L’État central « a la mauvaise habitude de vouloir les meilleures zones de la commune »

Inês de Medeiros s’est exprimée lors de la réunion municipale de lundi à propos de la situation du Cais do Ginjal, une zone qui a été interdite par la mairie en raison du danger et de son état de dégradation après un avis de la Protection civile. Un différend oppose actuellement la municipalité et l’Administration du Port de Lisbonne concernant les responsabilités d’intervention.

« Je compte sur tous les conseillers et les forces politiques qu’ils représentent pour dire solidairement à l’État que ça suffit de vouloir le pouvoir mais, lorsque la responsabilité est engagée, ils se lavent les mains comme Pilate et affirment que c’est la municipalité qui doit payer », a déclaré la présidente de la mairie d’Almada.

La maire s’est dite stupéfaite par la position adoptée par l’Administration du Port de Lisbonne (APL) concernant le Cais do Ginjal, qui, dans une réponse adressée jeudi à l’agence Lusa, a indiqué que la compétence pour intervenir au Cais do Ginjal relève de la responsabilité de la municipalité et des propriétaires privés.

Interrogée par Lusa sur la situation de dégradation de la zone, l’APL a répondu que, « bien que la zone en question soit sous juridiction portuaire, il ne s’agit pas de domaine public maritime », selon les Avis de la Commission de Domaine Public numéro 1884, du 11 mai 1954, et numéro 2051, du 26 juillet 1955″.

L’APL considère que son rôle se limite, « aux termes du Décret-loi numéro 336/98, du 3 novembre, ainsi que de la Loi numéro 58/2005, du 29 décembre, à administrer, licencier et surveiller les biens du domaine public qui lui sont affectés ».

« Effectivement, le Cais do Ginjal, y compris la rue au sud et le mur, sont des propriétés privées, bien que limitées par l’existence d’une servitude d’usage public, de sorte que l’intervention nécessaire ne relève pas des compétences de cette Administration Portuaire », souligne-t-elle.

Lors de la réunion municipale, la maire a sévèrement critiqué la position de l’APL, précisant qu’elle avait déjà répondu à l’APL dans un courrier propre appuyé juridiquement.

Dans la lettre envoyée au Président du Conseil d’administration de l’APL, à laquelle l’agence Lusa a eu accès, Inês de Medeiros affirme qu’aux termes de ses propres statuts, l’APL a la responsabilité de conserver la zone du port de Lisbonne, qui comprend la rive gauche du Tage, entre la tour du Bugio et la Pointe de l’Erva, incluant ainsi le Cais do Ginjal.

Inês de Medeiros espère que les clarifications, soutenues juridiquement point par point dans la missive envoyée, « permettront de renouer une meilleure coopération entre les entités » qu’ils président tous deux eu égard aux circonstances déterminées par la déclaration d’alerte.

La circulation des personnes au Cais do Ginjal, depuis les environs du terminal fluvial de Cacilhas jusqu’aux établissements de restauration situés à Olho de Boi, est interdite depuis jeudi en raison de l’état de dégradation extrême de la zone. La municipalité a annoncé lundi qu’elle allait construire une barrière physique de plus de deux mètres de hauteur pour bloquer l’accès, un projet qui devrait durer trois jours.

Inês de Medeiros a expliqué qu’il est prévu de créer un mur avec une porte pour interdire l’accès à la zone et a critiqué le fait qu’il y ait eu dans les derniers jours des « pèlerinages » à cet endroit bien qu’une situation d’alerte ait été déclarée et qu’il y ait un danger.

« Le danger est le danger et la raison pour laquelle la décision de construire un mur et une porte a été prise est pour éviter les pèlerinages », a-t-elle déclaré.

De plus, la municipalité a décidé d’activer une Zone de Concentration et de Soutien à la Population (ZCAP) pour accueillir, pendant environ deux semaines, les 50 personnes vivant dans les divers bâtiments de la zone de Ginjal.

Les zones de concentration et de soutien à la population sont des espaces créés par la Protection civile pour loger temporairement des personnes déplacées de zones non sécurisées, en garantissant entre autres prestations l’hébergement et l’alimentation durant une période déterminée.

La vice-présidente de la mairie d’Almada, Teodolinda Silveira, a expliqué que cette zone serait située dans le Lycée Anselmo de Andrade et que les 50 personnes seraient accompagnées par les services sociaux qui feraient l’analyse de chaque situation.