Cette étude, réalisée entre novembre et décembre derniers, est coordonnée par la psychologue Clara Sofia Vila Cova, de la Ligne de Soutien Psychologique au Corps de Gardiennage Pénitentiaire, créée en novembre 2021 et soutenue par le SNCGP.
Le rapport, avec un échantillon de 230 cas de gardiens de prison ayant sollicité le soutien de la ligne, sera maintenant envoyé à la ministre de la Justice et aux groupes parlementaires.
Le syndicat va suggérer, entre autres points, que ce type d’études est fondamental pour contribuer à la mise en œuvre de stratégies visant à prévenir l’épuisement professionnel, ainsi que des « formations, ateliers et actions de sensibilisation en présentiel ».
Dans la lettre envoyée au Gouvernement et aux groupes parlementaires, le syndicat, qui représente environ 3 300 sur un total de 3 800 professionnels du secteur, souligne que l’étude met en évidence la « nécessité urgente d’adopter une approche de plus en plus préventive face aux problèmes liés au stress, à l’exposition continue à des facteurs stressants et à la vie du syndrome d’épuisement professionnel, par la création de mécanismes de protection adéquats ».
Dans l’enquête, il a été constaté que la majorité de l’échantillon est composée par la classe des Gardes (79,7%), suivie par les Gardes Principaux (17,8%), les Chefs (1,8%) et, enfin, les Chefs Principaux (0,8%).
Dans l’analyse descriptive du Questionnaire de Vulnérabilité au Stress, spécifiquement en ce qui concerne le score total de la sous-échelle, on observe que, pour l’échantillon global, une valeur maximale de 3,65 a été considérée, une moyenne élevée de 3,95 étant également identifiée, ce qui révèle une aggravation de la situation par rapport aux données précédemment analysées en 2023, ajoute le SNCGP.
La structure syndicale souligne que « l’épuisement professionnel élevé est identifié chez 71,3% des éléments du Corps de Gardiennage Pénitentiaire, en contraste avec l’absence [de cet épuisement] observée chez 28,7% de l’échantillon. Comparativement à l’année 2023, où l’échelle d’épuisement était à 3,85, elle atteint actuellement 4,10 ».
Environ 75% de l’échantillon se plaint d’un manque de reconnaissance sociale, considérant que la société ne valorise pas suffisamment la profession, malgré son importance pour la sécurité publique.
Au niveau interne, 98% déplorent le manque de reconnaissance de la part des dirigeants et les gardiens de prison considèrent leur lieu de travail de manière complexe et ambivalente.
Face à ces données, dans la lettre envoyée aux décideurs politiques, le syndicat souligne que « la Direction générale de la Réinsertion et des Services Pénitentiaires doit assumer la responsabilité d’investir dans la mise à disposition de ressources permettant de réduire l’impact des événements générateurs de stress, souvent catalyseurs de l’épuisement professionnel, qui affectent la performance professionnelle et la santé de leurs professionnels, et qui, à moyen et long terme, peuvent devenir un risque accru pour leurs vies ».
