« Nous n’allons pas permettre qu’il y ait des conséquences pour les travailleurs que nous représentons à cause d’une proposition élaborée presque en secret dans les bureaux, » a souligné la présidente du Conseil National de la Fédération Nationale des Professeurs (Fenprof).
Anabela Sotaia s’est exprimée devant les journalistes à l’issue d’une réunion avec le MECI au sujet des mesures exceptionnelles visant à répondre au manque d’enseignants, qui avaient déjà été discutées il y a deux semaines, et pendant laquelle le ministre Fernando Alexandre a profité pour présenter la réforme de son Ministère, approuvée en Conseil des Ministres jeudi dernier.
Actuellement composé de 18 entités et de 27 dirigeants supérieurs dans les services du système éducatif non supérieur et de l’enseignement supérieur, de la science et de l’innovation, le MECI passera à seulement sept entités et 27 dirigeants supérieurs, avec l’intégration des entités supprimées dans de nouvelles entités.
Le système éducatif non supérieur subira la plus grande réduction. Des huit entités sectorielles actuelles, comprenant trois directions générales, il n’y aura plus que deux grandes agences : l’Institut de l’Éducation, de la Qualité et de l’Évaluation et l’Agence pour la Gestion du Système Éducatif.
La Fenprof avait déjà accusé l’exécutif, par cette réforme, de « démanteler » le Ministère de l’Éducation et a déclaré aujourd’hui qu’elle exigerait un processus de négociation, bien que la tutelle souhaite que certaines des modifications prévues entrent en vigueur dès le 1er septembre.
« Cela a été fait dans le dos de tout le monde et cela ne peut pas être comme ça, » a également affirmé le secrétaire général de la Fédération, José Feliciano Costa, qui plaide pour un processus de négociation sur le sujet.
Anabela Sotaia a ajouté que certaines des modifications organiques auront un impact sur la vie des professionnels des écoles.
Du côté du Syndicat de Tous les Professionnels de l’Éducation (Stop), Daniel Martins a également critiqué la tutelle, qualifiant le processus d’impositif et anti-démocratique.
« Stop convoquera tous les syndicats de tous les domaines pour une réunion, au mois de septembre, afin d’évaluer quelle réponse collective nous allons apporter à cette situation, » a-t-il expliqué, manifestant également des inquiétudes quant aux modifications de la législation du travail récemment proposées par le Ministère du Travail, de la Solidarité et de la Sécurité Sociale.
En ce qui concerne les mesures visant à répondre à la pénurie d’enseignants, qui avaient déjà été présentées aux organisations syndicales il y a deux semaines et ont été à nouveau discutées aujourd’hui après l’envoi des contributions des syndicats, les représentants des enseignants ont insisté sur le fait que ces mesures sont insuffisantes.
« Ce sont des mesures transitoires, ce sont des aides, ce sont des suppléments et ces questions se résolvent par des mesures concrètes et définitives, » a défendu le vice-secrétaire général de la Fédération Nationale de l’Éducation (FNE), renvoyant au processus de révision du Statut de la Carrière Enseignante, qui devrait être lancé en septembre.
Pour la prochaine année scolaire, le MECI va renouveler certaines des mesures mises en œuvre dans le cadre du plan ‘+ Cours + Succès’, lancé l’année dernière pour répondre au manque d’enseignants.
Parmi les mesures exceptionnelles qui seront maintenues figurent, par exemple, l’augmentation salariale pour les enseignants qui prolongent leur carrière au-delà de la retraite, l’embauche d’enseignants déjà retraités ou l’embauche d’enseignants de l’enseignement supérieur et de chercheurs docteurs.
Une autre nouveauté annoncée par l’exécutif est l’anticipation, pour septembre, de l’extension à tous les enseignants déplacés du soutien à la mobilité, qui sera accordé avec une majoration pour ceux qui sont placés dans des écoles situées dans des zones à forte pénurie.