Selon les données des rapports statistiques de la Banque du Mozambique – qui a assoupli en janvier les mesures restrictives concernant ces réserves -, le volume de ces dépôts obligatoires avait atteint auparavant des niveaux historiques.
En décembre, ces réserves représentaient 291 457 millions de meticais (4 194 millions d’euros), selon la mise à jour de la banque centrale.
Les réserves obligatoires des banques commerciales auprès de la banque centrale étaient fixées par la Banque du Mozambique au coefficient de 10,5 % en monnaie nationale et 11 % en monnaie étrangère au début de janvier 2023. Cependant, au cours des six premiers mois de 2023, la banque centrale a augmenté à deux reprises le coefficient pour « absorber l’excès de liquidité dans le système bancaire, avec un potentiel de générer une pression inflationniste ».
Le dernier de ces augmentations a eu lieu en juin 2023, atteignant alors 39 % des dépôts en monnaie nationale et 39,5 % dans le cas des devises étrangères, restant en réserve bancaire.
Depuis la fin décembre 2022, lorsque les réserves s’élevaient à 62 144 millions de meticais (894 millions d’euros), le volume des réserves bancaires gardé par la banque centrale a presque augmenté de 400 %.
Face au manque de devises sur le marché intérieur, les entrepreneurs mozambicains ont insisté ces derniers mois sur la nécessité pour la banque centrale d’alléger les coefficients de réserves obligatoires en devises étrangères.
Cette décision n’a été prise que le 27 janvier de cette année, lorsque le Comité de Politique Monétaire (CPMO) de la Banque du Mozambique a décidé de réduire les coefficients de réserves obligatoires en monnaie nationale à 29 % et en devises étrangères à 29,5 %.
« Afin de libérer plus de liquidités pour soutenir l’économie dans la restauration de la capacité productive et de l’offre de biens et services », a indiqué le communiqué de la réunion du CPMO.
Par ailleurs, le gouverneur de la Banque du Mozambique, Rogério Zandamela, a déclaré le 26 mars que la liquidité dans le système financier, notamment en devises, est suffisante, après la réduction décidée en janvier des coefficients, qu’il n’envisage pas pour l’instant de modifier.
« En ce moment, nous sommes tranquilles avec le niveau de liquidité qui existe dans le système, il n’y a pas de nécessité de toucher à la liquidité structurelle en modifiant les réserves obligatoires. Nous allons maintenir. Ce n’est pas quelque chose avec lequel on joue, avec les coefficients », a déclaré le gouverneur, interrogé par les journalistes à la fin de la dernière réunion du CPMO.
Lors de cette réunion de mars, le CPMO a de nouveau réduit le taux d’intérêt, désormais à 11,75 %, mais a maintenu les coefficients obligatoires inchangés, Rogério Zandamela justifiant que la mesure adoptée lors de la réunion précédente « avait libéré beaucoup de liquidités ».
« Pour donner une idée de l’ordre de grandeur, cela tout ensemble, rien qu’en meticais, nous parlons d’au moins 55 milliards de meticais [798,2 millions d’euros], et presque 250 millions [de dollars, 231,8 millions d’euros] en termes de devises, qui ont été libérés pour le fonctionnement normal de l’économie », a-t-il souligné.