Les ministres de l’euro analysent aujourd’hui l’impact économique après le soulagement dû à la pause.

Organisée à Varsovie sous la présidence du Conseil de l’UE, assumée par la Pologne, la réunion informelle de l’Eurogroupe, réunissant les ministres de la zone euro, a lieu à un moment de fortes tensions commerciales après les annonces du président américain, Donald Trump, concernant des taxes de 25 % sur l’acier, l’aluminium, et les voitures européennes, ainsi que des tarifs réciproques de 20 % sur le bloc communautaire, ces derniers suspendus pour 90 jours.

Cette suspension a apaisé les marchés, qui avaient subi de lourdes pertes, et a été accueillie favorablement par l’UE, qui a également suspendu, durant la même période, les taxes de 25 % sur les produits américains qu’elle avait approuvées mercredi en réponse aux taxes américaines sur l’acier et l’aluminium européens.

La discussion de l’Eurogroupe se concentrera, ce matin, sur les conséquences macroéconomiques de ces tarifs et, à l’heure du déjeuner pour les 27 États membres, sera analysée la position communautaire de réponse.

La Commission européenne, qui détient la compétence de la politique commerciale dans l’UE, a opté pour la prudence, une attitude soutenue par des pays comme le Portugal.

Bruxelles souhaite, pendant ce moratoire de 90 jours, réussir à négocier avec Washington, après avoir déjà proposé des tarifs zéro pour les biens industriels dans le cadre des échanges commerciaux entre les deux blocs.

L’exécutif communautaire espère encore dissuader Donald Trump d’appliquer de telles taxes, qui pourraient avoir des conséquences considérables pour les citoyens et les entreprises du bloc communautaire et affecter la relation transatlantique.

Cependant, les pays se préparent déjà au pire, et le Portugal a préparé un ensemble de mesures d’un volume supérieur à 10 milliards d’euros pour soutenir rapidement les entreprises exportatrices, comprenant des lignes de crédit, des assurances-crédit et l’extension des aides à l’internationalisation.

Bien que le principal sujet de la réunion en Pologne soit l’engagement communautaire en matière de défense, l’actualité internationale prévaut, car des craintes sur les effets de ces mesures américaines sur l’économie de la zone euro et de l’UE émergent.

Cette crainte d’une guerre tarifaire survient à un moment où on s’attendait déjà à un ralentissement économique dans la zone de la monnaie unique et l’Union cette année, en raison des risques sécuritaires liés à la guerre en Ukraine et des tensions géopolitiques, avec des implications sur la confiance des investisseurs et des consommateurs.

Lors de la rencontre, le Portugal sera représenté par le ministre des Finances, Joaquim Miranda Sarmento.