Dans un communiqué intitulé « Ils mangent tout, ils mangent tout et ne laissent rien », citant la chanson ‘Os Vampiros’ de Zeca Afonso, la Commission Nationale des Travailleurs (CNT) du Novo Banco a déclaré qu’après l’annonce des bonus de 1,1 milliard d’euros que recevront les dirigeants de Lone Star et les gestionnaires après la vente de la banque au groupe français BPCE, elle a contacté la direction pour demander si les employés recevront des primes extraordinaires.
La réponse du directeur général (PDG), Mark Bourke, et du président du Conseil Général et de Surveillance, Byron Haynes, a été négative car, selon la CNT, ils considèrent que les bonus attribués l’année dernière sont suffisants.
« La question se pose : Et les membres du Conseil d’Administration Exécutif et du Conseil Général et de Surveillance ? N’ont-ils pas également reçu des augmentations salariales bien supérieures à celles des employés et des bonus presque 70 fois supérieurs ? Il suffit de consulter le rapport et les comptes pour confirmer que ces rémunérations étaient bien élevées », peut-on lire dans le communiqué.
La CNT estime que « c’est grâce à l’engagement » des plus de 4 000 employés que le Novo Banco a été restructuré, ce qui a permis la vente accordée en juin pour 6,4 milliards d’euros, et a annoncé qu’elle lancera une pétition pour réclamer des primes.
« Face à cette immense injustice, la CNT ne se résigne pas et développera des initiatives pour que les travailleurs soient, au minimum, récompensés par une prime de deux salaires, ce qui représente environ 25 millions d’euros — seulement 2,27 % des 1,1 milliard qui seront distribués. Une miette du grand gâteau », indique le communiqué.
Le Novo Banco a été créé en 2014 pour reprendre une partie de l’activité bancaire de BES (lors de la résolution de celui-ci) détenue par le Fonds de Résolution bancaire (entité publique).
En 2017, la majorité du capital a été vendue à Lone Star. Il a alors été convenu d’un mécanisme par lequel, dans les années suivantes, le Fonds de Résolution a injecté 3,405 milliards d’euros dans la banque, provoquant plusieurs controverses politiques et médiatiques.
Avec la fin anticipée de ce mécanisme, à la fin de 2024, il est devenu possible de vendre la banque et de verser des dividendes.
En juin, la vente au BPCE a été convenue pour 6,4 milliards d’euros. Le Novo Banco est détenu à 75 % par Lone Star, les 25 % restants appartenant à l’État (11,46 % à la Direction Générale des Finances et 13,54 % au Fonds de Résolution).
Le gouvernement a déclaré que la vente du Novo Banco associée à la distribution de dividendes qui a eu lieu cette année a permis « à l’État de récupérer presque 2 milliards d’euros des fonds publics injectés dans l’institution ».
En septembre, la nouvelle selon laquelle les dirigeants de Lone Star et les gestionnaires du Novo Banco devraient recevoir des bonus s’élevant à 1,1 milliard d’euros payés par l’actionnaire Lone Star pour le succès de la vente du Novo Banco a suscité la polémique.
L’agence de presse Lusa a alors contacté le Fonds de Résolution et le Ministère des Finances pour savoir s’ils étaient informés et s’ils considèrent qu’il pourrait y avoir un conflit d’intérêts pour qu’un actionnaire (Lone Star) paie des bonus aux gestionnaires indépendants du Novo Banco. Mais, jusqu’à présent, elle n’a pas obtenu de réponses.
Lusa a rapporté, jeudi, que le Novo Banco a proposé à 700 employés un complément salarial unique pour mettre fin à un différend de plusieurs années concernant des cartes de crédit attribuées par BES et ensuite annulées.
Il s’agit de cartes de crédit que des centaines de cadres de BES qui avaient des cartes attribuées comme complément salarial (et qui pouvaient être utilisées pour des dépenses personnelles).
Les employés qui ont cessé de recevoir estiment que le montant leur est totalement dû, car il s’agit de revenu.
La proposition du Novo Banco est de payer 50 % de la valeur passée et d’accordé l’extinction de toute responsabilité future, y compris que l’employé ne se tourne pas vers la voie judiciaire.
