Gabriel Callagari, étudiant originaire de la région sud du Brésil, plus précisément de la ville de Morretes, dans l’État du Paraná, qui est venu étudier au Portugal en 2022, indique qu’il ressentait déjà une grande différence entre les variantes du portugais, qu’il identifie comme une barrière.
Pour lui, le « problème le plus difficile » réside dans les différents mots aux multiples significations, pour lesquels il estime nécessaires de « comprendre le contexte », admettant également que les Portugais parlent trop vite.
De son côté, Guilherme Pinto, originaire de São Paulo, qui est au Portugal depuis quatre ans, a confessé qu’au début, il a subi des préjugés, notamment à l’université, parce qu’il parlait le portugais du Brésil.
Les jeunes affirment qu’au début de leur séjour au Portugal, il leur a été un peu difficile de s’adapter à la nouvelle variante, mais qu’ils se sont ensuite habitués au portugais européen grâce à leurs routines et à la convivialité.
Quant à Gabriela Lima, qui est venue de Rio de Janeiro avec ses parents il y a sept ans, elle raconte qu’elle a eu une adaptation plus facile à la langue et au nouvel environnement et compare « le portugais ici, au Portugal, avec le russe ».
Guilherme Pinto a mentionné que comprendre le portugais européen « c’est comme essayer de comprendre un accent différent d’une région du Brésil », opinion partagée par Gabriela Lima.
Interrogés sur l’influence et l’impact du portugais du Brésil au Portugal, ils ont répondu de manière similaire, indiquant que « le Portugal est un pays qui n’exporte pas une grande culture au Brésil », contrairement à ce qui se passe avec d’autres pays lusophones.
Selon Guilherme Pinto, l’une des raisons possibles de cette influence est la consommation de la « culture brésilienne », à travers « les feuilletons, la musique et le cinéma ». Gabriela Lima soutient également que « tout est davantage traduit en portugais brésilien qu’en portugais [européen] ».
« Je pense que nous n’importons pas beaucoup les choses d’aujourd’hui, mais notre mode de vie ressemble plus au Portugal que nous aimerions l’admettre », raconte la jeune fille.
Gabriel Cagallari a mentionné que les deux variantes de la langue contiennent des termes identiques, mais avec divers significations et connotations, comme c’est le cas des mots ‘malta’ et ‘rapariga’, ce dernier ayant une connotation négative au Brésil, liée à la prostitution.
Pour Guilherme Pinto, le mot qui le marque est ‘puto’, car, selon le jeune homme, « au Brésil ce n’est pas un mot qui est utilisé » et il le trouve comique. Quant à Gabriela Lima, le mot « ‘pronto’ est incroyable » car, justifie-t-elle, « la chose la plus absurde au monde peut se produire » et à la fin il suffit de dire ‘pronto’.
Selon les données de l’Agence pour l’Intégration, les Migrations et l’Asile (AIMA), résidaient au Portugal, en 2023, plus de 368 000 Brésiliens, la plus grande communauté immigrante au Portugal, soit 35,3 % du total de 1 044 606 immigrants.
Le 5 mai est célébrée la Journée mondiale de la langue portugaise, établie par la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP) en 2009 et reconnue par l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) le 25 novembre 2019. Cette célébration est importante pour promouvoir la richesse et la diversité de la langue portugaise et ses variantes.