«Du ministre, on exige plus d’actions que de discours», a déclaré le coordinateur de la Fédération des Syndicats des Transports et Communications (Fectrans), José Manuel Oliveira, dans des déclarations à Lusa.
Selon la fédération des syndicats, la grève d’aujourd’hui, sans services minimums, continue, à 13h00, de maintenir à l’arrêt la circulation des trains de la CP dans tout le pays, et ce scénario devrait se poursuivre toute la journée.
«Le ministre, au lieu de faire des discours publics, devrait avoir la souplesse nécessaire pour discuter et ne pas arriver à une réunion en disant ‘c’est ça ou rien’, ce n’est pas une position de négociation», a souligné José Manuel Oliveira.
Le ministre des Infrastructures et de l’Habitation, Miguel Pinto Luz, a aujourd’hui accusé les syndicats représentant les travailleurs de la CP d’avoir arrêté le pays avec une grève marquée par un intérêt politique, en période électorale, soulignant que le Gouvernement «ne cède pas aux pressions» et qu’il a tenté de négocier avec les syndicats, «en allant au maximum» de ce que la loi permet à un exécutif en gestion.
«Le ministre doit prendre en compte que nous revendiquons un accord qui a été conclu et, même selon ses propres mots, soutenu par les positions du ministère. Cet accord a été conclu le 24 avril, on ne comprend pas pourquoi, deux jours après, la CP dit qu’elle ne peut pas l’appliquer parce qu’elle n’a pas l’aval du ministre», a expliqué le coordinateur de la Fectrans, estimant que Pinto Luz ou «était de mauvaise foi», ou ne savait pas que du fait que le Gouvernement soit en gestion, il ne pouvait soutenir l’accord conclu entre l’entreprise et les syndicats, que l’administration considérait comme «historique».
Selon le dirigeant syndical, le ministre n’a fait aucune proposition aux syndicats lundi, mais a communiqué avoir trouvé un «échappatoire dans la loi» permettant d’autoriser la CP à mettre en œuvre une partie de l’accord, correspondant à 5,7 millions d’euros.
«Si les juristes arrivent à trouver des ‘échappatoires’ pour cela, ils peuvent aussi en trouver pour garantir que, indépendamment de ce qui se passera lors du prochain cadre électoral, les travailleurs, au minimum, ont des garanties que ce qui a déjà été convenu, que les attentes qui ont été créées, que le travail qui a été effectué par l’administration et les syndicats, ne doit pas retourner à la case départ», a souligné José Manuel Oliveira.
La fédération des syndicats a réitéré, ainsi, sa disponibilité pour «discuter aussi longtemps que nécessaire», pour que le «conflit qui est installé puisse être interrompu le plus rapidement possible».
«Plus que des discours, nous voulons effectivement de la part du Gouvernement une ouverture pour les solutions et ne pas arriver aux réunions en disant ‘la solution que nous avons trouvée est celle-ci et ce n’est pas discutable, il n’y a pas de discussion possible’, cela ne résout rien», a insisté le syndicaliste.
La paralysie, qui se prolonge jusqu’au 14 mai, a été convoquée contre l’imposition d’augmentations salariales «qui ne rétablissent pas le pouvoir d’achat», pour la «négociation collective d’augmentations salariales dignes» et pour la «mise en œuvre de l’accord de restructuration des grilles salariales, dans les termes où il a été négocié et convenu», selon les syndicats.
La grève aura un impact particulier aujourd’hui et jeudi, en raison du plus grand nombre de syndicats (14) qui ont adhéré à la paralysie ces jours-là.
Par décision du Tribunal Arbitral, les grèves n’ont pas de services minimums.