi Mondial pour l’Eau Douce, auquel l’UE a adhéré, visant à assurer la récupération de 300 000 kilomètres de rivières dégradées d’ici 2030.
« Des rivières saines et au cours libre sont essentielles pour l’adaptation à la crise climatique et pour l’augmentation de la biodiversité, mais les rivières d’Europe sont les plus fragmentées au monde », a également déclaré Jelle de Jong.
‘Dam Removal Europe’ est une coalition regroupant les organisations ‘World Wildlife Fund’, ‘The Rivers Trust’, ‘The Nature Conservancy’, ‘European Rivers Network’, ‘Rewilding Europe’ et ‘Wetlands International Europe’ ayant pour ambition de restaurer le libre écoulement des rivières et ruisseaux d’Europe.