La Confédération Générale des Travailleurs Portugais – Intersindicale Nationale (CGTP-IN) a estimé, dans un communiqué, que la mesure du gouvernement qui entre en vigueur aujourd’hui « agit en réalité comme un incitatif pour les entreprises à continuer de verser des salaires bas, subventionnés par les fonds publics », tandis que « les jeunes chômeurs sont réduits à une réserve de main-d’œuvre bon marché, disponible pour n’importe quel type de travail ».
Pour la confédération syndicale, « au lieu d’incitatifs à la perpétuation de la précarité de l’emploi et des salaires de misère, le gouvernement devrait abroger les normes onéreuses du Code du Travail et promouvoir des liens d’emploi stables, des salaires justes et compatibles avec une subsistance digne ».
La CGTP a considéré que « l’incitatif à la signature de contrats à durée déterminée avec des soutiens publics » s’aligne sur les propositions de réforme de la législation du travail présentées par le gouvernement, qu’elle a qualifiées d' »offensive contre les droits fondamentaux des travailleurs et d’approfondissement de la voie du recul et de la déréglementation des conditions de travail et des droits de ceux qui travaillent ».
En question se trouve « une mesure exceptionnelle d’incitation au retour au travail », destinée aux jeunes chômeurs de moins de 30 ans, inscrits à l’Institut de l’Emploi et de la Formation Professionnelle (IEFP) et percevant une allocation de chômage.
De cette façon, s’ils signent un contrat après l’entrée en vigueur de cet arrêté, publié au Journal Officiel mardi, les bénéficiaires peuvent recevoir une aide correspondant à 35% du montant mensuel de l’allocation de chômage dans le cas « de signature d’un contrat de travail à durée indéterminée », ou une aide correspondant à 25% du montant mensuel de l’allocation de chômage, « en cas de signature d’un contrat de travail à durée déterminée ou de contrat de travail à durée indéterminée », peut-on lire.
Pour avoir accès à cette aide, les destinataires doivent soumettre une candidature sur le site de l’IEFP « dans un délai maximum de 30 jours consécutifs à compter de la date de début du contrat de travail », être inscrits sur le portail correspondant, avoir « un compte bancaire à leur nom », « ne pas être en situation de non-conformité en ce qui concerne la régularisation de la situation fiscale et contributive vis-à-vis, respectivement, de l’administration fiscale et de la sécurité sociale », ainsi que ne pas être en défaut concernant les soutiens attribués par l’institut.
« Les candidatures sont approuvées par ordre d’arrivée, jusqu’à la limite de l’enveloppe budgétaire attribuée à la mesure », indique l’arrêté, précisant également que l’IEFP dispose de 10 jours ouvrables pour approuver ou non l’aide, après la présentation de la candidature correspondante.
Selon le gouvernement, l’objectif de cette mesure est simultanément de « promouvoir la réintégration professionnelle rapide, de réduire la durée moyenne du chômage, d’améliorer les taux de placement et de contribuer à la rationalisation des dépenses publiques avec les prestations sociales ».
Le marché du travail au Portugal est proche du plein emploi, avec un taux de chômage en recul à 6,1% en août, par rapport au même mois de 2024, selon les dernières données publiées par l’INE.
Cependant, le chômage des jeunes, bien qu’en baisse ces derniers mois, reste à des niveaux élevés. La taux de chômage des jeunes a atteint son point le plus bas – 18,9% – en juin et en août 2025, depuis juin 2023 (18,5%).
