Les taux des obligations japonaises montent en flèche à des niveaux record.

Les taux des obligations japonaises montent en flèche à des niveaux record.

Les rendements des obligations souveraines japonaises à 30 ans ont atteint un niveau sans précédent de 3,66 %, tandis que ceux des obligations à 40 ans ont pour la première fois franchi la barre des 4 %.

Les taux des obligations à échéance de 10 ans ont également augmenté, atteignant un nouveau sommet depuis 1997, avec plus de 2,32 %.

Cette hausse des taux reflète des ventes massives de titres et illustre une méfiance accrue de la part des investisseurs, le rendement évoluant à l’opposé de la demande, car des rendements plus lucratifs sont nécessaires pour convaincre des acheteurs devenus plus exigeants et prudents.

Ce refroidissement du marché obligataire survient après une conférence de presse de Sanae Takaichi lundi, au cours de laquelle elle a annoncé son intention de dissoudre la chambre basse du Parlement et de convoquer des élections législatives anticipées le 8 février.

Takaichi, dont la politique de relance avec augmentation des dépenses budgétaires met déjà la dette japonaise sous pression depuis octobre, a néanmoins indiqué qu’elle entendait poursuivre une politique budgétaire accommodante.

Surtout, la dirigeante ultranationaliste a promis de supprimer pendant deux ans la taxe sur les ventes de produits alimentaires, une mesure centrale dans les promesses électorales du Parti libéral-démocrate (PLD, au pouvoir depuis des décennies). L’opposition réclame également cette réduction fiscale.

Compte tenu de la grande popularité de Takaichi, le scrutin pourrait renforcer la majorité parlementaire de la coalition gouvernementale, actuellement très restreinte, et consolider le programme de dépenses « proactives » pour relancer l’activité.

« Avec les partis au pouvoir et dans l’opposition favorables à la réduction de la taxe sur la consommation, le marché obligataire perd espoir quant à la discipline budgétaire, et les rendements pourraient continuer à augmenter », a commenté Ryutaro Kimura, stratège senior chez AXA Investment Managers, cité par Bloomberg.

Il est certain que « Takaichi a indiqué vouloir s’assurer que ces réductions fiscales puissent être mises en œuvre sans recourir à l’émission d’obligations supplémentaires », mais « la réduction de la taxe sur les aliments pourrait potentiellement représenter une perte de recettes d’environ 5 000 milliards de yens par an (27 milliards d’euros) », convient Michael Wan, de la banque MUFG, cité par l’agence EFE.

Cela alimente les préoccupations du marché, déjà refroidi par le colossal plan de relance de 117 milliards d’euros adopté à la fin de 2025 et par la perspective d’un nouveau budget record (équivalent à 665 milliards d’euros) pour l’exercice 2026.

Ce contexte alimente les inquiétudes du marché, déjà refroidi par le plan colossal de relance de 117 milliards d’euros, adopté à la fin de 2025, et par la perspective d’un nouveau budget record (équivalent à 665 milliards d’euros) pour l’exercice 2026, menaçant ainsi d’augmenter encore la dette déjà énorme du pays, qui devrait dépasser 230 % du PIB pour l’exercice 2025.

« La bonne nouvelle est que Takaichi prend publiquement en compte la réaction des marchés, et les préoccupations budgétaires pourraient diminuer avec le temps, à mesure que l’incertitude liée aux élections se dissipe », tempère Wan.